• Critique Mauvaise herbe par

    Malgré ma bonne première impression de sa précédente oeuvre Tokyo alien bros., je n'avais pas poussé plus avant la découverte de la bibliographie de Keigo Shinzo. Cependant quand le Lézard noir, encore eux, a annoncé la licence de son dernier titre en date, j'ai eu terriblement envie d'y revenir.

    Mauvaise Herbe est une chronique sociétale qui fait mal. L'auteur nous y raconte le chemin fait dans la vie par une lycéenne maltraitée par sa mère, qui n'arrête pas de fuguer pour lui échapper et qui tombe sur des types terriblement louches. Jusqu'au jour où un flic, qui a perdu sa fille de manière tragique, va s'intéresser à elle et tout faire pour l'aider.

    J'avais vraiment peur en commençant ce titre de tomber sur quelque chose avec bien trop de pathos mais j'ai trouvé le ton de Keigo Shinzo très juste. Il raconte froidement une certaine réalité au Japon qui fait mal, celle des maisons closes clandestines déguisées en salon de massage et celle des jeunes filles à la dérive dont des prédateurs sexuels profites impunément. C'est terrible.

    Vraiment cette histoire m'a fait froid dans le dos. J'ai eu beaucoup de peine pour cette gosse que la vie a si mal traitée. C'est une enfant blessée qui ne sait pas comment s'en sortir. Personne ne lui a appris à demander de l'aide. Personne ne lui tend la main. C'est tragique. Heureusement qu'elle croise la route de ce gentil flic. Celui-ci vit avec d'énormes regrets après la perte de sa fille et la ressemblance entre elles le pousse à vouloir l'aider. On va donc le suivre se démener pour ça et ça fait un bien fou dans ce monde pourri. En plus, j'ai trouvé attendrissant que l'auteur les fasse se réunir autour de leur amour commun pour un chat de gouttière qu'ils nourrissent chacun d'eux, ce qui fait un pont entre ces deux âmes blessées et ouvre enfin une porte sur un peu de lumière. Le récit de la rencontre de ces deux personnages atypiques est très touchant.

    Graphiquement, je n'ai pas grand-chose à dire, le trait rond du mangaka crée un décalage assez malaisant entre ce qu'il raconte et l'aspect enfantin de celui-ci, alors ça aide à se mettre dans l'ambiance étrangement. Il capte à merveille les jeux de regards des personnages et les mets très bien en scène. Il sait parfaitement maîtriser le rythme de sa narration à travers eux. C'est simple mais efficace.

    8

    Tampopo24 - 12 février 2020

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