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Ashidaka The Iron Hero

par MassLunar le mar. 26 janv. 2021 Staff

Brico-fight

 Ashidaka The Iron Hero  est sans doute l'un des nouveaux shonen majeurs des éditions glénat pour la rentrée 2020, un shonen dont l'édition française parait presque simultanément avec l'édition original et, à ce titre, l'édition a même publié une version collector façon Stealbook du manga. 

Pour ma part, je me concentre sur l'édition classique. Ma chronique ne portera pas sur l'édition collector. Pari plutôt audacieux pour une toute nouvelle série. 

J'ai pu voir quelques critiques assez favorables à Ashidaka, la nouvelle série et premier shonen de Ryo Sumiyoshi qui  s'était déjà fait remarquer par le pourtant discret mais original Centaures. Pour ma part, je découvre pour la première fois le travail de cet autrice avec Ashidaka mais je dois bien avouer que cette découverte est placée solennellement  sous le signe de la frustration en raison du total manque de lisibilité de la part des scènes d'actions. Cela peut paraître être secondaire car Ashidaka possède vraiment un bel univers et un rythme enfiévré mais si les scènes de combats ( et ils sont nombreux ! ) sont mal fichues et mal retranscrits alors le plaisir de lecture est aussitôt gâchée. Ce qui fait que malgré le panache de cet univers SF au tempérament bien affirmé, je ne suis pas arrivé à apprécier ce premier volume à sa juste valeur.

Dès les premières pages, Ashidaka  rappelle sans peine le manga Gunnm de Yukito KISHIRO, peut-être à cause de sa petite ambiance magnétique de décharge, de son atmosphère un poil désabusée ou de cet esthétisme hybride mixant l'homme et la machine. C'est d'ailleurs tout le sujet de ce titre qui nous présente une population humaine qui naît avec une paire de bras mécaniques sur le dos. Par contre, celles et ceux qui naissent avec plus de deux bras sont condamnés à être persécutés en raison de croyances plus ou moins obsessionnelles. Des croyances qui prennent racines sur une confrontation biblique entre deux gigantesques créatures mécaniques dotées de 100 bras de fer. L'intrigue suit les aventures ou plutôt la survie de deux de ces êtres persecutés, Geji l'ainé cynique et Ashidaka le protégé au coeur pur. L'un est plutôt doué pour le combat, l'autre est un jeune prodige de la mécanique ultra-talentueux pour démonter du droide et construire des améliorations ou autres appareils. Le quotidien pénible du duo s'effondre lorsqu'un gigantesque robot rappelant le démon de la religion fait son apparition.

Sans peine, Ryo SUMIYOSHI nous immerge d'emblée dans ce monde un brin fataliste où la robotique symbolisé par les "arms" fait littéralement partie intégrante du corps et du quotidien des humains. L'autrice est plutôt à l'aise dans ce chara-design difficile qui incarne la marque de fabrique de ce manga. C'est un style mécha qui me rappelle sur certains points le style steampunk, notamment à travers l'accoutrement et la tenue des personnages que je trouve très ressemblant avec l'esthétique steampunk. Ce premier tome impose d'emblée son style retranscrit avec panache grâce à la vivacité du dessin de Ryo Sumiyoshi. Un dessin d'autant plus vivace que , par delà cet aspect hybride, la mangaka ne lésine par sur les expressions de ces personnages. Littéralement, les héros montrent les crocs en cas de rage et de détresse. Au niveau du style, nous nous situons dans l'émotionnel. Il n'en fallait pas moins pour délivrer un premier volume percutant qui nous propulse immédiatement. 

Mais si Ashidaka possède un bon moteur qui fait avancer sans peine tout cet attirail, nous sommes bien loin d'une mécanique de précision quand au niveau de l'action, confuse à souhait. En terme de lisibilité, Ashidaka est tout simplement écrasé par son style. En quelque sorte, les personnages se font battre par leurs propres "arms". Sur les pures scènes de combats, j'ai eu l'impression d'assister, parfois, à un fratras mécaniques dans lequel les "bras de fer" des personnages étaient beaucoup trop grand pour les cases. La gestuelle est mal contenue ce qui fait que nous suivons le déroulement de l'action avec une certaine difficulté mais cette illisibilité ne s'arrête pas sur les simples scènes de combat et s'incruste aussi sur des passages plus posés comme le passage du pickpocket en début de tome quand le héros retourne à la ville et que j'ai trouvé plutôt confus à la première vision. Sur certains points, j'ai trouvé qu'Ashidaka manquait franchement de clarté. Le style est bien là, c'est dynamique, c'est expressif mais l'action est conduite de manière beaucoup trop frénétique pour être bien appréciée. 

Cela ne fait pas d'Ashidaka un mauvais titre bien sûr mais cela entame le plaisir de lecture et ce dès le premier tome. 

Concernant le scénario, au vu des autres critiques, Ryo Sumiyoshi semble avoir un faible pour les personnages discriminés, les groupes et communautés rejetés au ban de la société. C'est un shonen plutôt sombre et mature dans l'ensemble qui laissent défiler pas mal d'émotions. Le duo principal fonctionne d'ailleurs très bien entre le personnage de Geji, le rodeur aguerrie et désabusé mais porteur d'un bon fond et celui plus candide et idéaliste d'Ashidaka. Un bon duo doté d'une bonne mécanique. Je suis moins friand des personnages secondaires qui font leur apparition dans à la fin de ce volume et qui apparaissent d'abord comme les habituels antagonistes de l'intrigue.

Toujours est t-il que dans le fond, le scénario se démarque un peu grâce à ce climat de persécution et cette ambiance de SF hybride à la fois dynamique et austère. 

En bref

Malgré un certain panache, une identité graphique plutôt bien affirmée et un scénario assez sombre, ce premier tome d'Ashidaka s'avère plutôt frustrant grâce à ses séquences d'actions difficilement lisibles. Si vous faites abstraction de ça, vous serez sans doute séduit par ce titre SF de chez glénat, sinon..

6
Ashidaka The Iron Hero
Positif

Une atmosphère sf bien affirmé à travers cet esthétisme hybride

Un bon duo

Un scénario plutôt sombre autour de la persécution

Negatif

Très frustrant au niveau de la lisibilité de l'action avec des combats tout en confusion.

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