• Critique Schwarz Ragnarök T.2 par

    Au départ, il y avait un sacrifice , un sacrifice humain bien entendu, un sacrifice qui a pour but d'empêcher le Mal avec un grand M de se répandre sur la surface du royaume tout en déboulonnant au passage les têtes de centaines de milliers de personnages...

    Nous sommes au tome 2 de Schwarz Ragnarok et cette fois-ci, le miracle tant attendu par des milliers de personnes n'a pas eu lieu. C'est l'heure de la décapitation de masse ! 

    Le premier tome de Schwarz Ragnarok était loin d'être convaincant. J'avais personnellement trouvé le début de cette mini-série brouillon, bruyant et grossier. Une sorte d'ersatz de Berserk (sans vouloir faire de comparaison outrageante) qui aurait tenter de calquer sur l'œuvre de Keitaro Miura un semblant de pessimisme et de violence cruelle. Et bien, ce second opus m'a plutôt surpris car, même si il élimine pas totalement les défauts du premier volume, on finit par adhérer à l'univers.

    Dans ce second volume, le sacrifice n'a donc pas eu lieu. Gram décide de sauver in extremis sa soeur Thrasilla ce qui provoque inévitablement l'éveil de la Bête. Le mangaka Yuki Imada prend un malin plaisir à peindre le massacre qui s'en suit et il faut bien reconnaître que l'auteur  fait preuve d'une certaine inventivité dans ces scènes assez cruelles. Une case illustre cet exemple avec toute une vision sur des corps décapités en un seul coup dans un gradin. C'est effrayant mais c'est aussi fascinant comme si le mangaka choisissait de ne pas mettre de barrières.

    Du coup, ce tome 2 renverse les codes et pose sa véritable intrigue. Nous sommes dans un jeu de survie et dans le même temps nous découvrons aussi les vrais visages des amis et des ennemis. Là où le début de la série affichait un départ un peu grossier et peu inspiré, ce second tome soulève le voile et on sent que l'auteur se fait davantage plaisir. Les scènes de combats sont plus charismatiques, le background est plus étoffé avec vraiment une certaine confusion dans le mal qui rend ce titre parfois assez nihiliste. Ce n'est pas du même niveau que Berserk mais on sent que le manga s'inspire aussi de cet univers de dark fantasy cruel et pessimiste. Cela se ressent par le portrait des antagonistes. De véritables monstres assoiffés de pouvoir et rendus monstrueux par leurs ambitions. Ce qui relève le niveau de cette courte série ( 4 tomes ) dans ce second opus, c'est le fait qu'on finisse par accepter le côté démesuré du manga, sa violence excessive, le dessin peu soigné mais ultra-expressif. Schwarz Ragnarok est un manga qui nous hurle tellement à  l'oreille son désir d'exister qu'au final on ne peut que jeter un coup d'œil sur cet apocalypse parfois grossière , parfois spectaculaire. La confrontation totalement WTF avec l'un des sénateurs représente plutôt un bon moment épique et presque biblique comme si notre héros venait à affronter toute une arche de Noé. 

    Malheureusement, même si le niveau est plus relevé , il faut aussi reconnaître que Schwarz Ragnarok conserve ses tares. Son dessin est confus et manque de soin. C'est un style très bourrin dénué de finesse. Yuki Imada préfère imposer un dessin bruyant quitte à sombrer dans l'exagération et la disproportion. De même, malgré leurs choix et leurs revirements, les personnages principaux demeurent peu travaillés. On a du mal à s'attacher à eux. Gram n'est qu'une armoire à glace qui veut protéger sa pulpeuse et fragile petite sœur. Même les nouveaux personnages peinent à se démarquer. Seul l'intrigue prend un tournant décisif dans ce second volet. 

    6

    MassLunar - 18 novembre 2020

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