Critique Manga Green Blood

8
Green Blood

par Sherryn le dim. 8 févr. 2015 Staff

Avec Green Blood, Masasumi Kakizaki nous offre un seinen qui, en seulement 5 volumes, nous plonge dans l'univers sans foi ni loi du far-west !

Ce qu'on retiendra le plus de Green Blood est sans conteste son ambiance. Son atmosphère dure, sans pitié, ses personnages détestables ou charismatiques mais qui ne laissent jamais indifférent. Green Blood ressuscite un monde sans foi ni loi, un monde où la loi du plus fort est la meilleure et c'est tout.

Et il le fait avec une mise en scène qui déménage ! Le graphisme, dantesque, très détaillé et hyper réaliste, s'accompagne d'une narration de haut vol. Très dynamiques, les cases offrent des angles de vue qui percutent le lecteur avec beaucoup d'efficacité. On est tout simplement happé par la lecture, tour à tour distrayante et touchante, toujours envoûtante.

À de nombreux égards, le manga de Masasumi Kakizaki offre une reconstitution historique remarquable. Je n'ai pas suffisamment de connaissances pour affirmer que tout est exact, mais de nombreux détails témoignent d'un véritable effort de renseignements, comme l'illustre notamment le bonus, en fin d'un tome, détaillant avec précision les armes utilisées par les personnages, qui ont réellement existé.

Côté scénario, Green Blood va en s'affirmant avec une qualité croissante. En effet, durant les deux premiers tomes, le manga se montre distrayant sans plus. L'atmosphère est remplie d'action, les personnages ont du caractère, mais côté scénario, on ne voit pas encore forcément où l'auteur veut en venir. Il s'agit d'une mise en contexte avant tout, sans encore de fil rouge clairement défini, et durant laquelle on se laisse porter par l'atmosphère et la guerre des gangs sans forcément que la qualité de l'intrigue ne se laisse encore percevoir.

Pourtant, ces deux tomes nous amènent, petit à petit, vers la révélation et l'éclatement d'une vérité trop longtemps dissimulée. Les personnages vont se retrouver face à leurs mensonges ou mis en confrontation avec leur aveuglement voire leur naïveté. Les deux frères vont se retrouver, se rendre mutuellement humanité et maturité... même si grandir se fait dans la douleur. Et, ensemble, ils vont trouver un certain équilibre qui va les unir dans un but commun.

Dès le troisième volume, Green Blood gagne d'un cran en intérêt. On n'est plus seulement dans une boucherie où l'atmosphère seule est jubilatoire : le série gagne un scénario, un objectif, et un sens. Bien que dure et n'épargnant pas les personnages, l'humanité refait surface et donne de la profondeur aux protagonistes. Sans être précipité, le scénario ne traîne pas et enchaîne les moments clefs, chaque arc se révélant important, aucune page n'étant inutile.

Les personnages voient du paysage désormais. Lancés à la poursuite de leur proie avec laquelle ils ont quelques comptes à régler, et pas qu'un peu, ils traversent bien des paysages, font bien des rencontres. Parfois tendres, elles se terminent néanmoins, bien trop souvent, dans le sang et la souffrance. L'univers sans pitié du far-west leur laisse quelques moments de joie et bien peu de répit.

C'est aussi l'occasion, pour l'auteur, d'en imposer avec une vraie maestria graphique. Paysages, bandits, Indiens, chevaux, armes, habits, saloons, forts : le dessin se montre à couper le souffle. Sans fausse note, il constitue à chaque planche un spectacle visuel qui rend la lecture d'autant plus agréable.

Bien que Green Blood ne soit pas le seul manga à évoquer le far-west, cet univers reste suffisamment exotique pour que cela mérite d'être relevé. Avec ses qualités graphiques, le charisme de ses personnages, son atmosphère oppressante et sa conclusion en 5 tomes, cette série mérite le détour si l'on cherche un bon seinen pas trop long et qui saura vous happer le temps de la lecture.

En bref

8
Green Blood
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