Critique A mon tour de pleurer 1

L'Omegaverse n'a pas fini de s'étendre sur le marché français du BL, pour le plaisir des uns et le malheur des autres. A mon tour de pleurer, le premier manga de Kusabi Keri, en est un nouvel exemple. Mais, bien que je ne sois absolument pas friand de ce genre de lecture, je dois avouer avoir été quelque peu surpris par ce titre...

[Synopsis de l'éditeur]
Un jeune alpha, Takaba, est embauché dans une nouvelle entreprise après avoir démissionné de son ancien travail. Mais son supérieur Karasuma est une des personnes qu'il déteste le plus : un oméga… Les choses ne s'arrangent pas lorsqu'il découvre que Karasuma couche avec n'importe qui pour obtenir des promotions ou des augmentations. Entre Takaba, qui a été traumatisé par les omégas étant enfant, et Karasuma qui déteste les alphas et qui se sert d'eux pour arriver à ses fins, la situation paraît compliquée… Les deux hommes parviendront-ils à s'entendre ?


Plus que surpris, je ressors mitigé, ou plutôt troublé, de cette lecture. On retrouve les points discutables de l'Omegaverse, à savoir une société basée sur un système de castes discriminant ; des associations et rapports bestiaux entre individus ; une sous-représentation très vague de la femme ; etc... Même si certains de ces aspects pourraient devenir bons si bien utilisés, ce n'est généralement pas le cas, et ici non plus. Cependant, les deux héros, Takaba et Karasuma, sortent un peu des codes de leurs castes respectives et donc de l'Omegaverse lui-même. Plusieurs de leurs attitudes et traits de caractère restent critiables, mais je les ai trouvé plus intéressant à suivre que les protagonistes plats et basiques que l'on peut trouver dans d'autres titre du genre...

L'autrice se concentre donc sur ses personnages et leurs relations. Ce n'est pas un scénario qu'elle va construire autour, mais un environnement. Il n'y a donc pas de récit à proprement parler. On ne s'ennuie pas pour autant ; les scènes sont assez bien rythmés pour nous immerger dans l'ambiance, et on a envie de suivre cette romance et de connaître son dénouement. Mais force est d'admettre que dand l'ensemble, c'est trop banal. Des sujets intéressants auraient pu être abordés, rendant l'intrigue plus profonde, comme par exemple les problèmes liés à la hiérarchie dans les entreprises. Ca aurait également été une bonne occasion pour détruire les vices de l'Omegaverse de l'intérieur, en abordant les discriminations sociales des castes, encore plus évidentes dans le monde du travail... Mais il n'en est rien. Je ne me suis pas ennuyé, mais lorsque je fais le bilan de ma lecture, il ne ressort rien de plus qu'une romance certes controversée et quelque peu intéressante, mais simple ; et un érotisme très présent.

J'arrive donc à un des aspects les plus visibles de l'histoire : le sexe. Les scènes sont très crues, assez violentes et également vulgaire, bien que ça ne soit pas le plus dérangeant, compte tenu de l'ambiance générale du titre. Si les scènes font leur effet, elles ne sont pas excellentes pour autant. Elle manquent cruellement de sensualité et d'âme. Mais ce n'est rien d'étonnant, sachant que la plupart de ces dites scènes sont des viols consentis et/ou, très concrètement, un moyen pour Karasuma de gravir les échelons, malgré sa position d'oméga. Bref, encore une fois, ce n'est pas désagréable, mais ce n'est pas remarquable non plus.

Enfin, les graphismes... Si la couverture est magnifique sur tous les points, l'intérieur et ses dessins en noir et blanc sont bien plus classiques. Ils sont certes maîtrisés et esthétiques, mais cela n'en fait pas un point mémorable. En fait, c'est typiquement le genre de style que j'aimerais admirer entièrement en couleur... L'autrice a un talent certain, mais j'aimerais la voir sur d'autres terrains, plus sensibles que l'Omegaverse.

Au final, je retiens des points positifs comme des points négatifs. La lecture est fluide et agréable, mais le récit reste plat malgré ses nombreuses occasions de s'attarder sur des sujets intéressants. Les personnages ne représentent pas les clichés classiques de l'Omegaverse, mais n'en deviennent pas attachants pour autant...
L'autrice a du talent, mais manque ici de l'exploiter réellement.

5
Je ressors troublé et mitigé de cette lecture. Je ne me suis pas ennuyé, mais l'histoire est assez vide en dehors de la relation, et certains éléments ne sont pas exploités à leur plein potentiel. Le traitement de l'Omegaverse diffère un peu de ce que l'on peut voir habituellement, notamment pour les protagonistes principaux, mais cela reste un élément important du récit. Quant aux graphismes, ceux-ci sont très bons, sans être transcendant. Dans l'ensemble, on sent que l'autrice se cherche. Elle commence timidement avec ce premier ouvrage, mais j'ai senti au travers de ses planches un talent qui ne demande qu'à sortir. Je ne sais pas ce que donneront les prochains volumes d'A mon tour de pleurer, mais j'aimerais la voir sur d'autres terrains que l'Omegaverse ; avec des histoires plus douces par exemple.

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par P'tit Citron

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