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Un drôle de père

par ivan isaak le sam. 17 mars 2012 Staff

C'est donc ici que prend fin l'histoire d'Un drôle de père (le tome 10 sera a priori constitué d'histoires bonus). Et le tournant pris par la série dans cet ultime volume a de quoi déconcerté, même si certains pourraient ne pas être gênés plus que ça.

Yumi Unita poursuit son sans-faute sur la forme. Le trait est clair, épuré, précis, chargé en émotions, le découpage parfait et efficace, les scènes sans dialogues retranscrive parfaitement ce qu'elles doivent : bref, du beau travail, comme depuis le début de la série.

Non, la déception vient finalement du fond, et de ce choix scénaristique très limite et pas franchement compréhensible. Si vous êtres du genre fleur bleue high level, l'histoire entre Daikichi et Rin pourrait réellement vous émouvoir et vous pourriez considérer que cette fin est belle, mignonne et parfaite. Mais il serait aussi parfaitement compréhensible que vous la désapprouviez totalement, le dénouement étant trop "bizarre", voir "malsain". Inutile d'en dire plus, ce volume final se suffit à lui-même.

D'histoire toute mignonne, d'un récit basé sur l'éducation d'une petite fille qui n'est pas la vôtre, avec ses joies, ses peines, ses cris, ses pleurs, ses rires, nous sommes passés en deux volumes à une histoire d'amour incestueuse. Certes, nos deux héros ne sont pas liés par le sang. Mais on ne peut décidément pas se détacher du récit sans ressentir ce sentiment bizarre à la lecture de cette conclusion. Ce sentiment est même renforcé par cette phrase de Rin à Daikichi "j'aimerais avoir un enfant de toi". Non, trop c'est trop et on se dit vraiment que l'on aurait aimé une fin totalement différente. Une autre fin. Tout, mais pas ça.

Alors oui, comme dit plus haut, on peut éventuellement se dire que c'est beau, que l'amour triomphe, que c'est tout mignon. Mais il est tout de même difficile de passer outre le fait que cet homme au grand coeur, célibataire endurci, ayant pris le risque d'adopter sa tante, se retrouve finalement à parler de mariage avec elle à sa sortie du lycée...

Déroutante et qui ne pourra faire l'unanimité, la fin d'Un drôle de père laisse une impression de gâchis, un arrière goût désagréable et tenace. La déception est d'autant plus grande que la série était, surtout au début pendant l'enfance de Rin et encore jusqu'au volume 8, une des meilleures oeuvres parues en France de ses dernières années, avec un récit chargé en émotion et réellement mignon et attendrissant. Cette fin chamboule un peu tout, et c'est vraiment dommage.

Et pourtant, ce volume final n'est pas complètement à mettre à la poubelle. On parle tout de même d'Un drôle de père ! Ainsi, certains moments sont vraiment agréables à lire, comme le retour de Rin chez sa mère et les moments passés par la jeune fille avec sa petite soeur. Voilà ce qu'est Un drôle de père, et voilà le genre de choses que l'on aurait aimé voir jusqu'au bout.

La suite désormais, ce sera avec un 10ème volume d'épisodes bonus (a priori donc) dont on ne sait pas vraiment s'il sera le dernier. Vu la couverture japonaise, on peut espérer revoir quelques passages où Rin est enfant, le moment où l'innocence du récit était la plus frappante et touchante. Peut-être un moyen de faire mieux passer le pilule de ce dernier volume, qui a tendance à rester coincée dans la gorge...

En bref

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Un drôle de père
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