Retour vers le passé : Gamera III - La Revanche d'Iris (1999)

Fantastique
Long métrage japonais
Réalisé par Shusuke Kaneko
Scénarisé par Kazunori Ito et Shusuke Kaneko
Avec Shinobu Nakayama, Ai Maeda, Yukijiro Hotaru, Ayako Fujitani…
Titre original : Gamera Surī Irisu Kakusei
Année de production : 1999
Après avoir connu le succès avec le film d’horreur Gakkō no Kaidan 3 (School Ghost Stories 3), Shusuke Kaneko s’est mis au travail sur ce qui allait devenir le dernier volet de la trilogie Gamera de l’ère Heisei. Alors que le temps de production de la plupart des kaiju eigas se limitait le plus souvent à quelques mois, Kaneko a obtenu un an pour compléter Gamera III : La Revanche d’Iris, un film pour lequel les aspects horrifiques ont été conservés et amplifiés. L’horreur était alors un genre qui rapportait pas mal de yens dans les tiroirs-caisses, mais les aspects les plus durs du scénario ont effrayé le jeune public. Le studio a alors fait machine arrière en annulant un Gamera 4 un temps envisagé et le reboot de l’ère Millenium, Gamera l’Héroïque (2005) a refait de la tortue géante un héros plus familial.

Contrairement aux deux volets précédents, Shusuke Kaneko et son co-scénariste Kazunori Ito prennent plus d’exposition pour s’intéresser aux différents protagonistes. Shinobu Nakayama a repris le rôle de l’ornithologue Mayumi Nagamine, qui avait enquêté sur les Gyaos dans Gamera : Gardien de l’Univers. Suite au retour de ces créatures volantes, elle est appelée par le gouvernement pour discuter des moyens de venir à bout de cette menace. On suit également le parcours d’une adolescente nommée Ayana, qui déteste Gamera depuis que ses parents ont été tués dans la destruction de leur immeuble pendant le combat entre la tortue et le Super Gyaos.
Dans le temple de la petite ville d’Asuka, Ayana découvre un oeuf qui donne naissance à une créature tentaculaire appelée Ryu-sei-cho, que la fille préfère prénommer Iris, comme le chat qu’elle a perdu. Ayana développe le même lien qu’avait Asagi avec Gamera…et ce qu’elle souhaite, c’est que Iris détruise Gamera lorsqu’elle atteindra sa taille maximale. Plus de temps est donc accordé aux personnages humains, avec des résultats inégaux. Certains sont intéressants, d’autres beaucoup moins (le prophète du chaos et sa complice aux pouvoirs psychiques, très caricaturaux) et ces scènes ne sont pas sans quelques longueurs. Le comportement changeant de Gamera, qui ne se soucie plus des victimes collatérales, aurait mérité des explications un peu mieux détaillées (et convaincantes).

Par contre pour ce qui est de l’action et des destructions en masse, Gamera III : La Revanche d’Iris surpasse largement ses prédécesseurs. Le long métrage mélange encore plus les images de synthèse (du CGI de la fin des années 90 donc certaines ont tout de même pris un léger coup de vieux) et les techniques traditionnelles, avec de beaux designs de créatures et un travail encore plus réussi sur la représentation du gigantisme des monstres par rapport aux acteurs, particulièrement dans l’impressionnant combat final entre Gamera et Iris en plein Kyoto. Après cet affrontement intense, la fin ouverte annonçait encore plus d’ennuis pour Gamera et le peuple japonais…mais malgré les bons résultats critiques et financiers, la Daiei a préféré arrêter les frais.
Comme je le mentionnais plus haut, la tortue géante cracheuse de feu n’a ensuite été à l’affiche que d’un seul film, son douzième, avant une dernière relance en date sous la forme d’une mini-série d’animation en 2023 (Gamera Rebirth, diffusé sur Netflix).
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