Critique Global manga Les chants du cygne noir #1

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Les chants du cygne noir

par MassLunar le sam. 6 juin 2026 Staff

Un hommage par delà des étoiles

Lorsque le créateur de la géniale série Le Château des étoiles s'attaque au manga, cela donne lieu à un hommage spectaculaire et passionnant guidée par l'amour des " navigateurs infinis". Le début d'une série astrale tout simplement magistral. 

Alex Alice est le créateur de la série BD Le Château des étoiles, un space opera matinée de Jules Verne qui suit la conquête de l'espace dans un XIXème siècle mouvementée où les forces européennes vont se disputer cette course vers les étoiles. Le château des étoiles est un univers étendu à l'heure actuelle en six volumes plus une série parallèle en deux volumes, Les chimères de Venus. Avec Les Chants du cygne noir, Alex Alice entame un nouveau chapitre de son lore étoilée à travers ce premier manga qui peut tout à fait se lire de manière indépendante. 

Les chants du cygne noir débute par une quête de vengeance, celle de Benesh , une jeune femme indienne qui a vu son frère et son village se faire massacrer par l'infâme Baron Cockburn. Quelques années plus tard, elle se fait passer pour un serveur et s'infiltre à bord du Prince of wales, un prestigieux paquebot spatial dans le but d'accomplir sa vengeance. En effet, le baron est également à bord... Cependant, alors que le paquebot se dirige vers Jupiter, la traversée est interrompue par l'apparition d'un célèbre et énigmatique vaisseau pirate, Le Cygne noir....

Alex Alice signe une entrée en matière remarquable dans le monde du manga. On savait le dessinateur à l'aise dans le travail de l'aquarelle dans sa série BD. Pour le Cygne noir, le dessinateur a redécouvert le noir et blanc typique du manga tout en revendiquant les influences de grands maitres comme, en tête de ligne, Leiji Matsumoto, le créateur d'Albator. dont on retrouve quelques similarités en terme de chara-design. Ce premier tome est dédié au regretté Leiji Matsumoto mais aussi à toutes ces animes rétro des années 80 et début 90 qui ont bercé et fait rêver l'enfance de tant de lecteurs.

Alex Alice n'a pas à rougir de ce premier manga qui est aussi une bd à part entière dans l'univers du Château des étoiles. Nous retrouvons donc cette poursuite de la conquête des étoiles dont l'intrigue débute en 1880. L'humanité a déjà débuté sa conquête et son implantation ( ou colonisation) entre Mars, La Lune et Venus. La colonisation des lunes de Jupiter vient de débuter et un territoire hostile commence aussi à être survolé par l'homme avec le Ring, la ceinture d'astéroïdes aux confins de notre système solaire. C'est également au cœur du ring, zone sujette à bon nombres de légendes et de disparitions, que va se déployer l'intrigue…. Le ring est une zone libre propice à la piraterie qui sera au coeur de ce titre. De plus, nous retrouvons des éléments bien connus par les fans comme l'Ether, la principale source d'énergie qui alimente la navigation spatiale. De même, les lecteurs assidus du Château des étoiles peuvent éventuellement s'attendre à d'autres clins d'œil. 

Adroitement, Alex Alice imbrique donc ce manga dans son univers de science-fiction rétrofuturiste mais ce titre peut se lire de manière tout à fait indépendante. C'est le début d'une série à part entière qui peut se suffire à elle-même. 

L'intrigue se résume pour l'heure à une quête de vengeance bien narrée qui va se muter en récit de liberté et de piraterie suite à la rencontre entre Ben et la légendaire pirate Lohengrin dont l'apparence fait aisément penser à un Albator au féminin. D'ailleurs, l'auteur n'hésite pas à souligner cette émancipation féminine à travers ces deux figures que sont Ben et Lohengrim. La première est une jeune indienne qui avait déjà la tête dans les étoiles avant son désir de vengeance mais qui était un peu moquée par son frère à cause de ca tandis que la seconde suscite étonnement et perplexité de par son autorité en dehors des membres de l'équipage. Sans être caricatural, l'auteur souligne un propos engagé en mettant en valeur des héroines et pas forcément des héros. La conquête des étoiles rime aussi avec émancipation.

Ce premier tome est des plus captivant. L'auteur délivre une narration remarquable qui démarre dans cette ambiance à huit-clos dans ce vaste paquebot luxueux où Ben tente de se venger. Nous sommes captivés jusqu'à l'irruption du vaisseau pirate qui rabat les cartes. A l'aise dans la narration et le déroulement de l'action, le dessinateur signe aussi des planches magistrales de l'espace où l'aquarelle délicat est remplacé par un impressionnant encrage. La dernière partie nous fait sortir du paquebot pour nous faire voyager et d'une certaine manière, la quête de vengeance de Ben vient prendre des allures de liberté. Une liberté que nous avons déjà hâte de retrouver. Vite, un tome 2 !

A noter tout de même l'excellent travail de Rue de Sevres avec un format A5 supérieur au format manga habituel, une belle jaquette noire assorties de lignes de fuites brillantes sur laquelle resplendit le symbole pirate . L'éditeur propose également une version collector sous coffret.

En bref

Pour sa première série manga, Alex Alice signe à la fois un hommage appuyé à l'œuvre de Leiji Matsumoto et un space opera prenant et spectaculaire au bon goût de liberté qui vient enrichir indépendamment son univers crée dans Le Chateau des étoiles. Le début magistral d'une oeuvre astrale.

9
Les chants du cygne noir
Positif

Un bel hommage au manga rétro et plus particulièrement à l'oeuvre de Leiji Matsumoto

Un space opera à part entière qui vient s'imbriquer dans l'univers de la bd Le Château des étoiles sans le cloisonner.

Une intrigue efficace sur fond de vengeance avant de se muer possiblement vers un récit de liberté dans un lore généreux

Le style rétro, tout simplement délectable

Negatif

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