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Yuma à la Conquête du Monde

par Pois0n le lun. 25 mai 1970 Staff

"Yuma à la conquête du Monde" se présente d'emblée, tant dans le résumé que dans le tête de l'héroïne, comme une parodie de RPG. En pratique, les éléments faisant référence aux jeux vidéo comme aux jeux de rôle papier y sont légers... Ils sont là, mais l'ambiance n'est pas vraiment celle d'un jeu, plutôt celle d'une parodie de conte classique où le héros qui doit sauver le monde, pardon, ressusciter le dieu du mal, est une lycéenne plutôt garçon manqué. Difficile en résumé de dire de quoi s'inspire ce manga...

Un autre élément mis en avant dans le résumé est la promesse d'une aventure drôle. Alors? Hum... Disons qu'une certaine forme d'humour (si on peut appeler ça comme ça) est présente, trop même, via le biais de gags téléphonés pas forcément de bon goût, c'est rapidement lourdingue et redondant, quoiqu'à bien y réfléchir un certain public y sera peut-être sensible, mais personnellement, je trouve que le récit n'avait vraiment pas besoin de ça.

En effet, les protagonistes sont à eux seuls une bien meilleure source de sourire, car presque tous complètement disjonctés, même si eux aussi versent dans le "too much" par moments. Disons qu'à force de vouloir exagérer volontairement certains de leurs traits de caractère, les auteurs en ont fait de véritables têtes à claques et ont oublié de leur forger une "vraie" personnalité. Mention spéciale à la succube, la princesse, et Kourga, plus cinglés que cinglés mais pas pour autant attachants ou inoubliables...
Les autres personnages eux, sont un peu "spéciaux" mais juste ce qu'il faut, et en fin de compte, on oublie les boulets de service prétextes à des situations censées être drôles pour davantage s'attacher à Yuma, Muni, Tylek et les autres monstres (ces derniers parfois hélas un peu oubliés).

Le scénario lui, a beau être bateau c'est une fois de plus totalement assumé, mais cette fois l'effet est vraiment réussi car cliché juste ce qu'il faut, sans excès. Yuma doit récupérer des artefacts pour ressusciter le dieu et rentrer chez elle, et c'est déjà source d'assez de soucis comme ça pour la jeune fille, surtout avec la troupe de "gentils boulets" tantôt utiles tantôt embêtants qui la suit partout. Ca n'a l'air de rien comme ça, mais c'est ce truc tout simple vu, vu, vu et revu qui m'a réellement poussée à finir ma lecture. "Yuma à la conquête du Monde" n'avait au moins pas menti sur un point, n'avait pas promis un scénario original bourré d'idées, mais le simple fait que Yuma parvienne à gérer ses compagnons de route paraît presque un exploit...

En résumé nous avons donc une histoire désignée d'office comme clichée, avec des gags pas drôles assez fréquemment, mais des personnages tellement givrés que, en fin de compte, l'ensemble n'est pas mauvais... Pas formidable non plus. Mais on ne passe pas un mauvais moment, c'est déjà ça. Impossible de dire que "Yuma à la conquête du Monde" est une déception, c'est faux. Certes, il y a bien quelques points qui peuvent vraiment fâcher pour peu que l'on y soie allergique, ou simplement lourder ceux qui n'aiment pas une certaine forme d'humour (pour ma part, je suis pile entre les deux). Les amateurs du genre n'y feront sans doute pas attention mais eux seront du coup déçus par le manque de consistance de l'ensemble.

Les dessins sont loin d'être laids, ils sont plutôt propres et desservent assez bien l'histoire pas-prise-de-tête, ils manquent juste un peu d'originalité. Le monde que découvre Yuma n'a aucune véritable identité graphique, c'est un peu dommage.

Pour finir, l'édition est plutôt agréable (mais c'est Ki-oon me direz-vous) bien que pas à la hauteur d'autres publications du même éditeur (comme Nui!).

En résumé, "Yuma à la conquête du monde" est loin d'être désagréable, mais vraiment tout sauf indispensable. Le genre de petite série en deux volumes idéale pour passer le temps et/ou combler un trou dans une bibliothèque mais qui sera oubliée sitôt le deuxième volume refermé.

En bref

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Yuma à la Conquête du Monde
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