• Critique Beastars T.8 par

    L’heure est aux changements dans BEASTARS, l’heure est à l’entraînement pour Legoshi.

    Gohin (que je n’arrête pas d’appeler Gohan dans ma tête, j’ignore pourquoi) prend notre loup gris sous son aile et devient son maître d’armes. Méthodes radicales et dirons-nous sadiques, il n’empêche que Legoshi se plie sans broncher à l’autorité du panda, sacrifiant même au passage son beau pelage que beaucoup lui envient. Métamorphose physique, transformation psychologique, on est pris dans l’intensité du moment comme dans n’importe quel shônen, lorsque le héros après la défaite d’un combat important va s’isoler dans la montagne pour gagner en level. Passage obligé, en rien original pour le lecteur mais toutefois continuellement efficace. Je me laisse toujours prendre au jeu des entraînements à la Rocky Balboa, je peux même entendre la petite musique dans ma tête, trépignant d’impatience de voir les résultats. Pour Legoshi, les efforts paient vite et bien. Mais, on se demande toute de même s’il va parvenir à ne pas ressembler à Frankenstein tant le nombre de ses cicatrices grandit.

    Legoshi reste le personnage le plus intéressant de l’histoire. Il cogite beaucoup, pense avec sagesse malgré son jeune âge, il apprend facilement, évolue rapidement. Ce tome marque un vrai changement dans sa personnalité jusqu’ici contenue. Il se révèle enfin lui-même et ne craint plus de déplaire aux autres. Cela s’en ressent dans son contact avec les autres. Sa nonchalance naturelle se mue en maturité. Même en amour il apparaît plus sûr de lui et ose tout auprès de Haru qui nous fait plaisir en changeant elle aussi doucement. Bien que Carni, il représente la lumière dans Beastars et vraiment on a hâte de lire la suite de ses aventures.

    En parallèle, l’autrice n’oublie pas ce que je qualifierais d’alter-ego sombre de Legoshi tant les planches semblent constamment nous les montrer comme les deux faces d’une même pièce. Je parle évidemment de Louis qui dépasse toutes les limites pour atteindre son but. Il a un goût prononcé pour les flingues mais étrangement cette carapace qu’il s’efforce de blinder autour de lui le rend plus que jamais faible aux yeux du lecteur. Néanmoins, son nouveau rôle nous permet d’en découvrir davantage au sujet du Marché Noir, d’entrevoir les rouages qui tiennent la société à bout de bras. Le sexe domine largement, ainsi que la violence à l’état sauvage.

    Enfin, j’ai particulièrement apprécié le dernier chapitre qui reflète à merveille notre société actuelle dans son approche des réseaux sociaux. Avoir des followers pour se forger une réputation, partager ce qui est à la mode même si tout n’est qu’un décor mensonger. Des amis qui n’en sont pas et des manies de robot qui blessent les personnes qui se retrouvent dans l’engrenage malgré elles. Un point de mire juste qui devrait en faire réfléchir plus d’un.

    8

    KssioP - 08 mars 2020

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