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Shigurui

par wIZBURF le lun. 25 mai 1970

Shigurui continue la ou les autres mangas de samouraïs s'arrêtent : a la limite (extérieure) de la cruauté et de l'horreur.
La couverture affiche d'ailleurs parfaitement la couleur. Complétée par une couverture intérieure sur 2 pages, dépliable et en couleur, elle représente un des héros sous la forme d'un "écorché" comme on en trouve dans les livres médicaux. L'impression dérangeante vient de l'esthétisme qui ressort des pages.
L'être humain est représenté assez souvent comme ce qu'il est : un tas de chair et d'os qui peut être surpuissant mais egalement totalement fragile, beau ou laid (il y a dans ce manga une galerie de "gueules" tout bonnement incroyable).
A côté de cela, tous les comportements sont explorés, des plus nobles aux plus ignobles, des plus simples aux plus incompréhensibles, de même que les sentiments.
Les scènes de combat ou d'action révèlent ce côté neuf du manga de samouraï. Ainsi on voit comment l'esprit peut permettre au corps de se transcender ou de passer outre les mutilations pour devenir une arme tenant l'arme, mais aussi comment les fragilités du corps peuvent entraîner la fin d'un combat de multiples facons.
L'ecole de sabre Kogan dont fait partie le heros est la synthese de tout cela. Elle impose sa "marque" en mutilant tous les adversaires qu'elle vainc, mais egalement sur ses disciples qui s'imposent des epreuves inutilement cruelles pour prouver leur valeur.
L'histoire relativement simple de la lutte de 2 disciples pour la suprémacie est parfaitement rendue sous la forme d'un gigantesque "flash back" au moment du combat final.
Enfin, le tout se déroule sur fond du japon médiéval, contenant autant sinon plus de details et d'explications sur les moeurs et habitudes de l'epoque que peut en contenir un "lone wolf and cub" ou un "vagabond", car le tout permet egalement d'avoir des informations sur la vie de tous les jours a l'ere Edo, sur la politique et les personnages principaux de l'histoire japonaise.

Une excellente serie, chaque tome s'enchaine sans temps mort par rapport au précédent, developpe une partie precise de l'histoire et ne s'eternise pas sur les combats ou les personnages, ce qui donne a l'ensemble un bon rythme.

En bref

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Shigurui
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