Critique Manga Fungus and Iron #1

8
Fungus and Iron

par MassLunar le mar. 1 sept. 2026 Staff

Attack on Champignons

Nouveau seinen-clef des éditions Pika, Fungus and Iron nous plongé dans une société totalitaire, dénuée d’émotions, où les êtres humains sont asservis par des champignons parasitant les esprits…

Un seinen majeur que ce Fungus and Iron qui possède déjà une certaine réputation avec dix tomes au total parus au Japon et surtout car ce manga est la première longue série d’Ayaka Katayama, assistante de Hajima Isayama qui avait explosé les compteurs avec L’attaque des titans…

C’est donc sous la saine bénédiction d’Isayama-san qu’Ayaka Katayama se lance dans sa première série, également une série de désir de liberté et de révolte dans un monde placé sous la domination de redoutable champignons : les mycéliums qui viennent parasiter le cerveau des humains afin de mieux les contrôler…jusqu’à l’arrivée d’un soldat un peu benêt : Dante.

Parmi ses camarades impassibles, Dante se démarque facilement. Rêveur, illettré, curieux, Dante détonne au sein de la base D-18. Son attitude lui attire cependant les foudres de ses supérieurs qui ne manquent pas de le punir violemment mais ses capacités athlétiques et sa robustesse sauvent le jeune homme jusqu’au jour il est envoyé dans une mission -suicide pour mâter des rebelles. Une rencontre avec l’une d’entre elles changera le jeune homme qui rejoindra aussitôt les vents de la rébellion contre les infâmes champignons…

Avec cette cité cloisonnée que ce camp militaire, difficile de ne pas penser à la ville d’Eren et de ses amis dans Shingeki no kyojin. C’est d’ailleurs une bonne similarité que nous retrouvons avec l’œuvre de Hajime Isayama : ce désir de liberté et de rébellion qui débute par cette envie de découvrir le monde. En cela, Dante le héros représente bien ce désir, cette curiosité par ce dessin un peu candide, ce fort degrés expressif qui le caractérise par rapport à ses camarades. Ne vous fiez pas à la jaquette le montrant dénuant d’émotions. Sa détermination ne trouve pas sa source dans la vengeance contrairement à Eden mais dans sa rencontre avec une jeune rebelle et son désir de la retrouver. Ses motivations peuvent sembler un peu naïfs mais ce serait sous-estimé le trait parfois dur d’Ayaka Katayama qui n’hésite pas à croiser rire et larmes dans un monde où les émotions se battent contre la violence impassible.

En cela, la rencontre entre Dante et Aoi a beau être paisible, les enjeux demeurent bien réelles dans ce monde totalitaire passé sous le contrôle de l’empire mondial d’Amigasa. La mangaka met en valeur ce cadre militariste impitoyable et au fur et à mesure que la rébellion progresse, les serviteurs d’Amigasa redoublent de violence ( la scène d’écartèlement). Avec un certain degrés de violence progressive, la mangaka signe un début de seinen intense et radical bien rythmée et qui possède son lot de surprises et de revirements dès ce premier tome comme la révélation autour du chef de la résistance pour commencer. A noter que la dessinatrice se montre un peu discrète quand aux champignons, préférant se concentrer sur l’impact de ces parasites sur les êtres humains, ce qui donne un peu de mystère à cette menace uniforme.

Côté dessin, la mangaka n’emprunte pas le trait hachuré et les soucis de disproportion d’Iseyama et c’est tant mieux. Porté par une ligne plus ronde avec une touche un peu rétro sur certains chara-design, la mangaka signe un bon premier tome visuellement qui transparait par quelques planches mémorables (le parasitage fongique, le châtiment ou encore la rencontre entre Dante et Aoi…).

Ayaka Katayama impose son style et signe un début de seinen remarquable, une dystopie parfois glaciale et violente, parfois douce et drôle sur laquelle souffle le doux vent de la révolte entrainant avec lui quelques rires, quelques larme, bref de l’émotion face à des parasites qui en privent.

En bref

Le début d'une dystopie percutante, très militarisé par de curieux champignons contre lesquels va se dresser un robuste soldat plus émotif. Pour un premier manga, Ayaka Katayama signe un bon seinen très prometteur, tour à tour violent et sans pitié mais aussi poignant et révolté.

8
Fungus and Iron
Positif

Une dystopie glaciale emmené par un curieux héros en quête d’émotions

Des planches mémorables

Un tome 1 bien rythmée

Une série finie en 10 tomes

Negatif

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