• Critique Robotech - Macross saga par

    Je ne suis pas sur de l'avoir déjà précisé auparavant, mais j'aime plutôt bien evangelion. Cependant, à part cette série et 2-3 autres, je n'y connais pas grand chose au genre du mécha, ainsi, pour pleinement apprécier evangelion, j'ai trouvé bon de savoir d'où la série venait, d'autant que Anno la cite souvent comme source d'inspiration.
    Et puis avec la sortie toute récente du remake (ou reeboot ?) de gundam (l'oav the origin, dispo sur wakanim), le temps est au mécha, et j'en ai donc profité pour combler une lacune dans ma culture :D !

    Car disons le tout de suite, Macross est une série quasi-historique, au même titre que Gundam. Ayant grandement contribuer à l'instauration d'un genre (ou plutôt d'un sous-genre) nouveau : Le real robot. Auparavant le super robot à la goldorack dominait, et avait un côté surpuissant et quasi-mystique, et surtout, un côté exceptionnel, seul le héro en possédait un, ce dernier était indestructible et voila (cela ne veux pas dire que les séries de super-robot était mauvaises, gurren lagann est d'ailleurs un vibrant hommage à ces séries, plus ou moins ^^).
    Ici les robots sont abordés comme des armes, fabriqués à la chaine. Certes puissants mais complétement vulnérables face aux robots d'en face (eh oui il y en a en face du coup) et c'est ici l'habilité du pilote et non la puissance de son robot qui fera la différence en combat. De plus, au début des années 80 un évènement viens légèrement influencer les mentalités, c'est en effet la guerre froide. Bien que les japonnais aient un rapport différent des américains à cette guerre (et à la guerre en général, le Vietnam n'a pas eu lieu au japon), ils sont dans le même bateau, et les années 80 ne sont pas une période de détente.
    Par conséquent cette période se caractérise aussi par un climat de crainte vis à vis de la situation géopolitique (oui ^^) de l'époque. Et cela se ressent dans les créations artistiques de l'époque. En Amérique des films comme Apocalypse Now, ou Full metal jacket voient le jour, au japon des séries comme Gundam et Macross. Leur point commun : La guerre est ici montrée comme nocive, peut être justifiée mais mauvaise quoi qu'il arrive.

    C'est donc une œuvre pacifiste. Cependant, la série évite (la plupart du temps) de tomber dans les écueils du style "olala, la guerre c'est mal ... Parce que ça tue des gens". Bien sur c'est un peu le cas, notamment via l'intermédiaire d'un personnage (particulièrement pénible), cependant la guerre est ici plus ambigüe, les humains se défendent ici contre une armée agressive, la solution pacifique ne peut donc pas s'imposer, et pourtant tout le dilemme se trouve là. C'est très intéressant, surtout pour l'époque ! Aujourd'hui d'ailleurs Macross surpasse bien des œuvres traitant du même sujet, car elle traite la guerre de façon un poil naïve certes mais tout en restant très intéressant !!


    Cependant, ce n'est pas la seule innovation de cette série, qui parvient à se différencier de son concurent (gundam) par bien des manières. Là ou Gundam se concentre sur un vaste univers complexe avec toute une géopolitique (et des familles des complots des trahisons etc). Macross se concentre sur le système solaire, et la terre (ce qui fait déjà quelques bons kilomètres x) ) et se rabat sur des relations complexes entre ses personnages, donnant une place très importante (et justifiée scénaristiquement, ça frise le génie ^^) à la romance. C'est une très grande qualité, car non seulement les interactions entre personnages ne se limitent pas à une seule espèce, il y a en effet des interaction poussées avec les extraterrestres, mais elles peuvent prendre des tournants inattendus (encore aujourd'hui), et ne sont pas intégrées à la série juste pour mettre de la romance, il s'agit réellement d'un point central de la série.
    Cependant, il s'agit parfois d'un défaut.

