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Maux mêlés

par Tampopo24 le mar. 26 oct. 2021 Staff

Le Maison Ikkoku des années 2000

Pour la rentrée, Akata nous a offert deux jolis titres sur l'importance d'apprendre à se parler, un sujet qui me parle et trouve écho en moi, surtout quand il est associé à d'aussi belles histoires et des dessins doux et poétiques.

Plus classique que son prédécesseur dont je vous parlais la semaine dernière, le goût des retrouvailles, Maux Mêlés offre cependant une édition qui se veut moins grand public. En effet, pour moins de pages, 148, le lecteur paiera plus cher, plus d'un euro de plus. Cependant, il aura droit à un papier épais, quelques pages couleurs et à quelques pages de roman à la fin du tome. Car oui, le titre est co-écrit par une scénariste Izawa Meguru et une dessinatrice Tohru Tagura (très appréciée pour son manga Love Stories). Ensemble, elles ont imaginé une histoire pleine de sensibilité avec des personnages qui ne se dévoilent que par petites touches.

La série qui sera en deux tomes a une histoire qui se veut assez classique au premier abord. On découvre une jeune ado qui a du mal avec les garçons et dont la famille tient une auberge. Son père, pour l'aider, y prend deux pensionnaires : deux garçons à l'opposé l'un de l'autre mais très populaire au lycée. Cependant derrière ce scénario un peu vu et revu, se cachent une histoire plus complexe sur fond de traumatismes passés à surmonter.

J'ai de suite été saisie par l'ambiance lente et mélancolique donnée par les autrices. Elles impulsent un ton particulier qui tranche avec ce qui se fait habituellement dans plein de shojo mais en rappellent d'autres publiés chez Akata, ce qui donne un effet de collection.

J'ai été touchée par le cadre familiale de l'histoire. J'ai été touchée par ce père qui tente d'aider sa fille à sa façon mais sans savoir s'y prendre. Cela pousse le lecteur à s'interroger sur ses enfants qui grandissent sans l'un de leur parent et sur la difficulté à être le seul parent restant. de plus, l'auberge est un lieu charmant, propice aux rencontres, qui me rappelle forcément la pension des Mimosas de Juliette, je t'aime (Maison Ikkoku). Cela a un charme certain.

On reste cependant sur une thématique qu'on connait : la difficulté à communiquer et à être soi-même avec les autres. Mais quoique classique, c'est encore une fois traitée avec beaucoup de doigté. On sent la subtilité que les autrices ont voulu mettre pour exprimer ce que chacun ressent au plus profond de lui et les peines qu'il ressent. La peur de l'héroïne me parle, moi qui suis souvent très mal à l'aise en contexte de communication en société, en particulier avec les hommes. J'ai donc trouvé le ton plutôt réaliste, n'en déplaisent à ceux qui ne connaissent pas ce malaise.

C'est pour ça que même si, à nouveau, c'est du déjà vu, j'ai adoré les personnalités lunaire et solaire des deux garçons qui viennent chambouler son quotidien. Tout comme j'ai la douceur de Tsukasa, sa peur d'aller vers les autres, son besoin de s'ouvrir et de s'expliquer pour ne pas être mal comprise, j'ai aussi apprécié ce que chacun d'eux lui apporte. J'aime autant le feufollet Miwa que le taiseux Matsuoka. le premier aime Tsukasa depuis toujours. Il attire tout le monde, a un côté fou fou, mais a la tête sur les épaules et est compréhensif. le second est plus mystérieux. Il ressemble beaucoup à Tsukasa, ce qui va les rapprocher. Il m'a touchée. Je regrette juste qu'on tombe encore dans un schéma amoureux, parfois j'aimerais aussi de belles histoires d'amitiés platoniques garçon-fille.

Ainsi, l'histoire a beau être classique, son sujet sur le mal être social, la difficulté à communiquer est très intéressant. J'aime aussi qu'on montre une société trop rude envers ses gens-là. Pourquoi serait-ce à eux de s'adapter et pas à la société de les intégrer mieux ? La question est posée pour moi, même si l'autrice prend une autre direction avec une héroïne qui a envie de s'ouvrir.

Le trait de Tohru Tagura est totalement dans l'air du temps et me rappelle un peu celui de Mika Yamamori (Daytime Shooting Star). Les cases offrent de belles respirations grâce à leur côté épuré et aéré, on va à l'essentiel. le cadre est très chouette aussi, apaisant, que ce soit l'auberge ou cette ville où l'héroïne aime tant courir. On sent qu'on peut y prendre une grande respiration et que ça éclaircira nos poumons.

En bref

Alors que je n'étais pas sûre d'avoir envie de le lire, Maux Mêlés est une bien jolie surprise même si j'ai peur qu'en seulement deux tomes, en plus pas bien épais, cela soit trop court pour tout développer. Cependant malgré un petit sentiment de rush déjà présent ici, j'ai adoré le ton, l'ambiance, la douceur des dessins et des personnages, la plupart vraiment dans la recherche de la compréhension de l'autre. C'est le genre de titre qui fait du bien au coeur et au moral, ce qui est parfait pour démarrer cette nouvelle année scolaire propice aux tensions en société.

7
Maux mêlés
Positif

Des dessins doux et poétiques

Une histoire accès sur la communication

La présence de la famille de l'héroïne

Beaucoup de bienveillance

Une ambiance lente et mélancolique

Le cadre de la pension de famille

Negatif

Le sempiternel triangle amoureux

Un premier tome très court

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