Critique The Dungeon of Black Company 1

Le prolétariat de l’industrie minière évoluant dans un monde fantaisiste, voici le thème bien étrange de The Dungeon of Black Company.

Loin du talent d’Emile Zola pour traiter de la cause ouvrière, Youhei Yasumura ose cependant installer un univers d’heroic-fantasy très différent de ce qu’on peut lire de manière plus générale. En effet, vous ne trouverez pas ici une quête épique parsemée de créatures abominables et de villageois en détresse, mais simplement une compagnie minière exploitant ses ouvriers pour faire un meilleur bénéfice que la concurrence. Certes vous y trouverez quelques créatures étranges et certaines seront même dangereuses (pour un temps tout du moins), mais elles font plus parti des aléas des profondeurs que des ennemis à vaincre.

Bien que nous ne sachons toujours pas comment ni pourquoi Kinji se retrouve dans ce monde fantastique, il semble s’y être relativement bien habitué en l’espace de quelques mois. Il est par ailleurs endetté de la coquette somme de 22 millions de Gilly, lui qui est pourtant un simple salarié-esclave. Mais partons simplement du postulat que dans cet autre univers il est aisé d’emprunter à la banque. Outre ces deux légères incohérences, le cadre spatio-temporel est plutôt bien mis en place par l’auteur, et ce monde est si proche du nôtre qu’il est aisé d’y trouver ses repères. Cet effet est à ce propos davantage propice à la critique du patronat, ou tout du moins du misérabilisme sous lequel la classe ouvrière ploie. Mais ajoutons qu’il y a de surcroît une certaine moquerie assez futile des manifestations syndicalistes.

L’ensemble évolue dans des planches d’un esthétisme brillant, même si le lecteur peut vite se lasser de l’absence de décors de par l’omniprésence des mines comme lieu d’action. L’humour quant à lui n’est pas réellement au rendez-vous, et les personnages n’ont, pour le moment du moins, rien qui pourrait nous faire nous attacher à eux. Il manque en effet énormément de charisme à l’ensemble des protagonistes, que cela soit généré par leur force ou leur intelligence, leur sensibilité ou leur cruauté, rien n’est assez exploité en ce sens.

C’est ainsi qu’il manquera ce plus pour faire de cette œuvre un réel coup de coeur, puisque l’histoire est en soit intéressante, les graphismes agréables et l’originalité est présente. 


7
Un premier tome dans l'ensemble plutôt bien réussi pour ce pari fou qui est celui d'installer le prolétariat et la lutte ouvrière dans un monde d'heroic-fantasy ! L'oeuvre manque encore un peu de profondeur, mais elle a en elle toutes les cartes pour que le second tome soit un véritable coup de cœur.

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par Ashitaka

Lecteur de mangas depuis mon plus jeune âge. Certains ont grandi avec Disney, moi ce fut avec Ghibli !

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