Retour vers le passé : Gappa, le descendant de Godzilla (1967)

Aventures/fantastique
Long métrage japonais
Réalisé par Haruyasu Noguchi
Scénarisé par Iwao Yamazaki et Ryuzo Nakaishi
Avec Tamio Kawachi, Tatsuya Fuji, Yoko Yamamoto, Kōji Wada…
Titre original : Daikyojū Gappa
Année de production : 1967
Gappa, le descendant de Godzilla ? Le Big G aurait-il eu une véritable progéniture après avoir adopté le petit Minilla ? Pas vraiment car il s’agit là d’un retitrage mensonger imaginé par le distributeur français histoire d’attirer les spectateurs de la franchise de la Toho. Dans ce film, il n’est jamais fait mention de Godzilla tout simplement car Gappa…ou plutôt les Gappas sont les seuls Kaijus appartenant à la Nikkatsu, un studio spécialisé dans les films d’action, de yakuzas et un peu plus tard dans le Roman Porno, et qui ne fit donc qu’une seule incursion dans le domaine du film de monstres.
Ce n’est pas le seul exemple de titre international farfelu, le long métrage étant connu en Allemagne comme Gappa, Frankenstein’s Fliegende Monster (Gappa, le monstre volant de Frankenstein) car il faut dire que les allemands aimaient coller le nom de Frankenstein un peu partout (Ebirah contre Godzilla était même devenu chez eux Frankenstein und die Ungeheuer aus dem Meer)…

La Nikkatsu est donc entrée un peu tard sur le marché des kaijus eiga. La compagnie n’y est pas restée longtemps car elle a connu des problèmes financiers peu après et c’est par le Roman Porno (qui n’étaient pas pornos même si le sexe faisait partie intégrante des histoires) qu’elle a pu se refaire une santé au box-office. Réalisé par Haruyasu Noguchi (réalisateur prolifique dont la plupart des entrées de la filmographie sont restées inédites en France), Gappa n’est pas vraiment le représentant le plus mémorable du bestiaire kaiju.
Le scénario bouffe en effet à tous les râteliers en commençant par suivre une expédition scientifique partie explorer une île reculée (schéma déjà vu de nombreuses fois auparavant) pour le compte d’un propriétaire de presse (patron de Playmate Magazine…qui n’a à priori rien à voir avec les playmates de Hugh Heffner) qui veut y construire un par pour les riches vacanciers (oui, le lien entre les deux est assez ténu). Sur place, les explorateurs rencontrent une peuplade autochtone (jouée par des japonais en mode blackface !), adorateurs d’une divinité appelée Gappa. Un séisme révèle une caverne contenant un gigantesque bébé reptile. Contre l’avis des habitants, la créature est amenée au Japon…ce qui ne plaît pas aux parents du gros bambin…

Gappa devient alors une sorte de remake non-officiel du Gorgo d’Eugène Lourié, les Gappas détruisant tout sur leur passage pour retrouver leur bébé. Ces trois kaijus un brin ridicules ressemblent à des dinosaures lourdauds avec des becs de perroquets, des gros yeux, une crête et des ailes. À ce drôle de mélange, il faut aussi ajouter un souffle enflammé, bien utile pour détruire les avions et les tanks qui les poursuivent. Et pourtant les monstres ne sont pas ceux que l’on croit puisque ce sont les humains qui se conduisent mal, les enfants étant la seule voix de la raison (comme dans pas mal de kaijus eigas).
Il y a quelques sympathiques idées dans Gappa, un rythme plutôt bon, de jolis décors comme celui de la grotte souterraine et un chouette travail sur les maquettes (les transparences sont par contre pratiquement toutes ratées). Mais les points négatifs sont plus importants, entre des dialogues risibles (le journaliste sexiste qui prétend que la statue de Gappa ressemble à celles de l’île de Paques n’y est visiblement jamais allé), souvent contradictoires, et des personnages humains sans personnalité et très clichés. Les problèmes d’écriture ne manquent pas, le tout culminant par une fin d’un autre âge…car toute émue par la réunion de la famille Gappa, la reporter décide qu’il est temps pour elle d’abandonner le métier pour devenir femme au foyer et fonder une famille (!).
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