Retour vers le passé : Gamera, Gardien de l'Univers (1995)

Aventures/fantastique
Long métrage japonais
Réalisé par Shusuke Kaneko
Scénarisé par Kazunori Ito
Avec Tsuyoshi Ihara, Shinobu Nakayama, Ayako Fujitani…
Titre original : Gamera Daikaijū Kūchū Kessen
Année de production : 1995
La deuxième série de longs métrages consacrés à Godzilla s’est terminée en 1995 avec Godzilla vs Destoroyah. Mais ce n’était pas encore fini pour les kaijus de l’ère Heisei. La Toho a remis Mothra en vedette par le biais de la trilogie Rebirth of Mothra sortie entre 1996 et 1998. Et le studio concurrent Daiei a attendu 1995 pour fêter le trentième anniversaire de sa tortue géante cracheuse de feu Gamera après avoir brièvement envisagé de ressusciter le dieu de pierre vengeur Majin.
Gamera a donc eu droit à une trilogie entièrement dirigée par le duo Shusuke Kaneko et Kazunori Ito, qui avaient précédemment collaboré sur l’un des segments de Necronomicon. Kaneko était notamment passé par la case pinku eiga (terme désignant la sexploitation japonaise…pour résumer grossièrement) et il souhaitait réaliser un kaiju eiga, lui qui fut un grand admirateur des Godzilla de Ishiro Honda dans sa jeunesse. Kaneko n’avait pas été retenu pour signer un Godzilla de l’ère Heisei et après sa trilogie à succès sur Gamera, il a pu s’attaquer au Big G en 2001 avec Godzilla, Mothra and King Ghidorah: Giant Monsters All-Out Attack (ça, c’est un très long titre), que beaucoup considèrent comme le meilleur Godzilla de l’ère Millenium.

S’il était fan de Godzilla, Kaneko a avoué que ce n’était pas vraiment la même chose avec Gamera et il lui a fallu un peu de temps pour trouver avec son scénariste la direction à prendre. Kaneko et Ito ont alors insisté sur un élément suggéré dans la version originale, le fait que Gamera soit une créature datant de l’ère de l’Atlantide…sauf qu’ici il est confirmé que le kaiju a été spécifiquement créé par les Atlantes pour aider l’humanité face à la menace des autres monstres géants, dont les gyaos, de redoutables oiseaux préhistoriques…
Ce reboot reprend donc des éléments de la première partie de la franchise et fait un bon travail en les améliorant, comme pour les gyaos, menace moins figée que dans Gamera contre Gyaos. La place de la jeunesse, importante dans les films Showa, est réservée à une adolescente du nom de Asagi, qui partage un lien spirituel avec Gamera grâce à un artefact découvert lors d’une mission conduite par son père. Le scénario suit dans un premier temps deux équipes, la première sur la trace d’une mystérieuse apparition sous-marine (qui se révèlera être Gamera) et l’autre enquêtant sur l’île où sont apparus les Gyaos avant que les protagonistes se rejoignent suite à une spectaculaire première scène de chaos en pleine ville qui va faire de Gamera une créature incomprise et ciblée par l’armée.

Sur un rythme soutenu, Shusuke Kaneko enchaîne les rebondissements (et fait même un amusant clin d’oeil à Jurassic Park) et se montre très efficace dans la mise en scène des effets spéciaux dits « à l’ancienne », avec un excellent travail sur les maquettes, les costumes des monstres et l’intégration avec les acteurs. Les trucages par ordinateur s’invitent également pour quelques plans sans être complètement convaincants par moments. En mêlant origines mythologiques, préoccupations écologiques (survolées mais elles sont là) et bastons/destructions qui sont l’ADN du genre, Shusuke Kaneko a signé un kaiju eiga divertissant et rondement mené, premier volet d’une trilogie qui n’a fait que monter en puissance selon les amoureux de ces grosses bébêtes.
La Daiei n’a pas attendu longtemps après la sortie de Gamera : Gardien de l’Univers pour donner son feu vert à la suite. La production de Gamera : L’Attaque de la Légion a débuté au printemps 1995 pour une sortie fixée à l’été 1996.
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