Critique Manga La Danse du soleil et de la lune #5

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La Danse du soleil et de la lune

par Tampopo24 le mar. 31 oct. 2023 Staff

Jeux de hasards

A chaque tome, j’ai l’impression
de faire une magnifique mais dramatique plongée dans le temps de cet
ancien Japon et ses superstitions à travers la quête émouvante de ce
samouraï sans sabre voulant à tout prix retrouver sa femme.

Dans un tome plus centré sur l’action que
bien d’autres, l’autrice continue de nous charmer par les portraits
âpres des gens marginaux qu’elle nous fait croiser. Tous ont des
pouvoirs mais aucun ne semble heureux avec, ce sont plus des
malédictions qui les tirent vers le bas où les ravagent. C’est bien
triste. Mais de cette tristesse, elle tire une belle force pour rendre
ce récit puissant, marquant et émouvant.

Cette fois, nous démarrons avec
l’instigateur de toute cette histoire que l’on rencontre enfin et dont
on nous dévoile le passé et le but : Haretake, jeune mystique issu d’une
riche famille qui va vriller lorsqu’un esprit va s’installer dans son
corps. Enfin grâce à cette rencontre, les tenants et les aboutissants de
l’histoire s’éclairent et ça fait du bien. On prend plaisir à découvrir
les prémices de sa destinée tragique magnifiquement dessinés par
l’autrice qui sait y faire dans le manga en costume d’époque et les
créatures folklorique comme ce tengu qui l’accompagne.

Mais ce tome est également le début de
l’aventure pour Konosuke, lui, qui s’est vu enlever sa femme depuis le
début mais n’a pas fait grand-chose jusqu’à présent. L’arrivée chez lui
de Katsuma le tengu va lui apprendre enfin ce qu’il doit faire et nous
allons le voir enfin bouger et partir à la recherche de sa femme, un
mouvement nécessaire pour éviter que l’histoire continue à faire du
surplace. Il n’y a rien de spectaculaire dans l’écriture choisit par
Daruma Matsuura mais enfin elle bouge son héros et lui faire voir du
pays aux côtés d’une fine équipe composée d’une petite aveugle et d’un
enfant portant un masque de monstre, pas la plus fiable des équipes.
D’ailleurs, il ne tombe pas là où il devrait tomber, bien sûr !

Cette quête d’Aki, la femme de Konosuke,
va être l’un des moteurs de l’histoire, comme il l’est depuis le début,
mais de manière plus active. Il n’en sera pas le seul, puisque demeure
cette dynamique de rencontre d’esprits (et non de gueules) cassés.
L’autrice nous fait faire le tour des marginaux du Japon d’autrefois et
après la devineresse aveugle sur les routes, le jeune mystique de bonne
famille, place au joueur invétéré qui voit le futur dans son oeil droit.
Une nouvelle figure, un nouveau personnage, un nouveau destin et
celui-ci semble aussi rude que les précédents. Tenroku semble détaché de
tout. C’est la figure du parieur, tricheur, par excellence. On se
demande jusque dans quelles profondeurs il va attirer le héros dont il
menace à son tour la femme. Un peu répétitif mais toujours si
savoureusement sombre.

En bref

Cette danse du soleil et de la lune n’en finit décidément pas et nous propose toujours un portrait plein de contrastes sur le Japon d’autrefois et ses personnages en marge de la société à cause de leurs particularités. Avec un fantastique savamment dosé, des compositions graphiques envoûtantes et des sentiments à fleur de peau, Daruma continue de nous proposer un voyage des plus âpres mais sensibles pour libérer ces âmes troublées.

8
La Danse du soleil et de la lune
Positif

Des dessins toujours aussi envoûtants

De beaux portraits de marginaux

Une histoire atypique

Une plongée dans le Japon d'autrefois et ses superstitions

Une intrigue qui avance, un héros qui se bouge

Negatif

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