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Moriarty

par Niwo le mar. 16 oct. 2018 Staff

Avant de commencer, je tiens à préciser que cette chronique est écrite sans aucun fanatisme pour Sherlock Holmes, et sans connaissances précises de l'univers. Je juge l’œuvre en tant que tel. Moriarty est une famille noble, un homme et sa femme ainsi que leurs deux enfants. Un jour, ils adoptent des orphelins dont le plus petit est très malade et doit se faire opérer. C'est dans ce contexte qu'on découvre William et Louis, les deux « chanceux » recueillis par cette semaine.


Fraternité avant tout


Le plus grand, William, est d'une intelligence rare. Malin et subtil, c'est le genre de héros totalement fait pour ce genre d'histoire, dont les enjeux politiques créent des conflits tout au long de l'histoire. Personnellement, c'est typiquement ce héros là que j'apprécie. Toujours imprévisible, charismatique qui a dépassé sa condition pour atteindre ses objectifs. Son petit frère est moins au centre de l'histoire, plus timide, presque insignifiant. Mais j'espère qu'on en saura plus sur lui par la suite, puisqu'il a l'air d'avoir son charme également. Ce n'est pas au même niveau que son frère, mais celui-ci a une prestance inégalable. Toujours là pour les autres.


Concernant les frères Moriarty (premiers du nom), ils ne s'entendent pas aussi bien. L'aîné, Albert, méprise sa famille pour leur vision de la noblesse. Selon eux, la noblesse est au-dessus de tout, ils détestent le peuple, la classe moyenne, qu'ils considèrent comme sale. Mais Albert n'est pas de cet avis, pour lui les nobles doivent, au contraire, aider la classe moyenne et se mettre au même niveau qu'eux, dans la mesure du possible. Son petit frère est exécrable, s'appelle William et fait la vie dure aux deux frères. Capable de tout pour leur montrer qu'ils doivent rester à leur place.


Facteur déclencheur


La dame de maison et son fils (le plus petit, bien évidemment) décident de mettre au point un stratagème pour faire des deux orphelins des criminels, afin de les expulser. C'est à ce moment-là qu'Albert, William et Louis font brûler la maison, et tout le reste de la famille et des domestiques avec. C'est pour eux un nouveau départ, le début de leur nouvelle quête : abolir la hiérarchie. Sur ce point, le titre me fait beaucoup penser à Blue Morning, manga que j'apprécie beaucoup. Et c'est à partir de là que tout le scénario prend sens et évolue. William et Louis prennent le nom de Moriarty, et font désormais de la noblesse. Ils partent acheter un manoir à Durham. Ici, les gens de la classe moyenne cultivent sur des terres et doivent donner beaucoup d'argent aux nobles qui leur louent ces terres. Leur première cible est le baron Dublin, un homme enlaidi par l'argent, qui n'a que faire de la vie de ces pauvres gens.


Là où le récit va être captivant, c'est que ce n'est pas forcément prévisible. On connaît le but des Moriarty, mais pas la manière dont ils vont s'y prendre. Et même si, en se situant dans le contexte historique, pas mal de choses paraissent instables, je pense qu'il ne faut pas s'arrêter là-dessus. Le contexte historique n'est pas utilisé à proprement parler comme un élément essentiel du récit, et ça on le voit tout de suite. L’œuvre ne se veut pas être du pur tranche-de-vie, les auteurs se sont permis quelques libertés et ce n'est pas un mal. A quoi bon revisiter une œuvre si on en respecte tous les procédés ? Moriarty est un parti-pris risqué, mais réussi. D'autant plus qu'on n'a pas encore tout vu. Parfois, William a des expressions de visage assez sombres, et je ne pense pas qu'il soit aussi pur qu'il ne le laisse paraître. Je pense qu'il a encore beaucoup de ressources sous le coude, plusieurs facettes de sa personnalité encore cachées.

En bref

Moriarty était une bonne lecture. Tout fonctionne bien et est compréhensible même sans connaître l'univers de base. Les personnages méritent encore du développement mais ont une certaine prestance qui nous plonge dans l'univers simplement. Bémol tout de même pour son schéma scénaristique un peu simpliste bien qu'efficace.

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