Critique Manga Electric Delusion #2

6
Electric Delusion

par Sherryn le dim. 26 mai 2013 Staff

Alors que le premier tome se révélait contre toute attente une sympathique surprise, cette impression se confirme avec ce second opus.

Une fois de plus, on se laisse surprendre par la maîtrise, dans son genre, de Yonezou Nekota. Peu réaliste, pas crédible pour un sou, et accordant dans ses dialogues une place prépondérante au sexe, ce tome semble de prime abord bien mal parti. Mais au fil des pages, on ne tarde pas à se détendre et à se prendre au jeu : Electric Delusion n'est en effet pas, mais alors pas du tout, un manga à prendre au sérieux ; il doit se lire dans un esprit de détente et de distraction baignant dans une légèreté que l'on peut objectivement qualifier de superficialité. Même les discussions sur le sexe se font dans un esprit libéré et humouristique et pour montrer la progression de la relation du couple, et graphiquement, ce n'est pas excessif.

Alors si les anti-yaoi, ne mentons pas, ne verrons dans Electric Delusion qu'une énième daube homosexuelle, les fujoshi converties, elles, seront ravies de lire une romance où le kawaii et le moe font figure de tours de force tellement les personnages, pourtant stéréotypés à l'extrême, parviennent à nous toucher malgré tout. Il faut dire que si Yenezou Nekota fait dans les clichés, elle le fait bien, et en use avec beaucoup d'habileté en insérant dynamisme, humour et tension érotique au sein de ce couple qui a encore du mal à se trouver. Au final, la recette a beau être sur-usée, elle fonctionne, et Electric Delusion remporte haut la main son trophée de lecture distractive.

Seuls petits soucis, à deux endroits (est-ce le style de l'auteur ? la traduction ?) le déroulement des scènes est assez difficile à suivre et frôle presque l'incohérence. Tout d'abord, au début du volume où on voit les personnages coucher ensemble avant que l'on apprenne qu'ils ne l'ont encore jamais fait ; si c'était un flash-back, on cherche encore la transition. Puis au moment où ils décident lequel des deux sera le "chat", où l'un dit qu'il est d'accord, puis finalement c'est l'autre qui s'y colle en arguant "qu'il m'aime mais ne cèdera pas". Pas très compréhensible donc...

Cela mis à part, voir la relation de nos héros s'approfondir, hésiter et trouver ses marques peu à peu est un vrai bonheur. La mangaka a le chic pour rendre ses personnages adorables et touchants, au point qu'on leur pardonne tout, et les défauts de cette série avec. Titre drôle et moe, Electric Delusion se révèle un yaoi vraiment sympathique. Attention quand même, le public visé reste un public peu exigeant et converti, donc si vous êtes plus critique, n'y allez pas les yeux fermés pour autant, sinon n'hésitez pas trop !

En bref

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Electric Delusion
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