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La vie de Raffaello Santi, dit Raphael

par Sherryn le mer. 23 sept. 2015 Staff

C'est à travers un one-shot d'environ 230 pages que Machiko Satonaka, mangaka contemporaine de Ryokô Ikeda et Moto Hagio, se propose de faire découvrir la vie du peintre Raphaël.

Je me suis lancée dans cette lecture avec beaucoup de curiosité, sachant que j'apprécie le shôjo vintage et que la thématique m'intriguait. J'en ressors avec au final un sentiment un peu mitigé, dont je vais tout de suite vous expliquer les raisons...

Tout d'abord, du point de vue historique, Machiko Satonaka précise à la fin qu'elle s'est permise d'interpréter très librement le très peu que l'on sait de la vie de Raphaël, ce qui signifie qu'à peu près rien dans les pensées ou le raisonnement du personnage qui nous est présenté, n'est authentique ou réel. Ce qui a le mérite d'être honnête, et de confirmer certains soupçons qui grandissaient au fil de la lecture, mais du coup, on ne va pas forcément apprendre grand chose...

Ensuite, la réflexion sur l'art n'est pas très poussée. Je n'ai pas suivi un cursus artistique, donc je n'ai probablement rien à apprendre à la plupart d'entre vous, mais on m'a enseigné en gros les caractéristiques des différents mouvements qui ont traversé les derniers siècles et leurs artistes-clefs, et là je n'ai retrouvé aucune mention même sous-entendue à celles-ci.

En gros, on nous dit que Raphaël a suivi les enseignements du Perugin et par la suite il essaie de s'améliorer, il admire les oeuvres de Michel-Ange et De Vinci... mais le raisonnement est un peu naïf. J'attendais davantage de réflexion sur les "ruptures" entre un mouvement et un autre, sur la façon de personnaliser son style... Le manque d'approfondissement psychologique m'a pas mal déçue.

J'enchaîne sur cette remarque pour déplorer le manque de personnalité des personnages. Le point de vue de Raphaël est en principe adopté, mais son principal défaut, dans le portrait dépeint de lui, est précisément qu'il manque de caractère. Les autres protagonistes n'ont pas vraiment de verve, il est aussi probable que cela soit dû au style graphique peu expressif.

L'histoire générale, elle, se déroule sans grand rebondissement ni rythme particulier, de sorte que la lecture est un peu "plan-plan" et très linéaire.

Le peu de suspens est aussi dû au dessin probablement. En effet le graphisme est assez typique des années 70, c'est-à-dire pas forcément très beau, en tout cas concernant les personnages. Les arrière-plans sont présents, la mangaka n'abusant pas des trames, et souvent ils sont détaillés... mais pas non plus d'une façon admirable, cela reste correct, sans plus. Ce sont surtout les oeuvres architecturales et picturales qui sont plutôt bien rendues et surtout, toujours légendées.

Entre l'intrigue pas forcément passionnante, les personnages assez mous, le graphisme moyen et le manque de fiabilité historique, finalement il n'y a malheureusement pas grand avantage à lire ce manga, qui n'est pas distrayant plus que cela et ne nous apprend presque rien. Dommage.

En bref

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La vie de Raffaello Santi, dit Raphael
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