Critique Descendants - Rotten to the Core 1

Imaginez. Imaginez un gros crossover Disney où les univers de la franchise n'en seraient en fait qu'un. Imaginez ensuite que tous les méchants aient été bannis sur une île ceinte d'une barrière magique, que les personnages que vous connaissez se soient reproduits et que leurs enfants soient rassemblés dans un lycée tout ce qu'il y a de plus normal. Ah, et aussi que dans ce monde-là, les miroirs magiques côtoient le téléphone.

Et pourtant, aussi indigeste le mélange peut-il en avoir l'air, la recette de Descendants – Rotten to the Core fonctionne diablement bien.

Niveau scénario, rien de très fifou sous le soleil : Mal, Evie, Jay et Carlos, respectivement filles et fils de Maléfique, de la méchante reine de Blanche-Neige, de Jafar et de Cruella, sont chargés par leurs parents de retrouver l'artefact qui pourra les libérer à l'occasion d'un échange scolaire. Les quatre jeunes gens, élevés jusque là dans les valeurs de leurs parents sans avoir jamais quitté l'île, découvrent que le monde n'est pas tout à fait tel qu'il leur avait été décrit... Et s'ils se plient à leur nouvelle vie sans perdre de vue leur objectif, inévitablement, le doute s'installe peu à peu chez certains.

Bref, c'est l'éternelle histoire de la rédemption, du libre-arbitre et de l'émancipation... mais ce n'est pas parce que c'est du classique que c'est mal fait.

 

Le truc possède un côté très tranche-de-vie, tourné autour des efforts des quatre amis pour mettre la main sur la fameuse baguette de la bonne fée, devenue directrice de l'établissement scolaire et ayant relégué l'objet en question au rang de pièce de musée. Littéralement. Le décalage constant entre les éléments de conte de fées (la magie, la filiation des personnages...) transposés dans un monde quasi-contemporain (le couvre-feu du pensionnat, l'appel en vidéoconférence...) est véritablement le point fort du manga. D'autant que le truc prend un malin plaisir à casser les codes : le fils de Simplet est ainsi l'intello de la classe, et si vous trouvez bizarre que le rejeton d'un nain ressemble à un ado normal, ne vous en faites pas, Mal aussi ! Il y avait une tonne de raisons pour lesquelles telle ou telle chose aurait pu sembler incohérente mais l'univers de Descendants est tel que l'on ne se pose aucune question en l'état. En revanche, les puristes de Disney risquent de hurler à la trahison toutes les trois cases...

 

Bref, Descendants – Rotten to the Core se lit sans déplaisir. La narration est fluide, les péripéties se suivent et le manque d'inventivité de celles-ci est compensé par la personnalité des protagonistes. Alors oui, ceux-ci sont clichés (la rebelle, la maniérée, le sportif et le timide), mais il faut bien comprendre que le sportif un peu bourrin, c'est la progéniture de ce fourbe de Jafar. Dans le même ordre d'idée, le fils de Cendrillon est blond dans tous les sens du terme, la fille d'Aurore est une cheerleader détestable... Là encore, le décalage constant entre ce que l'on sait de l'univers Disney et celui auquel l'on est confronté fonctionne à 200%. Et tant pis pour le côté très convenu de l'intrigue, le cadre scolaire parvenant sans mal à faire passer la pilule. On arrive même à être surpris par moments !

 

Visuellement, on comprend dès la première page pourquoi le livre est aussi lourd : celui-ci est en effet intégralement en couleur ! Et si le trait de Natsuki Minami s'avère dépourvu de fioritures et manque clairement de personnalité, il n'en est pas moins très propre et particulièrement dynamique à l'occasion, comme dans les scènes de sport. Quant à la colorisation, celle-ci est très correcte : ça manque un peu de dégradés, mais il s'agit d'un *manga*, pas d'un artbook. A ce sujet, notons la présence d'une mini galerie d'illustrations à la fin de l’œuvre, comprenant notamment celle se trouvant sous la jaquette et qui gagne vraiment à être découverte en couleur !

 

En résumé, Descendants – Rotten to the Core est une très bonne surprise, pourvue d'un capital sympathie qui fait indéniablement mouche, entre sentiers battus et univers agréablement déroutant !

7
Pour une surprise, c'est une surprise. Et une bonne! Avec son scénario digne d'une fanfic collégienne, Descendants - Rotten to the Core n'avait l'air de rien, et pourtant s'avère très réussi, compensant le classicisme de son intrigue par l'originalité de son univers.
  • Le mélange détonnant entre conte de fées et milieu scolaire
  • Détourne habilement certains clichés
  • Entièrement en couleur
  • Trucide Disney
  • Fil rouge de l'histoire ultraclassique

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par Pois0n

http://twitter.com/Svetlana_Mori Auteur de romance fantasy et paranormal romance. Photographe amateur, amoureux de musique hardstyle, gameur, dolleur, ayant vendu son âme à Domino's pizza.

Site/blog perso : http://svetlanamoriwritings.peyj.com/

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