Critique Manga The Alpine Climber #6

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The Alpine Climber

par juju le mar. 3 mars 2026 Staff

Nouveau continent, nouveau vertige

1. Cap au nord : changer d’air pour se retrouver

Nouveau arc, nouveau décor, nouveau défi. Cette fois, Yasushi quitte les parois mythiques pour filer au nord du Canada, direction l’île de Baffin. Avec Saitô et Takahashi, les objectifs se séparent : eux viseront le mont Asgard, lui tentera le mont Thor en solo. Et ce détail change tout. Ici, il n’y a personne. Pas d’autres cordées, pas de bruit lointain, pas de refuge animé. Juste le vent, la glace… et ce silence qui fait presque du bruit. Contrairement aux ascensions précédentes, la montagne ne partage pas l’espace : elle isole. On sent immédiatement que cet arc va parler de solitude plus que de performance.

2. 9 juin 1988 : le doute s’invite à 90 degrés

Après des mois d’économies, de préparation minutieuse et d’organisation quasi militaire, Yasushi commence l’ascension du mont Thor le 9 juin 1988. Et il doute. Peut-être plus que jamais. L’Arctique impose ses règles : un froid extrême, une lumière permanente puisque le soleil ne se couche pas en juin. Le corps ne sait plus quand se reposer. L’esprit non plus. Le temps devient étrange. Ce tome insiste énormément sur la gestion du matériel, de la nourriture, des forces. Oui, c’est long. Oui, on détaille les cordes, les choix logistiques, les calculs. Mais c’est précisément ce qui rend l’ascension crédible. Ici, l’exploit ne tient pas à un cri de motivation. Il tient à une préparation obsessionnelle. Et plus on avance, plus on sent que la montagne n’est pas seulement physique. Elle est mentale.

3. Atteindre des hauteurs… en équipe

Puis vient cette ellipse, trois ans plus tard, à plus de 8000 mètres, en équipe. Et on comprend. Yasushi n’est pas fait pour grimper en groupe. Pas vraiment. L’altitude extrême, les décisions partagées, les compromis… tout cela le frustre. Il veut la responsabilité entière. La liberté totale. Quitte à en payer le prix. Ce tome 6 est moins spectaculaire que certains précédents. Mais il est plus intérieur. Plus froid. Plus introspectif. On n’est pas dans la conquête bruyante. On est dans le dialogue silencieux entre un homme et un mur vertical de roche glacée.

En bref

Un arc plus austère, plus solitaire, presque contemplatif. Le Canada remplace la foule des grandes voies, et la lumière permanente de l’Arctique accentue le face-à-face entre Yasushi et lui-même. Un tome exigeant, parfois lent, mais profondément cohérent avec l’évolution du personnage : ici, l’alpinisme devient une quête intime, où le plus dur n’est pas la paroi… mais le doute.

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The Alpine Climber
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