    En fait pas vraiment, le problème ne viens pas directement des romances, mais des épisodes finaux, rushés et qui, par conséquent, rendent les personnages bien plus archétypaux qu'ils ne le sont déjà (oh ça va en 1980 le travail sur les personnage n'était pas le même, et celui de Macross est plus que respectable), ce qui les rend particulièrement frustrants. Le dernier épisode parvient tant bien que mal à se remettre à peu près debout, mais la série se tire elle même une balle dans le pied vers la fin. Ce qui se cumule avec des problèmes de budgets assez visibles malheureusement.

    J'ai eu la chance de regarder la série en 1080p, je suis donc très au fait de ses qualités graphiques ... Qui ont malheureusement bien mal vieillies. Bien que dans certains épisodes, ainsi que dans l'opening, l'animation se lâche et devient assez bluffante (une sorte de plan séquence dans l'épisode 2 particulièrement classe). Mais la plupart du temps l'animation est aux fraises. Et cela pose un réel problème.
    Je parlais des relations inter-personnages complexes, ce qui implique des personnages complexes, or la meilleure façon de faire passer des émotions via un personnages c'est en utilisant les expressions du visage ^^. Malheureusement avec les coupures du budget, en plus d'une animation parfois très saccadée, on a parfois le droit à des expressions faciales pour le moins ardues à analyser x) pour ne pas dire ratées.
    On regrettera aussi un mecha-design pas franchement mémorable ... Rien de grave cela dit.

    J'exagère un peu cela dit, c'est gênant, notamment lors des phases de chants, mais on peut facilement faire abstraction de cela en se rappelant de la date et apprécier la série ^^.

    Oui, des phases de chants aussi ^^. Autre démarcation, Macross intègre une idole à son univers, avec les chansons qui vont avec. Par conséquent la série est ponctuée par 5-6 chansons de plus ou moins bonne qualité, cela permet de respirer entre deux batailles par exemple, ou de créer des temps morts non-ennuyeux ^^, ce qui est souvent une bonne chose (la musique en général est bonne d'ailleurs). De plus, comme pour la romance, l'idole apparait de façon assez logique, est plutôt bien expliquée par la série et trouve une réelle utilité ! Ce n'est pas des chansons pour des chansons (là encore il y a un peu de ça mais pas que). Encore un bon point ^^.


    Ces "petits" éléments rendent cette série, qui deviendra plus tard une saga mais n'en parlons pas (surtout que je ne l'ai pas vue ^^), unique, non seulement à son époque, mais qui continue de la caractériser aujourd'hui. Avant même d'avoir vu la série je savait que le chant et la romance y occupait une place importante, la romance fut reprise par d'autres franchises ... Le chant beaucoup moins, si bien que quand Valvrave s'est mit à faire la même chose les gens ont commencer à gueuler (à raison d'ailleurs ^^).

    Et c'est au final l'association de tout ses éléments qui font de cette série une série culte, encore aujourd'hui, alors que c'est Gundam et non Macross qui devrait être retenue comme créateur du sous-genre du real-robot. Cependant, au delà de cet aspect "culte", la série est vraiment bonne ! Bien que les 3-4 derniers épisodes soit extrêmement mauvais (j'insiste), que l'animation soit à la ramasse, même pour l'époque (qui en excuse une partie, mais une partie seulement). Le traitement assez original de la guerre (commun je suppose avec Gundam), les relations complexes, expliquées et utiles au scénario entre les personnages (même chose pour le chant) font de cette série une œuvre à part entière, pas simplement une copie de Gundam, et pas forcément une copie inférieure. Je ne pourrais donner mon verdict qu'une fois gundam vu, cependant en l'état Macross n'est bien évidemment pas une œuvre dénuée de défauts (et des très gros) mais qui parvient à les compenser avec de réelles bonnes idées, innovantes, originales et utiles ! Et ça c'est bien :D .

    8

    DemiCercle - 04 avril 2015

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