Critique Manga Il Divino #1
- 11434ème
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par Tampopo24 le mar. 20 oct. 2026 Staff
Petit génie, Grand artiste en devenir
Amatrice de récits historiques, je suis toujours présente quand une biographie romancée se présente. Je remercie donc Nobi Nobi de nous transmettre celle imaginée par Syamu Ito autour de la figure du célèbre Michel Ange.
Connu comme artiste têtu et acariâtre, l'autrice fait plutôt le pari de nous le présenter jeune, avant qu'il ne soit connu et reconnu et qu'il ait pu se confronter aux autres génies de son temps. C'est plutôt ici le classique portrait d'un héros en devenir comme on en croise plein dans les shonens, avec juste cette recette éculée adaptée au domaine artistique. On aime !
L'autrice certes prend pas mal de libertés avec la vie et le caractère de ce dernier mais propose aussi un portrait des plus immersifs dans le parcours d'un jeune souhaitant devenir artiste et rejoindre un atelier. Nous découvrons ainsi le jeune Michel-Ange âgé de 13 ans, inscrit malgré lui dans une école de latin pour jeunes avantagés, alors que lui rêve de créer. Il a découvert cette passion sur le tas et a appris à dessiner en autodidacte. Son père, lui, rêve de le voir lui succéder et n'est pas prêt à accepter cette orientation. Il va donc devoir se battre pour être reconnue et accepter.
Je le disais, l'autrice reprend les codes classiques du shonen pour les accoler ici à la destinée de ce futur artiste de renom. Elle emprunte aussi pas mal à la biographie officielle et connue de sa vie, n'en modifiant que quelques détails (éliminant sa belle-mère par exemple, ou occultant que sa passion vient du milieu de sa nourrice) et jouant avec les zones d'ombre (impossible de connaître son caractère alors par exemple), donnant ainsi vie à la belle aventure d'une jeunesse en proie à la passion et prêt à tout pour elle. C'est plein d'entrain, plein d'allant. On a des yeux qui brillent et des regards qui s'émerveillent. On a de la fougue et de l'envie. Bref, tout ce qui donne envie de se passionner à notre tour pour lui.
Le premier chapitre offre un démarrage efficace où l'autrice réutilise les exploits modernes de certains de nos artistes comme Banksy (les graffitis anonymes) pour susciter une forme de célébrité et justifier ensuite l'arrivée de Michel Ange dans un atelier à succès. C'est là, pour moi, que commence vraiment l'oeuvre. Nous allons désormais suivre son intégration, que ce soit la façon dont il va devoir convaincre son père (pure affabulation mais affabulation tellement émouvante, jouant sur le souvenir de sa mère décédée t.t) ou dont il va devoir apprendre ce qu'est la vie de commis. L'ensemble est facilement accessible au jeune lecteur. L'autrice ne se pare pas des vicissitudes d'alors et édulcore pour juste mettre en avant la valeur travail et la coopération. Elle confronte en quelque sorte Michel Ange à la vraie vie face au rêve qu'il a vécu jusqu'alors. Il doit commencer tout en bas, apprendre les basses besognes, se faire sa place aussi et ne pas juste être ''le petit génie''. Mélangeant personnages ayant réellement existé comme son maître d'atelier et son ami, avec personnages fictifs, elle fait prendre vie ce lieu, cette nouvelle famille et ce moment clé dans sa formation. On se passionne déjà.
En bref
Telle une proposition de vulgarisation hyper accessible de ce que fut la vie de Michel Ange, futur génie de la Renaissance, dans Il Divino, Syamu Ito nous embarque dans la vie d'un jeune apprenti artiste plein de passion à la fin du XVe. Mélangeant codes du shonen d'apprentissage et réels éléments historiques ici édulcorés et simplifiés, elle donne corps à une histoire simple et prenante où on prend plaisir à découvrir ce que c'était d'être un artiste pendant la renaissance : la vie en Atelier, les commandes, la place dans la société, etc. Ce premier volet, déjà, m'a fort séduit même s'il est un peu lisse et facile.
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