Retour vers le passé : La Hyène Intrépide (1979)

 

Action/comédie
Long métrage hong-kongais
Réalisé par Jackie Chan et Kenneth Tsang
Scénarisé par Jackie Chan et Lo Wei
Avec Jackie Chan, James Tien, Dean Shek, Kun Li…
Titre original : Xiao quan guai zhao
Année de production : 1979

Membre d’une des écoles de l’Opéra de Pékin, Jackie Chan a débuté sa carrière alors qu’il n’avait pas encore dix ans avec quelques petits rôles le plus souvent non crédités. Il devient ensuite cascadeur et l’un de ses premiers films à ce poste est La Fureur de Vaincre avec Bruce Lee alors qu’il avait à peine 18 ans (il fait ensuite partie des hommes de main qui se prennent une branlée face au « Petit Dragon » dans Opération Dragon sorti en 1973). Les choses s’accélèrent pour Jackie Chan après la mort prématurée de Bruce Lee, les producteurs cherchant activement à former de nouvelles stars du genre.

Jackie Chan reçoit ainsi des rôles de plus en plus importants (il tourne notamment sous la direction de John Woo dans Shing le fantastique Mandchou en 1976) mais le public n’est pas vraiment au rendez-vous…jusqu’à ce qu’il puisse imposer son propre style, en ajoutant des éléments comiques à ses chorégraphies. Le Chinois se déchaîne de Yuen Woo-Ping devient son premier grand succès, suivi la même année par Le Maître Chinois, toujours par Woo-Ping. Jackie Chan se voit alors offrir plus de contrôle créatif pour La Hyène Intrépide, qu’il co-écrit et co-réalise à l’âge de 25 ans.

 

 

Le scénario n’est pas franchement la partie la plus réussi de La Hyène Intrépide (le montage non plus, les enchaînements maladroits ne manquent pas). Jackie Chan et son co-scénariste Lo Wei (le big boss du studio de production) reprennent des figures imposées comme le maître de kung-fu maléfique et les rivalités entre écoles d’arts martiaux et se concentrent surtout sur de longs combats (au moins une bonne dizaine de minutes pour chaque affrontement) et des phases d’entraînements mêlant humour, utilisation savoureuse de tous les accessoires possibles et un brin de sadisme.

Le film démarre de manière violente avant de passer rapidement à un ton beaucoup plus léger en suivant les efforts du jeune Shing Lung (Jackie Chan) pour gagner de l’argent grâce ses talents de combattant sans que son grand-père le découvre, puisque ce dernier lui a interdit de se servir de son kung-fu. Jackie Chan enchaîne les saynètes qui mettent en valeur son goût pour le pantomime et met en scène de véritables cartoons live, avec force grimaces, bruitages délirants et emprunts musicaux (il y a même à un moment le thème musical de La Panthère Rose). Le surjeu est souvent un peu trop lourdingue, mais l’énergie est communicative et fait régulièrement rire et sourire.

 

 

Au bout d’une heure de métrage, un événement vient bouleverser la vie de ce sympathique escroc et le dernier acte est alors consacré à la vengeance, sans que l’ambiance en soit plombée pour autant car dans son malheur le héros garde sa positivité et sa drôlerie (ce qui sera pendant longtemps la marque de fabrique de Jackie Chan). Ainsi, le face-à-face final se base sur un « kung-fu émotionnel » dans lequel Shing se sert aussi bien de sa tristesse que de sa joie pour déstabiliser son adversaire…un dernier morceau de bravoure aussi théâtral qu’intense et spectaculaire.

La Hyène Intrépide a eu droit à une suite en 1983, mais Jackie Chan a cassé son contrat en plein tournage pour rejoindre la Golden Harvest, puissant studio concurrent. Le film a été terminé en utilisant des doublures et des stock-shots du long métrage de 1979. Jackie Chan a désavoué le résultat final, sorti en France en 1986 sous le titre Le Cri de la Hyène.

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