Critique Manga Sanda #9

7
Sanda

par juju le mer. 28 oct. 2026 Staff

Une folie toujours réjouissante, mais jusqu’où ?

1. Des menaces toujours plus nombreuses

Avec Sanda, Paru Itagaki continue de nous entraîner dans un univers où l’absurde côtoie la violence, où les apparences sont trompeuses et où chaque nouvelle révélation vient bousculer nos certitudes. Dans ce neuvième tome, Sanda et ses compagnons doivent faire face à de nouvelles menaces, tandis que les descendants aux pouvoirs particuliers prennent une place de plus en plus importante dans l’intrigue. Les affrontements s’enchaînent et le danger semble pouvoir surgir à tout moment. L’autrice ne manque décidément pas d’imagination pour renouveler son univers. Les personnages se multiplient, les alliances évoluent et les situations prennent parfois des directions complètement inattendues. La réunion parents-professeurs, qui pourrait sembler anodine dans une autre série, devient ici une nouvelle occasion de faire dérailler le quotidien. Et avec l’arrivée de la mère de Sanda, les relations familiales viennent elles aussi compliquer les choses. Le rythme reste soutenu et les surprises ne manquent pas. On retrouve cette capacité de Paru Itagaki à transformer une situation banale en quelque chose de totalement imprévisible. Pourtant, à mesure que l’histoire s’enrichit de nouveaux protagonistes et de nouvelles menaces, une question commence à se poser : comment l’autrice va-t-elle parvenir à relier toutes ces pistes ?

2. Des personnages toujours aussi surprenants

L’un des grands plaisirs de Sanda reste sa galerie de personnages. Paru Itagaki possède un vrai talent pour leur donner une personnalité singulière en quelques scènes ou quelques échanges. Les comportements changent, les relations se transforment et les alliances ne sont jamais complètement acquises. Même les personnages qui semblaient secondaires peuvent soudain prendre une importance inattendue. Ce neuvième tome poursuit cette dynamique, notamment avec les révélations autour des familles et les changements de position de certains protagonistes. Yagiuda, qui décide de quitter les Chemises rouges, illustre cette évolution permanente des rapports de force. L’autrice aime brouiller les frontières entre adversaires et alliés, ce qui donne lieu à des situations parfois surprenantes. Mais cette mécanique commence aussi à montrer ses limites. À force de voir certains ennemis se rapprocher du groupe et de découvrir de nouveaux personnages aux capacités particulières, on finit par anticiper un peu mieux les ressorts du récit. La surprise reste présente, mais elle perd parfois de son impact. On aimerait que certaines relations et certains événements bénéficient de davantage de temps pour se développer, plutôt que de passer rapidement à la prochaine révélation.

3. Une imagination débordante qui cherche encore son équilibre

Graphiquement, Paru Itagaki conserve ce trait nerveux et expressif qui donne à Sanda une identité forte. Les affrontements sont dynamiques, les personnages affichent des expressions parfois dérangeantes et les situations absurdes prennent une dimension visuelle particulièrement efficace. L’autrice sait jouer avec les contrastes et faire surgir l’étrangeté au détour d’une page. Cette liberté constitue toujours l’un des principaux atouts de la série. Entre les références à notre imaginaire collectif, les pouvoirs improbables et les réflexions sur l’enfance, le corps et la société, Sanda ne ressemble décidément à aucun autre manga. Il y a une vraie audace dans cette manière de mélanger des éléments qui semblent parfois incompatibles. Toutefois, l’accumulation finit par soulever quelques réserves. Les personnages et les idées se multiplient, les affrontements se succèdent et le fil rouge devient parfois difficile à distinguer. On sent que l’univers possède encore beaucoup de potentiel, mais on aimerait que l’intrigue prenne davantage le temps de développer ses enjeux et de donner une direction plus claire à l’ensemble. La folie de Paru Itagaki reste réjouissante, à condition qu’elle ne finisse pas par masquer ce que l’histoire cherche à raconter.

En bref

Avec ce tome 9, Sanda continue de surprendre grâce à son imagination débridée, ses personnages atypiques et ses situations complètement imprévisibles. Paru Itagaki conserve une vraie énergie graphique et un talent certain pour renouveler les relations entre ses protagonistes. Mais l’accumulation de personnages, de pouvoirs et de révélations commence à fragiliser la cohérence du récit. Une lecture toujours aussi singulière et divertissante, qui gagnerait désormais à mieux canaliser sa folie pour donner davantage de force à son intrigue.

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Sanda
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