Critique Manga Blue Lock

7
Blue Lock

par Tampopo24 le sam. 5 août 2023 Staff

Quand l'individualisme l'emporte !

Sur le papier : le concept de Blue Lock ne me tentait pas du tout. Dans la réalité : j'ai adoré l'animé. Bilan : il me fallait tester le manga version papier pour tenter de comprendre ce mystère !

Série phénomène au Japon, celle-ci y compte déjà plus de 25 volumes, tandis que 14 sont parus chez nous à ce jour. Profitant de ce succès, le premier tome a fait partie de la sélection des 48h de la BD qui permet d'avoir chaque année certains titres à petits prix pour les découvrir. Je ne me suis donc pas faite priée, surtout avec sa couverture alternative tellement plus séduisante et parlante que l'originelle. 

Le concept de base de Blue Lock qui me posait tant problème sur le papier : une sorte de Battle Royal du foot où enfermé dans un vaste complex, 300 jeunes attaquants doivent participer à des épreuves rocambolesques pour s'éliminer les uns et les autres et laisser sortir LA future star attaquante de l'équipe nationale du Japon pour que celle-ci gagne enfin une coupe du monde. Pourquoi ça me dérangeait ? Parce que les auteurs partent sur un principe quasi anti-sport co. pour moi : la mort de l'esprit d'équipe et la célébration de l'individualisme. Provocateur dans l'âme, Muneyuki Kaneshiro et Yusuke Nomura ont cherché l'accroche qui ferait le plus de grand bruit dans une société japonaise très portée sur le collectif et un sport qui n'a pas arrêté de célébrer ça depuis l'explosion de celui-ci avec Captain Tsubasa. C'était donc profondément dérangeant. 

Mais comme je le disais, la volonté des auteurs est de nous choquer, nous provoquer, pour ensuite mieux nous accrocher et nous scotcher devant leur histoire, qui est écrite tel un thriller, tel un page turner. Avec les mêmes ressorts qu'un Agatha Christie, ils enferment des futurs héros de l'histoire dans un complex qui rappelle un lieu secret du gouvernement et ils confrontent les joueurs les uns aux autres, brisant souvent leurs idéaux. Grosse inspiration : Ils étaient 10 ou Meurtres sur le Nil pour moi. C'est grossier, c'est simpliste mais ça fonctionne ! Dès ce premier tome, on est scotché devant la démesure de ce plan, devant son caractère improbable et provocateur. Impossible de le lâcher une fois qu'on a mis le pied dedans, on veut savoir ce qu'il va se passer.

La clé de ce type d'histoire, une fois engagée, c'est de tenir ses promesses en matière de WTF et même si ce premier tome démarre gentiment avec des choses assez classiques : découverte du lieu, des premiers enjeux, formation de "l'équipe", découverte de premiers match, on sent déjà son potentiel. Pour soutenir leur scénario lunaire, les auteurs ont imaginé des personnages à la hauteur. Le héros, Isagi, est présenté comme le plus ordinaire de part son apparence de japonais lambda, mais un feu bouillonne en lui, et surtout on va mettre des garçons talentueux et décalés face à lui. On retiendra ainsi dès ce premier tome le surprenant Bachira qui ressemble à un félin sauvage et à un rapport quasi mystique au ballon. Ajoutez à cela, un entraîneur au look de serial killer psychopathe et vous aurez saisi la dynamique voulue. 

Les seuls bémols à ce premier tome viennent donc de la certaines simplicités et évidences des premières épreuves. On aurait pu s'attendre à un démarrage encore plus explosif et moins classique. Mais également le concept même qui ne plaira pas à tout le monde, car l'individualisme prôné est une valeur clivante dans un monde où on célèbre écologie et entraide et où on placard l'égoïsme dont notre société serait emplie. Tout déprendra donc d'où vous placez votre curseur sur ces notions. 

En bref

Divertissement anti-système grinçant, Blue Lock a dès le premier tome tous les ingrédients qui feront sa réussite future auprès de lecteurs et spectateurs à la recherche de quelque chose d'autre sur les titres sportifs. C'est punchy, accrocheur, percutant. Ça questionne notre morale et cela surprend. Le petit Isagi si "lambda" n'est pas au bout de ses surprises et nous non plus. Je garde une petite préférence pour l'animé à ce jour, mais en attendant que la saison 2 sorte, je risque de me jeter sur le manga ;)

7
Blue Lock
Positif

Un concept provocateur qui retient l'attention

Des personnages bien campés

Un ton grinçant et percutant

Une narration dynamique et prenante

Une nouvelle façon d'écrire un shonen sportif

Negatif

Un concept clivant

Une certaine absence de morale qui peut déranger

Des dessins avec un peu trop de noirs

Le budget pour suivre la série : + de 25 tomes au Japon...

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