• Critique Alice au Royaume de Coeur T.1 par

    Surfant sur la vague Alice au pays des merveilles provoquée par la sortie du film de Tim Burton, Ki-oon lançait en avril dernier « Alice au royaume du cœur », adaptation d’un jeu vidéo comme les japonais(es) en sont friands. Car il ne faut bien évidemment ne pas voir dans ce titre une adaptation du livre de Lewis Caroll. QuinRose, pseudonyme des développeurs de ce jeu, est un spécialiste des « otome games », ces jeux vidéo à destination d’un public féminin dont l’un des principaux buts est de réussir à « caser » l’héroine avec l’un des nombreux mâles apparaissant dans le titre. Les auteurs y ajoutent ici le folklore d’Alice au pays des merveilles en reprenant les personnages de ce titre culte. Au dessin, nous découvrons Soumei Hoshino, dont il s’agit ici de la première œuvre en volumes reliés. La série comptera au total 6 tomes.

    Alice Lidell est une jeune fille jalouse de l’élégance de sa sœur ainée. Insouciante, Alice s’endort paisiblement dans son jardin quand elle aperçoit un lapin blanc l’invitant à la rejoindre. Refusant la requête de l’étrange animal, Alice tente de se rendormir avant de se faire proprement kidnappé par le lapin transformé en jeune homme… Il l’emmène alors contre dans son gré à Wonderland où il lui fera boire le contenu d’une fiole. Désormais, Alice doit participer à un « jeu » dont elle ne connait pas vraiment les règles et qui lui faudra néanmoins finir si elle souhaite parvenir à retourner chez elle…

    Les adaptations de jeux vidéo sont nombreuses mais les otome game comme Alice au royaume du cœur n’en avaient pas encore fait l’objet sous nos contrées. Bien connus des lecteurs assidus de mangas, la version masculine surtout, les jeux de drague sont un style très nippo-japonais. On se retrouve donc dans un véritable shôjo harem où les personnages masculins sont tous attirés par notre héroine, la douce Alice, délaissée par son petit ami dont la ressemblance avec le chapelier va au premier abord bouleverser la jeune fille. Qui dit jeu vidéo dit quête, est celle d’Alice apparait pour le moment assez floue : en rencontrant les différents personnages de Wonderland, Alice remplira progressivement une fiole (la même que le lapin, Peter White, lui avait forcé à boire au début de la série). Une fois la fiole remplie, elle devrait pouvoir retourner chez elle. Mais les modalités de « remplissage » demeurent pour l’instant obscures. Autre points assez gênant, la multiplication des personnages. Dans ce premier tome, pas moins d’une dizaine de personnages différents gravitent autour d’Alice et l’enchainement est un peu lourd à ingurgiter. Mais les touches d’humour parsemées ici ou là ainsi que certains mystères entourant le Wonderland (les silhouettes fantômes, la « guerre » entre les trois territoires, la dernière réplique du chapelier…) suffisent à intéresser le lecteur dans ce premier volume qui pose les bases du « jeu » et devrait commencer à dévoiler son potentiel dès le prochain tome. Côté dessin, Soumei Hoshino a un style très agréable, parfaitement dans les codes du genre. Rien ne vient trahir le fait qu’il s’agisse là de sa première publication en volumes reliés.

    Adaptation d’un style de jeux vidéo méconnu chez nous, Alice au royaume du cœur est une lecture qui devrait assurément plaire aux fans d’éphèbes en tous genres. La profusion de personnages dans ce premier volume et le flou entourant les règles du « jeu » ne permettent pour l’instant pas d’émettre un avis définitif sur le contenu. Mais le potentiel est là et la suite pourrait bien s’avérer intéressante. Un début correct mais qui demande confirmation.

    5

    ivan isaak - 16 novembre 2010

    Avez-vous aimé cette critique ? OUI NON
Vous avez lu Alice au Royaume de Coeur T.1 ?
Ecrire une critique