Retour vers le passé : San Francisco (1936)

Drame/romance/musique/catastrophe
Long métrage américain
Réalisé par W.S. Van Dyke
Scénarisé par Robert E. Hopkins et Anita Loos
Avec Clark Gable, Jeanette McDonald, Spencer Tracy, Jack Holt…
Année de production : 1936
Le film catastrophe a connu sa première heure de gloire dans les années 70 avec l’amélioration des techniques d’effets spéciaux. Il faut toutefois se rappeler que le genre est presque aussi vieux que le cinéma lui-même, un court comme Fire ! (1901) pouvant y être rattaché avec sa description d’un immeuble en flammes aux habitants sauvés par une brigade de pompiers. Plusieurs longs métrages des années 30 se concluent sur une catastrophe causée par la nature ou la main de l’homme comme le Hurricane de John Ford, L’Incendie de Chicago de Henry King ou encore celui dont il est question ici, San Francisco de W.S. Van Dyke (Tarzan L’Homme Singe).
Au matin du 18 avril 1906, un séisme a touché la ville de San Francisco. Il y a eu deux violentes secousses d’environ une minute chacune, ce qui a suffi pour détruire une grande partie de la ville…et le cauchemar n’était pas terminé pour les habitants puisque les incendies qui ont suivi ont détruit de nombreuses structures. Ce drame reste à ce jour l’une des catastrophes naturelles les plus importantes subies par une grande ville américaine. Le cinéma s’est emparé du sujet trente ans plus tard, avec un film qui mélange allègrement plusieurs genres.

Pendant plus de 90 minutes, San Francisco tient en effet plus du drame romantique et du film musical. Les premières minutes présentent efficacement les différents protagonistes qui se croisent et se rencontrent pendant le passage à la nouvelle année 1906. Clark Gable incarne Blackie Norton, propriétaire d’un night-club situé dans Barbary Coast, qui était le quartier de San Francisco où les gens pouvaient venir s’encanailler. Dans un premier temps, Blackie n’est pas présenté sous un jour sympathique, notamment dans sa façon de s’adresser aux femmes, mais au fur et à mesure que le récit avance, on peut le voir plus comme un « gentil vaurien » avec un vrai sens de l’honneur, attaché aux habitants de Barbary Coast.
Jeanette McDonald (qui a eu son heure de gloire dans les années 30/40 avant de délaisser le cinéma pour se concentrer sur la musique) est Mary Blake, une jeune chanteuse cherchant désespérément du travail au point de signer pour Blackie alors que sa place est sur la scène du plus prestigieux Tivoli. Un jeu de séduction commence alors entre les deux (ce qui n’était pas simple à jouer car Gable et McDonald se détestaient), arbitré en quelque sorte par le père Mullin (solide Spencer Tracy), l’ami d’enfance de Blackie.

Cette plongée dans l’univers de la nuit et de ses spectacles se laisse suivre agréablement grâce à ses acteurs, à de très bons dialogues souvent pétillants et à un réalisateur qui a imprimé un bon rythme à sa reconstitution. Par contre il ne faut pas être allergique aux voix opératiques et sur ce point j’avoue que celle de Jeannette McDonald (style haut perché et vieillot) a fini par me casser un brin les oreilles. Elle ne chante toutefois pas que de l’opéra puisque le titre San Francisco est devenu un véritable hymne pour la ville.
Le tremblement de terre intervient dans le dernier quart d’heure et si la scène est courte, le résultat est intense et impressionnant, avec des effets spéciaux de qualité (destructions, maquettes, pyrotechnie…). Il est juste dommage que les petits aspect bondieusards relevés de-ci de-là dans ce qui a précédé prennent toute la place lors d’un final gnangnan au possible (même ce bon vieux gredin de Blackie trouve la foi et s’adresse à Dieu) à base de Plus près de toi mon Dieu et Glory Glory Alleluia…
Commentaires (0)