• Critique Divines T.1 par

    DIVINES au sens propre comme au figuré narre les aventures sur Terre d’un ange et d’un démon que tout oppose physiquement mais qui finalement se complètent dans l’action de leurs idées rocambolesques.

    Eniale blonde comme les blés, le visage aussi arrondi que celui d’un chérubin, gère difficilement ses émotions et ses grandes ailes. Enthousiaste, démesurément positive, optimiste, son caractère fougueux et irascible se dévoile quand on ne s’y attend pas. Ne touchez pas à ses affaires ou son auréole pourrait bien tomber de sa tête après avoir coupé la vôtre (la tête hein, pas l’auréole). Naturellement bonne de par sa nature d’Ange, elle embarque sa meilleure amie démone dans des histoires qui ne cessent de prendre une tournure catastrophique. Prétendante au titre de reine des gaffeuses, on l’aime tout de suite. Elle nous fait rire et nous émeut pareillement quand on reconnaît volontiers sa capacité innée à faire ressortir les bons côtés de son amie revêche. De même que ses tendances à l’exhibitionnisme et aux délires étirent nos lèvres en un sourire grand dès les premières pages du livre. Oui Eniale est indéniablement un personnage haut en couleurs qui ne laissera personne indifférent.

    De son côté, Dewelia, brune aux cheveux longs, longiligne, le visage plus volontaire, assume fièrement son penchant pour les âmes innocentes et maîtrise très bien sa jolie queue de démon. Opportuniste, calculatrice elle accepte volontiers de tendre la main à Eniale lorsqu’elle sent qu’elle pourrait tirer avantage de la situation. Pas folle la guêpe comme on dit, Dewi veut bien mouiller la chemise ou disons trouver des solutions qui frôlent le non-respect des règles des Démons mais il faut que ça lui rapporte et satisfasse son côté sadique. Toutefois, on ressent un réel attachement entre les deux demoiselles et on a à cœur de découvrir les circonstances de leur rencontre et leur besoin d’être toujours ensemble, même si c'est pour se crêper le chignon. Surtout Dewi qui semble sous une pression paternelle intense.

    Il y a un côté burlesque dans ce manga, avec lequel KAMAHE SHIRAHAMA l’autrice, sait naturellement jouer. Les premières pages sur lesquelles on voit comme la fin du monde ou les ruines d’une guerre terrible nous prennent à revers de l’action quand on découvre le pourquoi du comment. Certes, le style graphique y contribue beaucoup. On connaissait son talent dans l’Atelier des Sorciers, avec son souci du détail, mais je dois avouer que dans le genre humoristique c’est encore mieux. C’est comme un lâché prise total, de sorte que toutes ses idées s’enchaînent tel un gaz hilarant qui s’échapperait d’un ballon de baudruche. C’est agréable et vivifiant. Frais et remontant. Zéro déprime ici, c’est bonne humeur et gai luron tout du long.

    Les chapitres semblent totalement indépendants les uns des autres, nous proposant une nouvelle aventure chaque fois, pourtant un fil rouge se laisse entrevoir au fur et à mesure. Sitôt l’apparition d’un jeune journaliste qui en réalité détient les secrets « absurdes » des exorcistes, on se dit qu’il va forcément se passer quelque chose de plus grand après. Même, si l’on se contenterait aisément de l’histoire du bébé abandonné sous un tas de cailloux, ou du duo partant à Paris pour se refaire une garde-robe. La petite fille prête à tout pour sauver sa mère quitte à signer un pacte avec le diable apporte son lot d’émotions humaines quand le dernier chapitre 100% comique attise notre envie d'en lire plus.

    La lecture de DIVINES est prenante, les situations déjantées, je n’ai pas noté de réel défaut dans ce premier tome si ce n’est peut-être qu’il nous languit trop vite de la suite. DIVINES est une vraie bonne surprise. Je craignais un peu la couverture qui montre un ange à moitié dénudé chargé de ses emplettes du jour et d’une crêpe glacée avec en arrière-plan une démone aguicheuse contre son gré avec sa crème partout sur le visage et sa nuisette noire affriolante mais léchée d’un visage pincé, sauf qu’après lecture c’est un joli résumé du contenu. Aussi, il vous faudra à votre tour détenir l’objet du délit que l’on pourrait par moments tamponner du PG16, pour comprendre de quoi il est question ici.

    8

    KssioP - 28 octobre 2019

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