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L'Éden des sorcières

par MassLunar le dim. 29 août 2021 Staff

La quête de la sorcière à main verte

L'Eden des sorcières, premier titre d'une certaine Yumeji et création originale éditée chez Ki-oon se présente comme un manga de fantasy noire et écologique dans lequel la violence radicale des hommes côtoie la délicatesse naturelle des sorcières.

Ce qui saute agréablement aux yeux dans cette création originale, c'est tout simplement la qualité du dessin, un dessin détaillé dont l'esthétisme rappelle aisément l'univers des contes. Au niveau de la forme, ce premier tome est comparable à L'Atelier des sorciers ,un titre majeur de fantasy qui renoue avec un charme graphique hérité des gravures et illustrations de contes. Le chara-design est appliqué, bien expressif avec une héroïne fort sympathique qui rappelle d'une certaine manière l'univers des films de Hayao Miyazaki. Cette référence, nous la retrouvons dans les thématiques qui entourent ce premier volume comme la confrontation entre l'Homme et la Nature, nature aidée par une héroïne qui reflète la veine féministe d'un Miyazaki dans un monde où les sorcières sont sauvagement exécutées. 

Mention spéciale à cette créature mi-loup -mi plante, une jolie trouvaille dont la présence est aussi menaçante qu'enchanteresse, un véritable gardien de la nature.

L'éden des sorcières possède une certaine beauté au niveau du dessin, toutefois, le sujet est loin d'être lumineux puisque nous suivons la quête ou plutôt la fuite d'une sorcière vers un paradis cachée et qui se heurte constamment à la méfiance des Hommes, véritables prédateurs de ce monde. Le scénario est souvent sombre, parfois violent mais malheureusement il est aussi tissé avec des grosses cordes... Le message rabâché de l'homme détruisant la nature, la haine des sorcières sont des sujets intéressants mais malheureusement assez redondants. Aussi stylé qu'il soit, ce premier volume n'arrive pas à capter toute notre attention. L'histoire est un peu lisse et s'enfonce dès le premier opus dans un certain pessimisme un peu manichéen entre la folie des vilains hommes et les paisibles sorcières de la nature. L'antagoniste de ce manga , peu charismatique, incarne grossièrement cette confrontation. 

Personnellement, j'espère que la beauté du dessin apportera davantage de fraîcheur pour la suite de la série car L'éden des sorcières n'en demeure pas moins très prometteur ! Nous avons quelques moments de poésie représentés spécialement par le gardien-loup dont le feuillage est aussi bien un bouclier qu'une épée... Ce dessin détaillé autour de la flore donne beaucoup de cœur à ce titre. La nature est perçu ici comme une sorte d'entité qui protége mais qui doit aussi être protéger. 

Ce premier volume, bien qu'il expose les enjeux de façon assez bourrin, est tout de même porté par le dessin puissant et détaillé de Yumeji dont il faut saluer la qualité du travail, surtout pour un premier manga. La plume est là, il ne faut pas développer davantage la magie. Mais nul doute que la quête de notre jeune sorcière vers son Eden promettra de bons moments de surprises.

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En bref

Cette création originale de Ki-oon est plutôt prometteuse malgré un scénario qui force un peu le trait à travers une confrontation un peu rabâchée (man vs wild). Toutefois, l'intrigue pessimiste est relevée par le dessin enchanteur de Yumeji dont on a hâte que la magie se dévoile un peu plus.

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L'Éden des sorcières
Positif

Un style détaillé et magique entre L'Ateliers des sorciers et les films de Hayao Miyzaki.

Le gardien loup... Une créature puissante et soignée

Quelques moments de poésie emmenée par la volonté du végétal.

Negatif

Un tome qui s'ouvre sur une confrontation grossière avec un méchant peu charismatique et des thématiques loin d'être surprenantes.

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