Critique Manga Sounds of Life #10

8
Sounds of Life

par Tampopo24 le dim. 18 févr. 2024 Staff

Sortir de sa cage

Avec cette superbe couverture poético-introspective, Sounds of life continue sa plongée dans les affres de la vie par le prisme de la musique et bon sang que c’est réussi !

Après avoir découvert les membres du club
et leur professeur sur plusieurs tomes, jusqu’à ce qu’ils forment un
groupe soudé, regardant dans la même direction pour atteindre le même
objectif, Amu repart à la conquête et à la rencontre d’un nouveau
personnage cabossé par la vie : leur nouvelle professeure Akira.

Si comme à chaque fois, la mise en scène
est un brin caricaturale et mélodramatique, rappelant bien les soap qui
passent à la télé, on ne peut nier que l’émotion est également bien
présente. Avec une efficacité implacable, l’autrice nous montre comment
la place de la musique dans une famille peut être perçue différemment et
donner des résultats totalement différent. Elle nous croque des
portraits poignants, tour à tour lumineux et torturé, amusant et
émouvant, avec toujours de sacrées destinées. Ici, c’est Akira et sa
famille qui sont sur le devant de la scène. J’ai adoré découvrir sur
histoire si triste et en même temps tellement prometteuse dans une
trajectoire de sortie de l’ombre pour découvrir la lumière.

Avec elle, nous découvrons encore une
fois l’envers du décor du milieu du koto : une ancienne génération
rigide, une nouvelle plus souple et ouverte, mais une première qui finit
bien trop souvent par l’emporter malheureusement à cause des aléas de
la vie. Sa relation avec son frère était superbe et je trouve ce dernier
personnage d’ailleurs fort intéressant dans ses choix de vie. Mais le
parcours d’Akira est également là pour se percuter et se confronter à
celui d’Hozuki et il en ressort une grande scène où chacune se met à nue
et montre ses traumas : une mère qui ne la considère pas pour l’une,
une quête de reconnaissance inassouvie pour l’autre. C’était poignant.

Ce tome dit énormément de choses sur le
rapport des musiciens à leur musique. Il y a ceux qui sont des génies,
qui s’en passionne mais ont des facilités et peuvent tout en faire, même
la prendre pour un jeu, même la détourner pour se faire plaisir. Et il y
a ceux qui doivent bosser, bosser et bosser encore juste pour surnager.
C’est un milieu impitoyable. Mais il n’y a pas qu’un côté sombre et des
sentiments d’infériorité ou de jalousie, il y a aussi la beauté de
l’entraide, la joie des progrès, et le club de Koto du lycée est là pour
nous apporter ce souffle de vent frais. J’ai adoré voir l’évolution de
nos lycéens face aux demandes intransigeantes de leur professeure. La
façon dont ils luttent, relèvent la tête, s’entraînent d’arrache-pied et
s’aident sans cesse les uns les autres sans jugement. C’est un
magnifique tome pour cela. Chika est encore une fois bluffant, Hozuki
émouvante et que dire de la révélation vécue par Akira.

En bref

Amu bâtit vraiment de tome en tome une saga humaine des plus touchantes et bouleversantes où elle montre la puissance de la passion mais aussi la force de l’amitié et le travail mais aussi l’apaisement que procure la musique. C’est puissant, émouvant et cela fait réfléchir sur notre rapport à l’art, à une passion et plus profondément à nous même, nos relations, nos désirs dans la vie, etc. C’est une série à l’habillage narratif très classique mais aux thèmes extrêmement riches et joliment exploités. Chapeau !

8
Sounds of Life
Positif

La découverte de la sombre Akira

De très beaux et poignants développements humains

Les portraits contrastés du rapport des musiciens à leur art

La musique comme catalyseur des sentiments positifs comme négatifs

Le très bel exemple d'entraide des membres du club

La scène poignante des destins croisés d'Akira et Hozuki

Negatif

Une narration mélodramatique un peu trop classique

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