• Critique Origin T.10 par

    Comme le dit l'auteur lui-même dans son texte sur le rabat de la couverture, il est heureux d'avoir pu ici faire sa première oeuvre de science-fiction. Ce côté novice se ressent énormément dans ce dernier tome, où j'ai eu l'impression qu'il essayait vraiment de placer toutes les influences qu'il aimait sur le thème, au point parfois de créer un discours brouillon et flou. Pour autant, j'ai beaucoup aimé le dynamisme, les rebondissements et la vivacité de cet ultime opus, qui offre une fin classique mais cohérente.

    Origin était entré dans sa dernière phase lors du tome précédent, en venant combattre frontalement ses derniers frères et soeur encore en vie, ce que l'auteur a le bon goût de nous rappeler dans les premières pages. Il lui reste désormais à affronter les deux derniers, les plus puissants.

    Sans surprise, comme dans le reste de son oeuvre présente, Boichi alterne entre combats époustouflants et réflexion métaphysique sur l'évolution des robots, leur humanité, ce qu'ils font de celle-ci, leur rapport aux hommes, etc. C'est passionnant et surtout très bien mis en scène. Boichi passe de moments ultra vifs et dynamiques, où les coups s'enchaînent dans une maestria graphique, à d'autres bien plus calmes et introspectifs où il tente de nous faire saisir l'évolution de ses personnages et de leur rapport à l'autre. C'est un rythme qui m'a beaucoup plu et a bien su me tenir en haleine.

    Les surprises sont au rendez-vous aussi bien dans les combats que dans les thèmes plus philosophiques et science-fictionnesques qui sont développés. On retrouve ainsi le robot Alya, qui a connu une évolution certaine grâce à la méditation tantrique. Est-ce que ça surprend encore quelqu'un de voir le sexe aussi présent dans une oeuvre de Boichi ? Ça m'a autant fait sourire que lever les yeux au ciel, car forcément c'est le personnage féminin hyper sexué qui est ratâché à cette idée, tandis que les hommes ont le droit à des évolutions plus sérieuses... Mais on ne transformera pas Boichi en féministe ou partisan de l'égalité homme-femme comme ça. Bref, les autres : Origin et Ken, y parviennent aussi mais d'une façon bien plus alambiquée que je vous laisse découvrir.

    Je dois avouer que j'ai beau aimer la SF, j'ai trouvé les explications balancées tout au long du tome souvent très fumeuses, trop rapidement énoncées et ne reposant parfois sur pas grand-chose, ce qui m'a donné un effet de poudre aux yeux. Il faut dire que je suis plus habituée à lire de la SF sous forme de roman où le développement est tout autre... Ici, j'ai vraiment eu l'impression que l'auteur se faisait plaisir avec plein de concept mais qu'au final rien n'était bien clair. Il faut juste retenir que les robots arrivent, par le biais qu'ils trouvent, au dernier stade de leur évolution ce qui les rend quasi omniscients (...ce qui est bien trop proche d'un état divin pour l'athée que je suis et m'a bien fait tiquer...), reste ensuite à avoir comment utiliser tous ces pouvoirs nouvellement acquis.

    On revient alors à la question centrale du lien entre robots et humains. Les concepteurs peuvent-ils faire ce qu'ils veulent ? Les robots sont-ils là pour protéger uniquement leur concepteur ou l'humanité tout entière quitte à devoir faire la police auprès de certains humains ? C'est très asimovien (cf Isaac Asimov, père des lois de la robotique) comme questionnement. Bien que classique et ouverte sur certains points, j'ai aimé la réponse apportée ici.

    7

    Tampopo24 - 11 octobre 2020

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