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Heidi (Classiques en manga)

par Den d Ice le ven. 11 mars 2016 Staff

La collection « Les Classiques en Manga » accueille leur dernière recrue, Heidi de Johanna Spyri, sous le trait de Gyugo Yamada. Autant être clair de suite, cette œuvre vise les enfants, et uniquement nos chères têtes blondes…


Pour vous situer le contexte, Heidi est une jeune orpheline qui vit avec sa tante depuis le décès de ses parents. L’histoire débute quand sa tante arrive dans les alpages suisses afin de « donner » sa nièce au grand-père de cette dernière. La jeune fille découvre donc la vie au grand air et prend ses marques très rapidement. Plus tard, sa tante vient la rechercher et l’emmène en ville pour vivre dans un établissement où elle découvrira le sens du mot éducation et où elle se liera d’amitié avec une autre enfant. Bien que son amitié soit forte, l’appel de la montagne est bien trop fort pour la jeune demoiselle…


Heidi se compose de tranches de vie, tantôt à la montagne, tantôt à en ville. Ne cherchez pas de fil rouge il n’y en a pas. L’auteur souhaite seulement opposer deux mondes, le rural où il fait bon vivre, composé de bonnes personnes et ou on prend le temps de vivre, et le monde urbain, où le protocole est à respecter, où les personnes sont sujettes à la pression et aux règles établies. Bien qu’il soit intéressant de confronter ces deux univers, on ne peut s’empêcher de constater que cela est traité superficiellement, l’auteur ne prend malheureusement pas le temps de gratter la couche de vernis qui aurait mérité d’être gratté. On en reste donc à une image simpliste comme quoi la ville est moins bien que la montagne… Dommage ne pas donner une double lecture à Heidi alors qu’il y avait matière.
Graphiquement parlant, on ne peut pas dire que le coup de crayon de Gyugo Yamada soit marquant et qu’il restera dans nos mémoires… Pauvre Heidi, il n’a pas su la mettre en valeur. Le mangaka abuse des gros yeux sur la jeune héroïne. Les proportions du visage ne sont donc pas respectées et l’on a souvent l’impression qu’elle louche… Dieu merci les personnages secondaires n’ont pas eu ce traitement de faveur et dans l’ensemble ils sont bien dessinés bien que très basiques.

Concernant la psychologie de Heidi, malheureusement là non plus on ne peut pas dire que cela soit travaillé en profondeur… Heidi est l’incarnation même de la bonté. Très gentille, le cœur sur la main, elle donne sans attendre en retour. Cela étant, sa personnalité s’arrête là, elle ne se rebelle pas alors qu’elle est trimballée d’une place à l’autre contre son gré. Elle subit les événements et à aucun moment elle ne montre d’autres traits de personnalité. Ce point est cependant à prendre avec des pincettes car je ne saurai dire si cela est due à la volonté de son adaptation ou si elle est déjà comme cela dans l’œuvre originale…


Vous l’aurez donc compris, Heidi propose une tranche de vie du 19e siècle, dépaysante et sentant les hauts alpages suisses… pour les jeunes lectrices. Les autres lecteurs risquent d’y voir une histoire soporifique, sans carcasse avec une héroïne qui n’en est pas vraiment une. A ce jour l’œuvre « Les Classiques en Manga » le plus décevant de la collection

En bref

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