Critique Manga Beck #1

9
Beck

par MassLunar le dim. 2 janv. 2022 Staff

Un excellent retour de riff !

Parmi les dernières rééditions chocs de cette fin d'année, il y en a une qu'il ne fallait pas louper pour les nostalgiques de mangas parus durant la première décennie des années 2000 ainsi que pour celles et ceux qui n'auraient tout simplement pas encore eu le plaisir de découvrir Beck de Harold Sakuishi.

Publié pour la première fois en 1999, Beck fut édité par delcourt/tonkam dans notre pays entre 2004 et 2010 pour une série totalisant 34 volumes.Cette année, les éditeurs relancent ce manga musical majeur dans le paysage ) travers  leur format perfect édition aux cotés, notamment, de Fruits Basket ou Elfen Lied. Un joli coup pour les nostalgiques (et ce n'est pas Auray qui me contredira)  et un nouveau titre à remettre en valeur, notamment dans le cadre d'un genre qui n'est pas forcément très courant parmi les éditions françaises. De mémoire, en dehors de Beck, j'avais aussi un léger souvenir du fameux shojo Nana qui gravitait également autour de la musique. Un manga sur la musique, un challenge pour l'auteur comme il souligne lui-même les difficultés d'illustrer de la musique en manga : 

" Chaque lecteur doit ressentir dans son esprit une mélodie qui le fait vibrer. Chacun peut donc penser à la musique qu'il veut et c'est très bien. Un manga est muet. C'est une énorme faiblesse pour aborder la musique mais cela peut devenir la plus grande arme si les lecteurs parviennent à imaginer eux-mêmes le son."

Sans nous plonger d'emblée dans cet univers musical, ce premier tome de Beck nous immerge surtout dans le quotidien de Yukio " Koyuki" Tanaka, un looser patenté qui fait la rencontre de Ryusuke, un talentueux guitariste tout juste revenu de l'étranger et qui cherche à percer dans le milieu malgré sa rivalité avec un autre musicien. Au niveau de l'intrigue, Harold Sakuichi ne s'attaque pas à la musique et aux concerts directement ce qui est une excellente idée car de cette manière nous appréhendons beaucoup mieux l'univers de Beck qui se compose de rock, de personnages forts et d'une bonne tranche de vie tout simplement jubilatoire à suivre. Ainsi, notre héros de l'histoire, même si il peut correspondre au classique portrait du héros de shonen s'avère très vite attachant en raison de son absence de pedigree musicale.

Dans ce premier tome dont le rythme de l'intrigue est aussi bien dosé par la perfect edition , nous découvrons un Koyuki  paumé qui lui-même découvre un éveil musical. Dans le même temps, nous plongeons avec lui dans  une Tokyo nocturne peuplée de roublards et de passionnés de rocks, de bagarreurs et de jolies filles. Harold Sakuishi déroule tranquillement cette carte de la liberté qui fait apparaître ici et là quelques importants protagonistes à commencer par l'hypnotique Izumi, le rockeur blasé Ryusuke, sa petite soeur au caractère d'acier et à la voix d'or ou encore  l'ancien champion de natation, pervers de quarante piges et passionné des beattles qui apprendra la guitare à notre sympathique héros. 

Dans Beck, les personnages gravite de Kyosuke tel un joyeux orchestre de jolies filles et de mauvais garçons dont leur présence est impacté par le dessin de grande allure de Harold Sakuishi avec des personnages tout en attitude dont la grâce de certains crèvent la planche telle que les personnages de Maho ou Isumi tandis que les expressions ultra-outrancières d'autres personnage apportent un bon contrepoint comique à l'intrigue. Graphiquement, Beck se déchaine tout en imposant forcément des planches passionnés pour proclamer cet amour de la musique. C'est justement à travers la passion pour la musique de ces personnages plus qu'à travers la musique même que le mangaka communique bien les enjeux autour de Beck et qui font de ce premier volume en perfect édition  un excellent tremplin vers un manga musical d'exception. 

En effet, si Beck démarre fort, c'est que le mangaka n'alourdit pas son intrigue à travers des partitions, des planches techniques. Il ne cherche pas à retranscrire la musique mais à la sublimer à travers ceux qui la jouent tout en se fondant dans leur quotidien. 

Pour finir, on notera la qualité de cette perfect édition à travers son interview post-face de l'auteur enrichie de quelques photos de Les Paul et autre modèles de guitare qui donneront du baume au coeur des gratteux d'hier et de demain. 

En bref

Un classique du manga musical. Beck est réédité en grande forme chez la perfect édition de delcourt/tonkam; L'occasion de redécouvrir ou de découvrir cette série avec ce premier morceau aussi jubilatoire que passionné qui nous transmet progressivement les enjeux du rock à travers cette galerie réussie de personnages délicatement allumés...

9
Beck
Positif

La (re)découverte d'une référence majeure du manga musical

Une ambiance légèrement allumée qui gravite autour du rock sans trop appuyer sur la technique et la partition

Les quelques bonus fort sympathiques de la perfect edition

Negatif

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