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Beast & Feast

par snoopy le dim. 26 mars 2017 Staff

Première œuvre de Norikazu Akira à paraître en France, Beast and Feast nous invite à suivre une romance tumultueuse entre un Yakuza et un policier. Une mangaka très appréciée au pays du soleil levant pour ces histoires matures et la virilité qu'elle insuffle à ses personnages masculins à travers son trait. Il lui arrive également de travailler en duo avec sa sœur sous le nom de plume Homerun ken déjà connu dans nos contrées avec  I want become a bird paru aux éditions IDP en 2013 ; un titre qui m'avait laissé une bonne impression une fois la lecture achevée. Avec un pitch aussi classique et une couverture qui en dit long sur son probable contenu, on risque malheureusement de tomber dans les bons gros clichés du genre. L’auteure évitera-t-elle les pièges de l’intrigue réchauffée ?


" Je n'en suis pas réduit à demander du fric à ce fonctionnaire. Ce que je veux, c'est ton corps Kazuka!"


Dans le cadre d’une enquête sur un meurtre, l’inspecteur Kazuha Hishinuma est amené à revoir Itsuki Hyôdô qui est devenu un yakuza. Même si au collège ils faisaient aussi bon ménage que l’eau et l’huile, Itsuki qui a toujours été attaché à Kazuha, accepte de lui donner des informations importantes concernant l’enquête à condition qu’ils couchent ensemble.
Mais si Kazuha refuse une première fois, Itsuki ne compte pas abandonner aussi facilement.


" Dès les premières pages, nos craintes se confirment mais la deuxième partie viendra fort heureusement sauver les meubles"


L'auteure met très vite les pieds dans le plat, son personnage principal qui mène une enquête de meurtre va tomber par hasard sur l’un de ses anciens camarades devenu yakuza entre temps et qui lui propose de le rencarder sur son affaire.  Suite à cette rencontre, leur passé commun sera vite évoqué par le biais d’un très court flash back  et ne nous apprendra que peu de chose au final si ce n’est le bon gros cliché de la brute attirée par celui qui l'a rétamé malgré son physique frêle.


Malheureusement, la suite ne sera pas plus inspirée avec une évolution de leur relation des plus prévisibles. L'auteure joue la carte du bon gros chantage débouchant sur une scène de viol ; en gros, notre yakuza mal léché roule une pelle à Kazuha après une petite douzaine de pages et ce dernier se retrouve attaché à un lit entièrement nu dix pages plus tard. Le pire dans tout ceci reste le fait que Kazuha se laisse faire bien gentiment suite à la déclaration dénuée de charme de Hyôdô. Par la suite, il y aura encore trois-quatre scènes de sexe bien explicite mais qui personnellement m’ont laissé de marbre pour la simple et bonnes raison qu’il y a une quasi inexistence de jeu de séduction, de regard, de suspens et de fraicheur… 


Dans la seconde partie, l’auteure s’en est un peu mieux sortie en essayant d’étoffer un peu plus son intrigue et de rendre ses personnages un peu plus authentiques. Kazuha est ainsi parvenu à se montrer sincère à travers les habituels petits quiproquos ou questionnement des débuts d’une relation de couple comme la jalousie, l'envie d'en savoir plus sur l'autre ou de vivre une vie de couple normale, les petits moments d’angoisses où ce dernier exprimera sa peur de perdre son amant se révéleront d’ailleurs assez touchant. On appréciera également le désir de Hyôdo d’entretenir une relation sérieuse avec son partenaire à travers certains de ses actes mais aussi son envie de le préserver de son monde. Par contre le côté enquête policière ne ressortira que très rarement et servira seulement de prétexte à certains éléments de l'intrigue; la première a permis la rencontre et la suivante d'évoquer la peur d’être confronté à la mort de son amant. Même ressenti du côté Yakuza, il y a une histoire de succession mais là encore le strict minimum est fait ; on n’y prend pas réellement part laissant l’impression aux lecteurs d’être mis à l’écart des événements au même titre que Kazuha, c’est assez frustrant. Les événements de la fin tentent d'ajouter un peu de suspens mais c'est au final beaucoup de remue-ménage pour rien.


C’est assez dommage car la recette Yakuza peut vraiment se révéler savoureuse lorsqu’elle est un tant soit peu exploitée de façon originale ; l’évolution complexe de la relation entre Masanori et Kai dans Kizuna pour ne citer que ce dernier à titre d’exemple.


Les graphismes restent clairement le point fort du titre. Sans pour autant révolutionner le genre, la mangaka s’en sort pas trop mal avec un trait soigné et assez agréable à l’œil. Certaines expressions de Kazuha furent assez bien réussies parvenant à retranscrire correctement le ressenti de ce dernier. Les scènes de sexe très explicites trouveront certainement grâce aux yeux des fans du genre même si elles sont un peu vite expédiées pour ma part et qu’elles manquent de sensualité. Quant à l’édition, Taifu continue de nous offrir un travail de qualité propre à leur standard.  

En bref

Outre la sincérité des personnages, je n’ai malheureusement pas ressenti grand-chose à la lecture de ce one-shot. Les raisons sont multiples entre la rapidité déconcertante avec laquelle les relations évoluent entre les deux protagonistes et le manque cruel de séduction, le scénario reste tout de même un peu juste et la façon dont ce dernier fut traité donnait vraiment l’impression aux lecteurs d’être mis à l’écart des événements. Je doute qu’il puisse d’ailleurs séduire les plus exigeantes d’entre nous mais certaines internautes ont clairement trouvées leurs comptes si on en juge les très bonnes notes attribuées sur notre site. Personnellement, j’attends bien plus des éditions Taifu que j’affectionne particulièrement depuis leurs débuts même si je comprend qu’il soit difficile de nous sortir à chaque fois des perles et qu’il faut contenter l’ensemble des fans du genre. Je prie pour voir paraître certains titre comme Kachô Fûgetsu de Yuki Shimizu ou encore No.6 de Asano Atsuko. On peut toujours rêver non ?

4
Beast & Feast
Positif

graphisme

la sincérité des personnages

Negatif

impression d’être trop souvent mis à l’écart

une évolution des relations trop rapide

un début indigeste

le manque de suspens

le manque de séduction et de sensualité

une intrigue qui ne parvient pas vraiment à décoller

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