Critique Manga Deep 3 #12

8
Deep 3

par juju le sam. 7 nov. 2026 Staff

Deux matchs, un collectif qui prend forme

1. Deux rencontres, aucun répit

Avec ce douzième tome de Deep 3, Mitsuhiro Mizuno et Ryosuke Tobimatsu ne laissent pas souffler leurs joueurs, ni leurs lecteurs. Le volume nous plonge d'abord dans un duel très serré face à Juke, où chaque possession pèse lourd, puis enchaîne presque aussitôt sur une nouvelle rencontre contre North Carolina, une formation qui impressionne dès son entrée sur le parquet. Au milieu de cette tension, le récit s'arrête sur Steve, dont le mental vacille au plus mauvais moment, et sur la façon dont ses coéquipiers vont l'aider à se relever. En face, un as au charisme évident se pose vite en rival direct de Damian, de quoi promettre de belles étincelles.

2. Au bord du terrain

Ce qui frappe dans ce tome, c'est la sensation d'être assis sur le banc avec l'équipe. Graphiquement, Ryosuke Tobimatsu garde cette belle lisibilité qui fait la force de la série : les actions s'enchaînent clairement, les visages trahissent la fatigue comme le doute, et on suit le jeu sans jamais se perdre. Mizuno, de son côté, construit ses matchs autour de quelques temps forts plutôt que de détailler chaque panier. Ce choix peut donner un rythme un peu haché par moments, mais il concentre l'émotion là où elle compte. Surtout, on sent qu'une véritable équipe est en train de naître : chacun trouve sa place, on se serre les coudes quand un joueur flanche, et le collectif prend enfin le pas sur les individualités. Seul petit bémol, certains adversaires restent esquissés un peu vite et risquent de ne pas marquer durablement les esprits.

3. Damian, la pièce maîtresse

De mon côté, j'ai été complètement embarqué par cet enchaînement de deux matchs. C'est immersif, on vit chaque action de l'intérieur et les pages défilent toutes seules. Damian reste la pierre angulaire de l'effectif, un peu à l'image de Victor Wembanyama chez les Spurs : le joueur autour duquel tout s'organise et vers qui les regards se tournent dès que la rencontre bascule. Les deux n'évoluent pas du tout dans le même registre, l'un vivant par son tir à longue distance quand l'autre est un géant capable de protéger le cercle comme de distribuer, mais on retrouve cette même impression d'un talent qui tire tout le groupe vers le haut. On pourra reprocher à la série de rester assez classique dans sa construction, sans grande surprise sur la forme. Les amateurs de basket et de mangas sportifs y trouveront pourtant largement leur compte, et la fin du tome donne sacrément envie de connaître l'issue du choc contre North Carolina.

En bref

Un douzième tome intense qui enchaîne deux matchs sans temps mort. Dessin lisible, tension bien dosée et collectif qui se soude : on vit chaque possession au plus près des joueurs. Une lecture immersive, portée par un Damian toujours aussi décisif, qui donne hâte de découvrir la suite !

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