• Critique Nos c(h)oeurs evanescents T.3 par

    Vraiment quelle beauté ce titre ! En dehors de l'histoire, qui me touche beaucoup, c'est surtout l'expérience graphique que je risque de retenir avec ce titre tant le travail de l'autrice est exceptionnel.

    Cependant même si j'adore la série, j'ai vécu une drôle d'expérience avec la lecture de ce tome. J'ai à la fois trouvé le développement de l'histoire intéressant et le rythme bancal, ce qui ne devrait pas être le cas au vu du premier point... J'ai du mal à l'expliquer.

    L'histoire se partage en deux pôles : la chorale de l'école qui se prépare pour son grand concours avec Monsieur Ota qui leur ouvre de nouveaux horizons et la dépression de Yutaka suite à sa rencontre avec le prodige Vladimir. J'ai beaucoup aimé le premier point. J'ai enfin vraiment eu l'impression d'entendre parler de chant dans cette série. On aborde la technique, les différents types d'enseignement, de chorale, les concours. Avant c'était un peu abstrait, là ça devient réel. A l'inverse, je suis partagée concernant l'intrigue autour de Yutaka. J'ai beaucoup aimé sa rencontre avec Vladimir, ou plutôt j'ai beaucoup aimé découvrir Vladimir, qui a un charisme fou pour son âge. Il est mature, a du répondant et a su tracer son chemin dans la vie. Alors forcément quand il tombe sur Yutaka, qui est bien plus mou et lisse que lui, ça fait des étincelles. J'ai trouvé l'opposition bien amenée et bien menée. Elle est nécessaire pour faire évoluer un héros trop apathique, mais le revers c'est que j'ai eu le sentiment que tout prenait des proportions énormes. Du coup, Yutaka m'a été moins sympathique et m'a agacée dans ce tome.

    Pourtant, paradoxalement, je ne suis pas à une contradiction près, le traitement de ses troubles m'a frappée et émue. Cette gêne extrême que les sons représentent pour lui est pour moi le signe de tout autre chose et j'aimerais bien que l'autrice creuse cela. On sent bien qu'il n'est pas bien dans sa peau, dans sa vie. Sa mère fait tout ce qu'elle peut pour lui mais ça ne suffit pas, son malaise est trop grand, trop profond. Pour moi, c'est un héros dépressif que j'ai l'impression de voir. Peut-être que je me trompe mais ce serait vraiment original de voir le sujet traité avec un adolescent. 

    En tout cas, ce qui est sûr, c'est que graphiquement ce fut encore un enchantement. Je suis frappée par la force des métaphores graphiques de l'autrice qui envahissent la lecture. Ça virevolte à chaque page. Ce n'est pas juste accessoire, ça sert vraiment l'histoire. Ça la rend plus forte, plus puissante. Ça oublie le lecteur à imaginer plein de choses avec ce qu'ils sou-tendent. J'aime beaucoup cette double lecture. Cependant, petite déception, au vu de la couverture je m'attendais à voir plus Ise intervenir dans l'histoire, voire à découvrir son histoire à elle, or elle est juste une observatrice privilégiée dont on entend la voix intérieure. Ça ne m'a pas suffit.

    8

    Tampopo24 - 31 août 2020

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