• Critique Yarichin Bitch Club T.1 par

    Après les sublimes Neon sign Amber et Escape Journey, les éditions Taifu sont fières de nous faire découvrir la nouvelle œuvre d'Ogeretsu Tanaka. Toujours en cours avec trois volumes au Japon (le dernier est sorti en septembre passé ), la série est publiée dans les pages du magazine Rutile( Acid town, Your dream,..) de la maison d'édition Gentôsha. Chouchoute du public nippon, cette dernière a bénéficié des meilleures ventes boy's love en 2016, raflé la deuxième place du meilleur manga boy's love aux Chil Chil awards mais aussi celle de l'édition 2017 des Kono Bl Ga Yabai. Répondant au doux nom de Yarichin Bicth Club, cette série promet une lecture délirante, explosive et décomplexée qui devrait en principe ne pas vous laisser indifférent. Alors accrochez -vous bien, vous risqueriez de ne pas vous en remettre!

    " Je veux pas entrer dans ce club! Vous faisiez quoi là?! On testait un nouveau vibro! regarde-moi cette forme"

    Alors qu’il pensait intégrer un lycée de Tokyo, Touno Takashi se retrouve finalement dans un lycée pour garçons en pleine montagne. Bien qu’il se sente à l’écart, il est rapidement accueilli par l’adorable Yacchan, qui l’informe qu’il doit absolument intégrer un club du lycée. À défaut d’en trouver un qui lui convienne, Touno décide de rejoindre le club de photographie. Mais en y entrant il aperçoit 5 élèves en train de s’amuser avec des sextoys. Il découvre alors trop tard que le club de photographie est en réalité un club de sexe, et que Touno ainsi que Kashima Yuu, également nouvel élève du lycée, devront rapidement faire l’amour avec d’autres garçons s’ils veulent échapper à l’orgie prévue à la fin du mois. Pour Touno qui en plus d’être vierge est hétéro, c’est l’enfer qui commence.

    " Un OVNI, clairement"

    Les éditions Taifu Comics nous ont déjà prouvé à maintes reprises qu'elles sont capables de nous débusquer de véritable petits bijoux de lectures. Les dernières en date telles que le théâtre des fleurs, A beautiful sunny day ou encore Ginza neon paradise ont réussi le pari de nous émouvoir tout en nous transportant dans un univers bien particulier. Dans un ton déjà plus fun mais tout aussi excellent, on a vu débarquer la talentueuse Scarlet Beriko qui s'est rapidement faite une place dans nos cœurs de lectrices de Boy's love grâce à ses personnages hauts en couleurs, une bonne dose d'humour cocasse et un coup de crayon absolument sublime. Autant de choix éditoriaux qui se sont révélés payants mais je dois reconnaitre qu'ils ont fait fort avec le fameux Yarichin Bitch Club d'Ogeretsu Tanaka. Si la mangaka possède déjà un solide fan club dans nos contrées, le choix d'éditer ce dernier comportait tout de même quelques risques et j'ai envie de leur tirer mon chapeau bien bas pour ce coup assez culotté!

    J'ai mis un petit temps avant de me forger un avis sur ce premier tome et pour être totalement honnête avec vous la première lecture fut quelque peu difficile tant le titre est parvenu à me dérouter complètement. Un peu à la manière des show asiatiques où tu te demandes si tu n'es carrément pas passé dans une autre dimension. Ce titre est juste complètement barge, WTF?! et ultra décomplexé. Si ma première lecture fut trop déroutante pour que je puisse me concentrer sur ce que ce premier tome avait à nous offrir, la relecture fut nettement plus agréable puisque je savais exactement à quoi m'attendre. Si jamais vous n'avez pas accroché la première fois, tentez une seconde lecture! Comme le dit si bien Jean Claude Van Damme "Il faut être open"!

    L'histoire s'articule sur deux axes, les petits intrigues autour du Yarichin Bitch Club et le double triangle amoureux qui se met en place au fil de la lecture. Concernant le premier, je m'attendais à mieux entre le concours de baise, le gang bang franchement douteux (l'idée du viol collectif pour les nouveaux adhérant m'a achevé) ou l'idée du stalker sans compter que certains personnages s'amusent très souvent avec des sex toys. J'adore l'idée du hautement débauché mais je n'ai pas été séduite par ce que l'auteur en a fait dans son titre. Je pense qu'il y avait moyen de faire bien mieux, cela dit ce n'est que le début et cet aspect peut très bien se montrer plus intéressant par la suite. Moins glauque, plus érotique et ce sera déjà nettement mieux! Certains passages m'ont tout de même fait bien rire mais seulement après avoir pris un peu de recul par rapport à l'œuvre.

