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L'Attaque des Titans

par Charlie One le dim. 13 oct. 2013 Staff

Comme L’Attaque des Titans reçoit énormément d’éloges - beaucoup trop à mon goût - je vous propose de faire quelque chose de différent et de décortiquer les mauvais côtés de cette série. Car au risque d’écrire ma conclusion en avance, si le décor est original, tout n’est pas parfait. Loin de là ! Après la fin surprenante du précédent volume, force est de constater que la pression est déjà retombée comme dans un soufflet.

Pour commencer, il faudrait que l’auteur fournisse des efforts dans la construction de son récit car clairement il y a un problème. Nous débutons par un chapitre isolé de tout. Aucun effort de transition n’est fait, donnant clairement l’impression que celui-ci a été inséré ici à défaut de pouvoir être mis ailleurs. Ce chapitre propose un rappel chronologique (superflu) tout en introduisant un certain caporal-chef Livai… Ce n’est pas comme si j’avais envie de connaitre la suite de l’histoire et que j’aime faire des reproches pour le plaisir d’en faire mais ce dernier n’apparait plus du tout dans la suite de ce volume. S’il doit réapparaitre plus tard, cette petite parenthèse aurait pu attendre et sinon quel intérêt ?

Arrivé au deuxième chapitre, nous passons donc totalement à autre chose, dans un passé proche cette fois-ci. Nous apprenons rapidement ce qu’il s’est passé pour Eren entre la fin du tome 1 et celle du tome 2 et si je n’ai fondamentalement rien à reprocher à ce passage, à l’arrivée tout cela fait qu’en quarante pages environ, l’excitation de découvrir le pourquoi du comment du cliffhanger précédent m’est passée…

De retour (enfin !) dans le présent, l’histoire se rabat sur la « résurrection » d’Eren en plein champ de bataille et les réactions des soldats du bataillon face à ce qu’ils viennent d’assister. L’enchainement qui s’en suit n’est pas réellement surprenant dans le sens où la peur règne et que le pouvoir mystérieux de notre héros n’allait certainement pas être bien accueilli. L’auteur introduit donc un certain commandant Pixis qui décide de se ranger du côté du jeune Jäger, une technique comme une autre pour le garder au centre du conflit.

En parlant de conflit, si ce tome 3 est légèrement décevant c’est aussi à cause de la tournure que prennent les enjeux. Comprenez-moi bien, ayant un peu de mal à adhérer aux choix scénaristiques de l’auteur, comment faire pour m’investir ensuite dans une mission aussi « simpliste » que reboucher un trou dans un mur tandis que la menace des Titans me semble déjà bien lointaine ? Ces monstres s’empalent gentiment pour nous faire patienter et un nombre ridicule de deux pages seulement le montre. Le niveau d’angoisse ne risque pas d’être très élevé si la menace, qui est active au moment de la lecture rappelons-le, est si peu illustrée. Et ne parlons pas des agitations dans le rang qui peinent à me faire ressentir le danger, en partie parce que je me fous royalement du sort du soldat lambda. L’écriture de ces scènes est maladroite, notamment lorsqu’il s’agit de montrer quelques cas d’insubordination. Aucune réelle émotion ne se dégage de ces pages malgré ce qu’elles dépeignent.

Sans transition ou presque, parlons à présent un peu du développement des personnages qui ne s’appellent pas Eren. Du côté des secondaires c’est un peu le vide mais j’ai retenu le nom de deux d’entre eux (Ian et Rico). C’est déjà ça. Concernant le trio de tête, Armin a eu un court moment de gloire permettant à l’auteur de cocher la case « amitié shonen » dans son cahier des charges. Quant à Mikasa, elle demeure tout simplement la guerrière bad ass de la bande dont la spécialité est apparemment le dépeçage. Ceci dit, pour l’instant elle sert principalement de bouclier et de chien de garde.

Enfin, pour finir sur l’aspect réjouissant - oui quand même - de cette histoire qui est bien sûr la capacité de transformation d’Eren, je dois dire que je suis aussi un peu déçu que celui-ci parvienne à la maitriser si vite. Alors oui, il n’a pas encore toute sa tête sous son autre forme mais il parvient tout de même à se changer à volonté ce qui n’est pas rien ! L’auteur aurait pu faire durer le plaisir et garder la peur comme facteur déclencheur le temps au moins qu’on arrive au fameux sous-sol (ouh la la que c’est mystérieux !). Enfin bon, il fallait reboucher le trou et vite.

Conclusion ! Le sneek peek qui annonce une « furieuse bataille culinaire » ne me rassure absolument pas quant à la suite des événements. Toutefois, malgré des difficultés à maintenir la nervosité de la guerre au premier plan de mes émotions, tous les ingrédients et le potentiel sont là pour faire de L’Attaque des Titans une très bonne lecture. A contre-courant, je ne considère toujours pas la série comme telle. On passe un bon moment mais cela n’a, à ce stade, rien d’exceptionnel.

En bref

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