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Judge

par ivan isaak le ven. 8 juil. 2011 Staff

Après Doubt, au succès avéré malgré une fin jugée par beaucoup comme décevante, voici donc venu Judge, seconde série du triptyque prévu par Yoshiki Tonogai et ses éditeurs autour du même thème, le thriller en huit-clos, thème à la mode au cinéma et qu’il aurait été dommage de ne pas tenter de retranscrire en manga.

Les ressemblances avec Doubt sont donc voulues mais Judge marque clairement sa différence au niveau du scénario. Ici, pas de meurtrier à démasquer, pas de crainte de voir un personnage mourir au détour d’une case (en tout cas en principe) : nos « héros » vont devoir, toutes les 12 heures, déterminer lequel d’entre eux va mourir. La donne est donc totalement différente de la précédente œuvre de l’auteur.

Le principal défaut de l’œuvre se situe dans la manière dont Yoshiki Tonogai introduit son histoire et ses personnages. Tout va trop vite dans ce premier volume, ne laissant pas au lecteur le temps de s’interroger. De même, la révélation des premiers « péchés » commis par les « détenus » n’est guère convaincante (l’une d’elles est même légèrement dérangeante, même si des explications pourraient intervenir par la suite). Mais malgré tout cela, Yoshiki Tonogai réussit à retenir l’attention du lecteur avec une simple double-page, qui peut passer inaperçue, et un cliffhanger qui ne peut que donner envie d’ouvrir le 2ème volume de la série…

Graphiquement, le travail de Yoshiki Tonogai est plus remarquable qu’il n’y parait. Dans un espace clos, l’alternance des prises de vue et des angles est essentielle et il faut bien reconnaitre que sur ce point-là, il n’y a pas grand-chose à reprocher à l’auteur, qui sait rendre son récit dynamique et efficace avec un découpage très cinématographique. Le manque vient une nouvelle fois (après Doubt) dans le design (et a priori dans le caractère) des différents protagonistes, qui semble une nouvelle fois assez stéréotypé.

Adaptant un genre à la mode, Yoshiki Tonogai ne réussit pas à réaliser une œuvre indispensable mais son Judge, à l’instar de Doubt, demeure divertissant comme une bonne série B, sans la prétention de n’être plus que cela. A réserver aux amateurs du genre, qui devrait passer un bon moment.

En bref

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