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Lonely World

par Tampopo24 le dim. 19 sept. 2021 Staff

Combattre la solitude

Après une découverte sympathique mais en demi-teinte, le deuxième tome confirme malheureusement ce sentiment. J'aime l'univers, j'aime le folklore des dessins, mais il me manque cruellement quelque chose auquel vraiment me raccrocher.

Iwatobineko surfe clairement sur la monde de ces titres où les enfants sont plongés dans des mondes imaginaires étranges et cruels aux côtés d'une créature qui les protège. Le fait cette fois d'accoler un golem et toute une civilisation moribonde à cette jeune enfant, qui en plus a perdu la mémoire, est une bonne idée. Encore faut-il savoir l'exploiter et c'est encore bien timide chez l'autrice. On sent qu'elle est jeune, qu'elle tâtonne, qu'elle ne sait pas encore bien quelle direction prendre, alors elle tente des choses, mais ça manque de profondeur et de relief.

Dans ce nouveau tome, Shii poursuit sa découverte des golems et de la ville. Emmenée par le golem Teefer après que Bulb ait été très abîmé en tentant de la sauver des cônes qui la poursuivent, Shii se lie avec de nouvelles créatures. On revient encore une fois sur le lien entre humains et golem/robots avec cette obligation pour ces derniers d'obéir aux premiers. J'ai aimé la façon toute mignonne dont l'autrice contourne un peu la règle, c'est sympathique mais ça reste superficiel, tout comme le traitement réservé à la fin de vie de certaines créatures croisées. L'ensemble manque de noirceur et de réflexions plus profondes.

Il en va de même par la suite lors des retrouvailles avec Bulb et les chapitres qui vont viser à aller le faire réparer. On retrouve la relation attachante des deux héros, une relation de dépendance émouvante où chacun est la béquille émotionnelle de l'autre. A défaut d'être original, c'est gentillet de voir Bulb développer des émotions et apprendre à prendre soin de Shii. Chaque rencontre est l'occasion pour Shii de montrer combien elle a grand coeur pour ces golem laissés à l'abandon. Elle est émouvante dans sa recherche et son partage d'affection. Mais c'est un peu léger pour moi.

La ville que l'on continue à découvrir, elle, me fascine avec ces différentes strates, avec ce qu'on découvre au détour des conversations sur ce qu'on fait les humains autrefois : reprogrammation des robots, fin de vie, esclavage sexuel, robot-nourrice, etc. Je regrette juste que cela ne soit qu'à la marge de la marge de l'histoire et qu'on passe plus de temps à trouver la relation des héros mignonne qu'à approfondir tout ça. Ça donne le sentiment qu'on nous offre un très bel écrin qu'on ne peut qu'admirer de loin sans en voir toutes les richesses et c'est frustrant.

Le dessin d'Iwatobineko, lui, s'améliore de page en page. Il y a moins de maladresses qui sautent aux yeux. Les cases sont un peu plus remplies. Il y a toujours une belle attention à développer un univers qui s'appuie sur un folklore moyen-oriental et/ou hindou qui me plait bien. La vision qu'elle offre de la ville, inspirée de titres comme Gunnm et son Zalem m'a beaucoup plu.

En bref

Une fois le tome refermé, je ne garde pas grand-chose en mémoire de cette série conçue pour être agréable à lire grâce à des personnages attachants qu'on a envie d'aider et de soutenir, mais évoluant dans un univers sous-exploité, ce qui est particulièrement frustrant. Lonely World est sympathique mais il reste trop superficiel pour moi.

6
Lonely World
Positif

Des héros attachants

De jolis discours sur la lutte contre la solitude et les échanges humains/robots

Un univers fascinant

Des dessins qui s'améliorent

Negatif

Un univers sous-exploité

Une histoire qui reste en surface

Une écriture un peu trop enfantine et pas assez sombre

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