Critique Le monde de Ran 7

Critique Série : Le Monde De Ran

 

Le Monde de Ran, sorti chez Enterbrain au Japon et chez Black Box en France, est un manga en sept volumes d'Aki Irie. Cette tranche de vie atypique aux airs enchanteurs nous promet rires et pleurs, mais surtout une lecture captivante et enrichissante...

© 2009 Aki Irie / ENTERBRAIN


Des personnages attachants et un univers unique...

Uruma Ran est la cadette de la grande famille de sorciers Uruma. Elle possède un objet magique bien particulier, une paire de chaussures lui permettant de prendre une apparence adulte. Malgré l'œil protecteur de son frère, Jin, elle enfilera ses chaussures favorites à la moindre occasion. C'est vrai, quel enfant ne rêve pas de grandir ? Mais cette apparence illusoire, bien qu'agréable pour la jeune fille, lui apportera de nombreux ennuis...

Nous avons là une bien belle tranche de vie, se focalisant sur une petite fille et son évolution dans un monde à la fois magnifique et dangereux. En tant que lecteurs, nous nous attacherons très vite à Ran. C'est une petite fille enthousiaste et mignonne, mais aussi, comme n'importe quelle enfant, naïve et téméraire. Elle adore sa famille, mais malheureusement, sa mère et son père sont souvent absents, dû à leurs hautes fonctions dans le monde de la magie. C'est donc Jin, son frère aîné, qui s'occupera d'elle la plupart du temps. Il est très protecteur, presque trop, mais une chose est sûre : il fait tout pour le bien de sa sœur, et il sait y faire. Nous avons là deux personnages récurrents très attachants et qui seront à l'origine de nombreuses situations drôles ou émouvantes...
Bien sûr, il y a de nombreux personnages secondaires aux personnalités propres, tous attachants. Que ce soit les camarades d'école de Ran ou de Jin ; Tamao, la stricte professeure de magie de Ran ; Gekkoin Nio, une jeune sorcière prodige qui va devenir la rivale de la jeune Uruma ; ou encore Ôtarô, un homme riche et excentrique aux nombreuses conquêtes qui va tomber fou amoureux de Ran sous sa forme d'adulte... J'avais rapidement parlé d'Ôtarô lors de ma critique du premier volume de cette série, mais je vais compléter mes propos ici. C'est un personnage très intéressant, car il constitue la "menace" de cette histoire. Une menace subtile, mais bien existante. En effet, c'est un homme très sûr de lui, qui n'éprouve que peu de compassion et qui n'a que peu de considération pour toutes les femmes qu'il trompe et jette derrière lui. Devant une petite fille naïve au corps si charmant, Ran, c'est probablement la personne la plus dangereuse. Et pourtant, on arrivera à l'apprécier et à nous attacher à lui. Son évolution va d'ailleurs aller dans le bon sens ; il finira par réellement éprouver de l'amour pour Ran, et va donc faire attention à ne pas la brusquer ou lui faire de mal...


© 2009 Aki Irie / ENTERBRAIN

Bien qu'elle ait une importance presque anecdotique dans les premiers volumes, la magie prend une place de choix plus tard, et un scénario de premier plan prend forme...

Un insecte est passé au travers de la porte magique, barrière scellant l'entrée d'un nid de créatures maléfiques. Cette bête pas plus grande qu'un doigt représente une gigantesque menace pour le monde magique comme pour la société humaine. L'insecte, qui a malignement trouvé refuge dans un corps humain, celui d'Ôtarô, va se diriger vers la ville d'Haimachi où résident les Uruma, décimant tout sur son passage. Les sorciers et sorcières vont alors devoir s'unir et mener de rudes batailles pour protéger le monde du vivant...

Bien qu'elle ne constitue pas le fond de ce récit, cette quête pour détruire le mal, les insectes, s'étalera sur quasiment toute l'histoire. En plus d'apporter une très bonne dose d'action, elle permet d'introduire des personnages et de développer les principaux tels que Ran ou Ôtarô. D'ailleurs, j'ai dit plus haut que celui-ci représentait la menace de la série ; et bien ici, l'autrice illustre cet aspect du personnage en lui donnant malgré lui le rôle du grand méchant... Au-delà de ça, on en apprend plus sur le monde de la magie, son histoire et ses clans tels que les Ailes Noires commandées par Zen Uruma, le père de Ran ; ou encore les Chiens Blanc, des sorciers sauvages qui se transforment en d'énormes loups et qui utilisent principalement leurs forces physiques... C'est très agréable d'en apprendre plus sur cet univers, aussi farfelu soit-il.


Une morale simple, mais efficace...

«Accepter le cours du temps, et profiter de chaque jour», cela résume en quelques mots la morale de cette histoire. Une morale simple qui, dans son ensemble, présente une définition de l'adulte et de la maturité très actuelle et peut-être parfois discutable. Mais pourtant, ça n'en est pas moins efficace. Ran a parcouru bien des épreuves et vécu bien des expériences, tout en grandissant. Et c'est finalement la réponse évidente et attendue à la volonté de la petite fille des premiers volumes qui voulait à tout prix grandir.

© 2009 Aki Irie / ENTERBRAIN

Si je devais regretter quelque chose ; reprocher quelque chose au fond de cette œuvre ; ce serait l'évolution un peu trop fulgurante de Ran. En effet, du sixième au septième tome, elle passe de petite fille capricieuse à jeune femme réfléchie. C'est une transition plutôt rapide, mais en vérité, cela peut être une bonne ou une mauvaise chose, dépendamment de notre point de vue. On peut tout à fait dire que la transition est trop soudaine, et donc peu crédible ; mais on peut aussi la percevoir comme un déclic qu'a la jeune fille. Effectivement, sans vous en dire trop, Ran sort d'une situation difficile, d'un évènement grave qu'elle aura du mal à surmonter. C'est pourquoi ces deux points de vue sont valables...

Toujours est-il que le septième et dernier tome a été pour moi une énorme claque, comme je n'en avais pas reçu depuis longtemps. Tant la fin de l'histoire que l'évolution des personnages, la morale ou l'ambiance générale ; tout cela m'a bouleversé et empoigné le cœur. La splendeur et la beauté de ces trois cents dernières pages, embellies par tous les précédents volumes, m'auront ému jusqu'aux larmes ; des larmes bienveillantes, de joies mais aussi de peine de devoir quitter ces personnages que j'ai côtoyé sept tomes durant...

9
Le Monde de Ran, c'est en somme un univers farfelu et surprenant ; une tranche de vie drôle et émouvante ; une morale attendue mais efficace. Aki Irie nous propose un sublime récit, une leçon de vie à l'ambiance légère et onirique, décoré d'uniques et poignantes illustrations. Les nombreux personnages sont drôles, attachants et intéressants à suivre. Le dernier volume, constitué de trois cents pages merveilleusement bien utilisées, aura été une claque mémorable, comme je n'en ai pas reçu depuis des années. En bref, une série à découvrir et redécouvrir ; un incontournable du slice of life ; un chef-d’œuvre.

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par P'tit Citron

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