Tumatxa : L'émission ! - EPISODE 17 : A la jonction de l’absolution suprême !!

 

Retour de « Tumatxa! » cette semaine !! Et bien content avec ça… De bien belles choses nous attendent dans les semaines qui viennent, mais ne mettons pas la charrue avant les boeufs, et contentons-nous de constater que le programme est déjà sacrément ce soir, et tout à fait raccord avec l’actualité la plus brûlante…
Cinéma, littérature, BD, le tout en musique : autrement dit oeuf, jambon, fromage, le menu classique, quoi.

Pour le cinéma : on a envie de paraphraser Public Enemy et de dire, pour une fois, « believe the hype » ; en effet, le très attendu et surmédiatisé « Marty Supreme » de Josh Safdie tient toutes ses promesses. Nous l’avions d’ailleurs signalé en évoquant le « Smashing Machine » de l’autre frangin Safdie, Benny : il y avait sur le papier de troublants points communs entre les deux projets solo des frangins, séparés après un « Uncut Gems » de très haute volée. Au final, les deux projets ont finalement autant de différences que de points communs à faire valoir. La veine la plus scorsesienne des travaux du duo était quand même probablement imputable à Josh, tant ce « Marty Supreme » semble s’inscrire dans le droit fil des travaux du vieux maître américain, mais aussi un peu de ceux d’Abel Ferrara, qui nous fait l’excellente surprise de jouer ici un rôle plus que savoureux. Si vous êtes allergique au ping-pong (car tel est en effet le sujet du film, enfin, façon de parler), c’est pas grave, « Marty Supreme » nous parle en fait de tout autre chose, comme nous le verrons (et notamment des profondes mutations de la société américaine dans l’immédiat après-guerre). Et que c’est drôle !!!

Pour la littérature : on revient avec plaisir (d’autant plus que c’était une sacrée surprise en ce qui me concerne) sur la Saga du Rempart Sud de Jeff Vandermeer, qui vient de s’enrichir d’une quatrième entrée, à la fois préquelle (beaucoup) et suite (un peu) des trois premières entrées de la trilogie devenue tétralogie. En bon apôtre de la weird fiction qu’il est, Vandermeer revient opacifier encore sa pourtant très absconse mythologie : si l’on en croit ce quatrième volet, « Absolution », avant l’édification de la mystérieuse Zone X, il y avait déjà une Zone X ?? Oui, c’est un peu ça mais rassurez-vous, ce sera plus clair à la lecture. Prévoir quand même une petite révision des trois premiers volumes pour bien s’y retrouver, car les clins d’oeil sont tout de même nombreux… Vandermeer est toujours aussi fort pour entretenir une humeur très singulière faite de mystère et d’effroi (les images horrifiques fortes pullulent ici), sur la base d’une écriture sacrément plus subtile qu’il n’y paraît au premier abord.

Pour la BD : on se penche pour la première fois sur le travail du très doué Norm Konyu, auteur canadien exilé en Angleterre, issu du monde de l’animation et devenu sur le tard bédéaste. Et quel bédéaste, comme en atteste « The Junction », qui nous intéresse ce soir. Lucas est un jeune pré-ado de 11 ans qui disparaît corps et biens en 1984, pour réapparaître sur le palier de la porte de sa famille en 1996… mais sans paraître avoir vieilli d’un seul jour. Etrange ? Oui, et ça ne fait que commencer. Alors, certes, pour goûter aux joies de ce travail de Konyu, il va falloir passer par-dessus « l’obstacle » de son dessin si singulier… mais par ailleurs, quel incroyable sens du story-telling !!! Sans compter la profondeur thématique du tout, que nous évoquerons aussi. Pas spécialement conseillé si vous êtes sous Prozac, pour être franc, mais voilà une petite splendeur, comme « Downlands », autre titre de Konyu paru chez Glénat que nous évoquerons bientôt.

Le tout est mis en musique qui groove et qui swingue : les hardcoreux métalliques de Converge sont de retour avec « Love Is Not Enough », leur dernier album, dont est issu l’excellent « We Were Never The Same » ; The Hope Blister, l’autre projet d’Ivo Watts-Russel (après This Mortal Coil) reprend le « Let The Happiness In » de David Sylvian sur son premier album « …Smile’s OK » (1998) ; on célèbre les trente ans de l’album de Coil « A Thousand Lights In A Darkened Room », paru sous le nom de Black Light District, et dont est issu le glaçant « Cold Dream Of An Earth Star » ; enfin, les petits prodiges du thrash/death technique anglais de Cryptic Shift sortent incessamment sous peu un deuxième album, l’occasion d’écouter l’énorme pépite issue de leur premier album « Visitations From Enceladus », l’impressionnant « Moonbelt Immolator »…!!

“Echoes of a fleeting past

Flicker in distortional images

But the cosmic dreams disperse

Into unknown apprehension”

EPISODE 17 !!!

Le Doc

Commentaires (0)