    Par contre, j'ai apprécié une grande majorité des personnages en particulier ceux qui sont concernés par les intrigues amoureuses. On débute la lecture en compagnie de Tônô qui est l'archétype du type sympa et joue un peu le rôle de l'agneau entouré de loups sans pour autant nous apparaître trop niais. Un personnage assez banal avec des réactions prévisibles mais qui ne manque pas de charme au milieu de tous ces personnages délirants et c'est probablement celui à qui on s'identifiera le plus. Et puis c'est assez drôle de le voir évoluer au milieu de personnages qui partent très loin dans leurs délires dépravés, il est toujours sur le qui-vive comme si à tout moment il s'apprêtait à se faire dévorer tout cru. En plus d'offrir un bon contraste avec les autres personnages, il fera l'objet d'attentions toutes particulières de la part du petit nouveau qui lui aussi à poussé par inadvertance les portes du club du Yarichin Bitch et son amitié avec Kyosuke ne manquera pas de nous intriguer. Yû se situe donc un peu entre Tônô et les membres du club, il n'a l'air d'être trop perturbé par l'agitation autour de lui, il a de l'assurance, est intelligent, plutôt beau gosse et on comprend très vite qu'il en pince pour Tônô. Il va surtout essayé de se rapprocher de Tônô dans ce premier tome mais sera également l'objet de convoitise d'un autre personnage. Pour l'instant son rôle est assez limité mais la double intrigue amoureuse qui s'amorce autour de lui fait qu'on accroche plus facilement à son personnage. Quant à Kyosuke, il donne l'impression de se rapprocher de Tônô mais pour une raison tout autre que son amitié. Trois personnages assez classiques mais sympathiques et qui donnent suffisamment envie de découvrir la façon dont ils vont évoluer par la suite.

    Il y a ensuite les cinq hurluberlus du Yarichin Bitch Club qui ont tous un grain mais qui malgré leur attitude dépravée parviennent à nous intriguer de différentes manières. Il y a d'abord Akemi qui joue le rôle du président et son petit ami Itome, deux personnages qui restent assez discrets mais on sent qu'Itome cache quelque chose à Akemi. Ensuite il y a Shikatani qui n'apparaîtra que très peu dans ce premier opus, on ne sait encore rien de lui. Ce qui m'amène à ceux qui m'ont le plus marqué ici à savoir Yuri et Tamura. Le personnage de Yuri est franchement à part, c'est le plus dépravé de tous d'ailleurs soit il est occupé à donner du plaisir soit il s'amuse avec des sextoys mais c'est aussi le plus étrange. On se demande comment un tel personnage a pu émerger de l'esprit de l'auteur, il est complètement siphonné du bulbe et s'exprime en chantant d'une manière très bizarre. Cela dit, l'auteur semble nous cacher quelque chose à son sujet, il est en plus au cœur de l'affaire avec le stalker. Je suis aussi déroutée qu'intriguée par ce qu'il deviendra par la suite. Et enfin Tamura qui est de loin le personnage que j'ai le plus apprécié dans ce début de récit. Bon, c'est clairement un personnage assez simple mais le fait qu'il éprouve des sentiments pour un personnage et sa façon de communiquer avec lui le rendent intéressant. C'est celui qui m'a le plus donné envie de découvrir son évolution.

    Dans ce premier opus, l'auteur s'atèle donc surtout à planter le décor. Il faudra donc lire la suite afin de se faire une meilleure idée de la série.

    Concernant les graphismes, le style d'Ogeretsu Tanaka est toujours aussi léché et attrayant. Elle assure une nouvelle fois avec une bonne maîtrise de la mise en scène qui sert tout aussi bien le côté humour de son récit mais aussi l'attitude bien déjanté de ses protagonistes. Les graphismes se révèlent donc assez bons dans l'ensemble, chaque personnage bénéficie d'un soin particulier avec un style et charme propre à chacun. Quant à la couverture, les couleurs bien flashy ressortent encore mieux que celle de l'original. De ce côté là, c'est du tout bon! Un petit mot sur l'édition, Taifu Comics offre comme toujours une prestation de qualité mais on apprécie également leur volonté toujours plus grande de gâter leurs lectrices qui pourront ici se délecter de nombreuses pages bonus.

    6

    snoopy - 16 février 2019

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