Critique Manga Yakuza Reincarnation #1

7
Yakuza Reincarnation

par MassLunar le dim. 16 janv. 2022 Staff

Les jolies et joyeuses chroniques d'une princesse Yakuza

Progressivement, une sorte de mode d'isekai  décalé apparaît peu à peu dans nos rayons en proposant des anti-héros attachants, mieux écrits et surtout totalement à l'ouest. Nous avons par exemple The Ride-on-King qui se focalise sur un avatar de Poutine passionné de montures en tout genres ou encore le sympathique Les Racailles de l'autre monde qui voyait un groupe de petits bagarreurs débarquer dans un monde de fantasy avec tout leur lycée. 

Yakuza Reincarnation se situe un peu dans la lignée des Racailles de l'autre monde même si l'humour est ici plus tempéré grâce à un personnage principal finement travaillé.

Avec ce nouvel isekai, nous suivons donc la nouvelle vie d'un vieux yakuza qui voit ses valeurs et son environnement autour de lui basculer suite à la nouvelle loi antigang qui exclue totalement les yakuzas, même repentis, de la société tandis  les jeunes bandes de délinquants sans de réelles filières avec le milieu yakuza  prennent le contrôle des rues.. Notre héros Ryu est un yakuza de la vielle école qui mène sa vie sous le couvert du Ninkyo, un vieux principe un peu désuet de valeurs visant à aider son prochain. C'est donc un bon vieux yakuza qui cogne non pas par brutalité mais parce que parfois , il n'y a pas d'autres moyens. Notre héros est également respecté dans son quartier surtout auprès des vieux commerçants qu'il a toujours tenu à protéger.

Première remarque, le choix judicieux d'introduire posément le personnage principal. Là ou certains titres du même genre se contente de deux -trois pages posées à la va-vite pour introduire un héros sans guère de profondeur, ici, nous avons tout un chapitre sur Ryu, sur sa mélancolie parfaitement reflété par le style leste et expressif du mangaka Hiroki Miyashita. Une bonne introduction pour un bon personnage avant sa réincarnation. Pour un peu, on regretterait presque de ne pas avoir affaire à un manga réaliste sur la vie d'un vieux yakuza de nos jours ! 

Mais nous restons dans un isekai et dans le style le plus pur du genre, Ryu se réveille dans un monde de fantasy et surtout dans le corps d'une princesse. Forcément, le décalage est grotesque mais réussi, grâce notamment au ton tellement badass et au vocabulaire anachronique de notre héros. Et c'est tout de même dans des cas de figure comme celui-ci qu'il faut souligner le travail, une nouvelle fois, de traduction. Une traduction de qualité par Arnaud Delage qui a bien su conserver le ton argotique et badass de notre yakuza. Les répliques font mouches assorties avec la réaction de l'entourage de princesse Ryu qui ne comprend rien à des termes comme "meth" ou "froc"... 

Le style de Miyashita qui s'en donne à cœur joie pour faire prendre des poses de yakuza à cette jolie héroine est un régal. Il y a un coté très larron dans le dessin qui se ressent. Je suis un peu moins convaincu cependant par les moments d'actions qui auraient pu être davantage ficelées et un peu plus claires mais dans tous les cas  le coeur et la badassitude y sont ! De plus, le manga propose aussi un ton plus sombre dans le dessin. C'est typiquement un shonen un peu hybride qui n'hésite pas à flirter avec l'hémoglobine. Il y a du cassage de nez en règle avec un univers de fantasy assez sombre qui expose la pauvreté, la misère ou encore l'addiction à la drogue. Mention spéciale à des portraits originaux comme la mère gobelin et ses 45 moufflets ou encore le chevalier drogué qui se prend une solide cure de désintoxication. Le passage du lavement est juste hilarant !

Dans l'ensemble, ce premier volume promet une bonne greffe entre l'univers yakuza et le cadre de la fantasy. Prometteur mais je pose quand même une réserve car si l'intrigue signé par Takeshi Natsuhara pose d'emblée ce ton délicat tout en soulignant l'aura de son héros, force est de reconnaître que nous nous retrouvons quand même dans une quête de fantasy toujours aussi codée avec un gros méchant à la clé. Ce premier volume laisse transparaitre un ton décalé mais aussi une sorte d'humanité chez le personnage qui n'est pas un égoïste en puissance façon Re-monster. J'espère que le titre continuera à soigner ces derniers éléments pour dépasser la qualité d'une intrigue générale qui est loin d'être transcendante. Outre le cadre générale d'une fantasy un peu basique malgré figures sympathiques, on peut regretter le manque de charisme des assistants de notre héros qui servent surtout de contrepoids comiques mais attendons de voir la suite ! 

En bref

Yakuza réincarnation est une bonne surprise dans le genre grâce à ce ton décalé (mais pas que...) autour d'un vieux yakuza qui se retrouve projeté dans les jupes d'un monde de fantasy ! Ce premier volume annonce une lecture agréable qui bénéficie d'une excellente traduction et d'une solide introduction.

7
Yakuza Reincarnation
Positif

Un titre porté par un personnage attachant dès le départ ,, anachronique dans ce monde de fantasy mais aussi plus fin qu'il n'y parait

La traduction de qualité

Negatif

Une intrigue générale qui ne s'envole pas haut

Un duo secondaire moins marquant

MassLunar Suivre MassLunar Toutes ses critiques (354)
Partager :
Commentaires sur cette critique (0)
Laissez un commentaire