Critique Manga Chroniques des sept cités #2

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Chroniques des sept cités

par juju le jeu. 26 févr. 2026 Staff

Quand les coups se jouent aussi bien sur le papier que sur le champ de bataille

1. Quand la guerre perd son masque

Le tome 2 signe un tournant : on quitte la guerre froide des intrigues pour entrer dans le conflit ouvert. Buenos Zonde, sous l’impulsion d’un consul ambitieux, ne se contente plus de manœuvres politiques — il attaque Prince Harald avec une division blindée aérienne. La tension, jusque-là latente, devient une réalité brutale.

Ce qui frappe d’emblée dans ce volume, c’est que l’affrontement ne se réduit pas à des fusils ou des explosions. Chaque mouvement de troupes, chaque ordre gravé dans les pages est le reflet d’un calcul stratégique, fruit de dialogues serrés et de décisions froidement pesées.
La série confirme son ambition : ici, même la guerre a besoin de cerveaux.

2. Stratégies et personnalités à nu

Ce tome approfondit les mécanismes qui font l’originalité de la série. Contrairement à du pur récit militaire, ce sont les personnalités des généraux et des dirigeants qui donnent à chaque décision une épaisseur psychologique. Ils ne sont plus des pièces abstraites sur un échiquier ; ce sont des êtres tiraillés entre devoir, peur et ambition.

On retrouve avec plaisir cette écriture qui ne simplifie jamais : les dialogues et les visions s’entrechoquent, les alliances se font et se défont presque avant d’être réellement posées. C’est une guerre où l’esprit compte autant que l’acier.

On sent des échos de récits classiques, mais l’auteur réussit à insuffler une énergie propre à son univers. Rarement un récit militaire aura été aussi dense sans pour autant perdre le lecteur dans un jargon incompréhensible.

3. Ambition graphique, souffle épique

Visuellement, ce volume maintient la qualité du premier. Les décors glacés ou désertiques des cités en guerre sont rendus avec un sens du détail qui donne une vraie dimension à l’univers. Chaque planche respire la tension du moment : une scène de bataille n’est jamais gratuite, elle est le point d’impact d’un raisonnement.


Un manga relativement lent comparé aux autres mangas du même genre. Mais c’est précisément ce qui fait la force de la série : elle refuse les explosions pour les explosions. Ici, chaque combat est la conséquence d’une pensée, chaque affrontement le résultat de choix accumulés depuis des tomes. Et c’est cette lente montée en puissance qui donne au tome 2 sa texture unique, une texture où l’on sent que la guerre ne s’improvise pas, elle se prépare. J’aime beaucoup les personnages, ils sont tous charismatiques et ont vraiment leur propre vision de la stratégie militaire. Le schéma a l’air relativement identique de tomes en tomes, des grosses personnalités qui ont été appelé un peu en urgence, des stratégies militaires « particulières » et des rebondissements dans le combat. A voir comment se comportera le tome 3.


En bref

La guerre éclate réellement, l’affrontement n’est plus seulement politique. Stratégies complexes, personnages aux motivations profondes. Une écriture dense qui récompense la patience du lecteur. Un dessin qui ancre l’univers et amplifie l’intensité des conflits. Un deuxième tome qui élargit et enrichit l’univers sans abandonner ce qui fait le sel de la série : l’intelligence des plans, l’ambiguïté des choix, et une guerre où penser est aussi puissant que combattre. Une lecture exigeante… mais qui frappe fort.

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