8
Le Fossoyeur

par MassLunar le jeu. 24 juin 2021 Staff

Fossoyeur, prends garde ! Un oeil noir te regarde !

Nouveau titre de Chihiro Watanabe déjà publié chez Komikku avec Pygmalion, une petite série horrifique en trois tomes. Mr. Watanabe est également cité comme étant " l'assistant de Kohei Horikoshi " , mangaka d'une petite série parfaitement méconnue du nom de My Hero Academia... 

Chihiro Watanabe apparaît comme un mangaka recommandé par l'un des chefs de file du shonen contemporain. A la base, l'auteur voulait justement dessiner un shonen comme il le précise dans la postface de ce premier volume, histoire de sortir un peu de l'horreur dans lequel il s'est noyé pour sa précédente série Pygmalion. Cependant, son responsable éditorial lui conseille de renouer avec l'horreur , genre pour lequel Mr Watanabe semble particulièrement à l'aise. De ce fait, entre deux volontés, est né Le Fossoyeur qu'on peut qualifier de shonen hybride entre un style de dessin juvénile qui peut rappeler les héros de My Hero Academia et  horreur plus frontale portée par un style affinée et qui n'a pas peur de dévoiler décapitations, mutilations et flaques écarlates...

Je ressors plutôt convaincu de la lecture de ce premier volume d'une série qui ne comprendra que quatre tomes , une nouvelle mini-série qui donne le ton dès la première page : "J'avais neuf ans la première fois que j'ai tué quelqu'un."  Une réplique désaxée mais plutôt badass qui signe les questionnements permanents d'un jeune héros exorciseur qui doit tuer, avec regret, des possédés qui ne peuvent plus être sauvés. La mode est aux exorcistes et , avis aux amateurs de Jujutsu Kaisen, si vous voulez rester dans cette petite ambiance , peut-être que Le Fossoyeur vous séduira avec son mélange d'action et d'horreur autour des mauvais esprits. 

Notre héros 'shonen" est donc un fossoyeur, une sorte d'exorciste, qui est dépeché pour tuer les êtres humains possédés de manière irréversible par des esprits démoniaques. Ces derniers sont représentés sous une même apparence, à savoir une armada de gros yeux noirs brumeux ce qui donne un aspect un peu dérangeant aux possédés. En somme, les fossoyeurs sont le dernier rempart face à la menace démoniaque lorsque la victime de possession rentre en phase, c'est à dire la phase de la mort... Un joyeux programme qui démarre véritablement suite à une tragédie que subit notre héros et qui le forme bon gré mal gré au métier. 

Là où le bât blesse un peu, c'est que ce traumatisme a fait de notre héros un personnage très premier degrés, hésitant, larmoyant et donc pas forcément très charismatique avec un chara-design un peu blafard et l'habituelle coiffure en pétard... Bref l'antithèse  fantomatique d'Izuki Midoriya si on veut hasarder la comparaison avec My Hero Academia... D'un côté, c'est un personnage inscrit dans une veine un peu plus humaine dont la vulnérabilité est bien justifié mais d'un autre côté, excepté les combats, c'est un personnage assez lisse dont le côté indécis et tristoune peut faire crisper.  Malgré tout, ce premier volume du Fossoyeur ne manque pas de rythme. Les combats contre quelques possédés s'enchainent et l'intrigue met en place un véritable trafic de drogue démoniaque qui donne déjà quelques enjeux à cette mini-série. 

Côté combat, le mangaka réussit plutôt son coup, notamment avec l'utilisation d'une arme assez originale, une sorte d'épée-guillotine qui donne lieu à des chorégraphies précises et décisives. En terme de lisibilité Chihiro Watanabe "découpe" (à l'instar de son héros) l'action avec une certaine aisance. Le fait de finir un combat par une décapitation en bonne et due forme est plutôt jubilatoire malgré le ton très premier degrès de ce "shonen". Je reviens sur le style de Chihiro Watanabe qui manie donc deux tonalités dans une même série. Le début du volume est assez classique avec la vision d'un jeune héros joviale et bienveillant, très énergique qui souhaite devenir un exorciste comme son père. Le style est très shonen sans être exceptionnel puis la tragédie arrive ... et nous propulse dans un monde violent et triste ( le passage final du père ) parfois éclaircie par les rapports comiques entre certains personnages avec le bon vieux mentor.  Un bon jeu d'équilibre pour  lequel Chihiro Watanabe fait varier son dessin sur un bon fil émotionnel. 

Il est encore tôt pour voir ce que cette courte série a dans le ventre. On ne peut qu'espérer que Chihiro Watanabe parvienne à boucler un bon petit titre en quatre volumes. Ce premier tome est assez séduisant pour son mix entre horreur et shonen. Cela annonce la couleur tout en étant bien rythmé. 


En bref

Un petit coup de coeur pour le premier volume d'une série qui ne sera peut-être pas transcendante mais qui réussit le pari audacieux de marier un style de dessin shonen avec du gore frontal. Malgré un héros légitimement vulnérable mais peu charismatique, ce premier tome est bien rythmé, bien découpé tout en rentrant dans le vif du sujet ! Affaire à suivre mais bonne entrée en matière .

8
Le Fossoyeur
Positif

La recette du shonen gore

Une bonne dose d'action par le biais d'une épée -guillotine

Une intrigue qui taille dans le vif

Negatif

Un héros un peu pâlot..

Quelques personnages secondaires pas forcément des plus intéressants ( le duo d'ami)

MassLunar Suivre MassLunar Toutes ses critiques (215)
Partager :
Commentaires sur cette critique (0)
Laissez un commentaire