Critique Manga Sanda #8
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par juju le mer. 28 oct. 2026 Staff
Paru Itagaki continue de nous entraîner dans sa folie !
1. Un univers qui s’agrandit et des repères qui vacillent
Avec Sanda, Paru Itagaki n’a jamais vraiment fait dans le classique. Dans ce monde où les enfants sont devenus des adolescents vieillissants et où le Père Noël est une figure aussi puissante qu’inquiétante, l’autrice continue de bousculer nos repères. Ce huitième tome marque une nouvelle étape : l’histoire s’éloigne progressivement du cadre de l’académie Daikoku Aigo pour ouvrir ses portes sur un extérieur qui semble tout aussi étrange et dangereux. Après avoir découvert certains éléments du passé de M. Oshibu, Sanda commence à remettre en question sa vision du directeur. La mission qu’il s’est fixée devient plus complexe, car il lui est désormais difficile de considérer son adversaire comme un simple ennemi. Pendant ce temps, Tonakai refuse de rester dans l’ombre. Habitué à attirer l’attention, il veut prouver sa valeur et montrer qu’il peut lui aussi jouer un rôle dans cette aventure. Ce déplacement du cadre permet à Paru Itagaki d’élargir son univers et de multiplier les pistes narratives. De nouveaux personnages font leur apparition, les enjeux évoluent et l’on sent que l’histoire cherche à prendre une dimension plus vaste. Il faut toutefois accepter de ne pas toujours savoir où l’autrice veut nous emmener. Les événements s’enchaînent parfois rapidement, avec des développements qui peuvent donner l’impression de partir dans plusieurs directions à la fois.
2. Tonakai gagne en profondeur, tandis que la folie reste aux commandes
Ce tome accorde une place intéressante à Tonakai. Derrière son apparence de beau gosse sûr de lui se dessine un personnage qui cherche sa place auprès de Sanda. Son envie de prouver sa valeur apporte une nouvelle dynamique à leur relation et permet de dépasser un peu le rôle du rival arrogant. Les personnages de Sanda ont rarement une personnalité simple, et c’est justement ce qui rend leurs interactions aussi imprévisibles. La sortie scolaire constitue également un tournant. En quittant leur environnement habituel, les élèves découvrent un monde extérieur moins rassurant qu’ils ne pourraient le croire. Le danger monte, les situations deviennent de plus en plus improbables et Paru Itagaki continue de mélanger action, étrangeté et réflexions sur l’enfance avec une liberté assez réjouissante. On retrouve aussi ce goût pour les idées complètement barrées, les révélations inattendues et les personnages qui semblent surgir de nulle part. L’arrivée d’une nouvelle figure inspirée du folklore de Noël illustre bien cette capacité à surprendre. Tout ne fonctionne pas forcément avec la même fluidité : certaines transitions paraissent abruptes et quelques évolutions auraient mérité davantage de temps pour s’installer. Mais il y a quelque chose de fascinant dans cette manière de pousser toujours plus loin les limites de son récit. Même quand on se demande où tout cela va nous mener, la curiosité reste bien présente.
3. Un huitième tome qui entretient le goût de l’imprévisible
Graphiquement, Paru Itagaki conserve ce trait nerveux et expressif qui donne à Sanda une identité immédiatement reconnaissable. Les personnages peuvent passer d’une expression presque banale à une déformation saisissante, et les scènes d’action profitent de cette énergie. Le dessin accompagne parfaitement les situations absurdes et l’atmosphère parfois inquiétante de la série. Ce qui me plaît dans cette proposition, c’est cette capacité à mélanger des idées qui, sur le papier, ne devraient pas forcément fonctionner ensemble. Le Père Noël, les adolescents, les enjeux sociaux, les transformations physiques et les références au folklore forment un ensemble singulier. Paru Itagaki ne cherche pas à rendre son univers parfaitement confortable : elle préfère le faire évoluer, le compliquer et nous surprendre au détour d’une page. Ce huitième volume n’est donc pas exempt de défauts. Le scénario peut sembler décousu, le rythme parfois trop rapide et certaines pistes donnent l’impression de s’accumuler sans toujours trouver immédiatement leur place. Mais l’ouverture de l’univers, l’évolution de Tonakai et cette imagination débridée maintiennent l’intérêt. Sanda continue de suivre sa propre logique, quitte à nous laisser parfois quelques instants dans le brouillard.
En bref
Avec ce tome 8, Paru Itagaki élargit l’univers de Sanda, donne davantage d’épaisseur à Tonakai et nous entraîne dans une aventure toujours aussi imprévisible. L’action, les personnages étranges et les idées complètement folles restent les grands atouts de la série, même si le scénario s’éparpille parfois et que certaines transitions manquent de fluidité. Un volume qui entretient la curiosité et confirme que, chez Itagaki, on n’est jamais vraiment au bout de ses surprises.
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