Critique Everdark 1

Plutôt impatiente et curieuse de découvrir un nouveau titre français, qui plus est celui du cousin de RENO LEMAIRE qui a su trouver sa place jusqu’au Japon, je suis navrée de constater que ma lecture du tome 1 fut laborieuse. Mon cerveau en est ressorti fatigué et pas détendu.

Un défaut majeur gâche cet opus d’ouverture : le manque total d’introduction de l’histoire. Pas de contexte, pas de lieu, pas d’époque, c’est à nous de nous débrouiller pour y voir clair sauf que c’est le trou noir jusqu’au bout. Les auteurs oublient parfois qu’on n'est pas dans leur tête et qu’il faut donc un minimum d’explications pour comprendre où ils veulent nous emmener, l’univers qu’ils veulent créer. Surtout quand celui-ci est 100% inventé. ROMAIN LEMAIRE semble être de ceux-là, hélas.

Ainsi, au travers des dialogues des personnages plutôt nombreux pour un premier tome, on voit des expressions telles que : « Everdark, Veilleurs, Autochtones, Esprits, Spiriters, Solaris, Séraphims, Magnus Lamina, Cinder, Mistra, Sky Raiders, Oculus, Black Hounds, Armada, Frégates, Portes des Nuages, Anciens Nobles, Ciel Supérieur, Whisperer, Gardien, Institut de Site, Ascension d’Âme, Travia, Guetteurs, Chapus, Aurora, Planche de Navigation, Providence, Relais d’Energeist, Magister… et j’en passe.

C’est un peu lourd, n’est-ce pas ? Cette suite de mots extraite à chaud et bien croyez-le ou pas mais balancés de but en blanc par des personnages au nom apparemment important pour l’histoire, sans qu’aucun d’entre eux nous file la moindre explication, ni le héros, ni même le narrateur, c’est indigeste et frustrant. Certes, on enregistre que l’imagination de l’auteur est fleurissante et que l’univers mis en avant très riche –jusqu’à imaginer des noms de fleurs- mais on comprend rien. Un lexique n’aurait pas été du luxe, ni une carte pour qu’on se repère, qu’on visualise un peu mieux les choses. Un minimum de détails narratifs pour éviter au lecteur d’être totalement paumé.

Perso, j’ai fait au mieux pour ne pas m’égarer mais au bout du compte je me sens tout de même perdue. J’ai dû vérifier que le chiffre « 1 » figurait bien sur la couverture car j’ai plusieurs fois eu la désagréable sensation d’avoir loupé l’épisode précédent.

Sans oublier que dénué de contexte, difficile d’amener l’histoire. Il se passe des choses. Neer le héros (enfin je crois) est mêlé à plusieurs combats. Il détruit des « Chaudrons » qui ressemblent à des boules noires avec son épée volante gigantesque mais… pour le reste… Il faudra deviner. Idem pour tous les autres. A aucun moment l’auteur prend deux secondes pour faire les présentations ou nous exposer rapidement de quoi il retourne. Plusieurs combats donc, confrontant différents camps et protagonistes dans des endroits divers et variés et puis c’est tout.

Je pense à mon humble avis que ROMAIN LEMAIRE a voulu trop faire étalage de sa capacité à inventer dès le premier tome, si bien qu’il en a oublié l’important : l’histoire et le plaisir procuré à celui qui découvre pour la première fois. Peut-être a-t-il craint de lasser en en mettant trop peu. Je l’ignore, reste que c’est loupé.

C’est dommage. Car pour le style graphique je n’ai strictement aucun reproche à formuler. Minitieux, ambitieux, le trait de Romain n’a rien à envier à son cousin. Il offre au regard tout le loisir d’explorer. Beaucoup de Fantaisies, on sait tout de suite quel genre est mis en avant. J’y ai trouvé un petit air de Dragon Quest en la personne de Neer, pas un défaut en soi. Les cases sont dans l’ensemble pleines et détaillées mais pas fouillis.

D’ailleurs, Pika ne s’y est pas trompé. L’édition est vraiment de bonne facture. Des pages couleurs en début de tome, un papier plus épais, lisse et blanc qu’habituellement, les dessins ressortent et le noir est bien noir. Cela fait plaisir au collectionneur.

Ce qui ajoute à la déception malheureusement. Je mets 5/10, pas de gaieté de cœur. J'espère que le prochain tome corrigera la forme scénaristique. Il ne faudrait pas beaucoup pour que ce titre devienne un très bon titre si encore une fois on s’attardait un peu sur les explications et l’histoire.

5
Everdark a tout pour plaire sur le plan graphique avec un style dynamique et maîtrisé, riche de détails. Malheureusement, l’histoire a été oubliée. L’auteur nous plonge dans son univers Fantasy sans rien nous dire du pourquoi, du comment. Pas de contexte, pas de carte, ni d’époque à proprement parler, le lecteur doit faire un effort conséquent pour tenter de comprendre ce qui se passe. En vain, on ne parvient même pas à savoir qui est qui, la présentation des personnages ayant elle aussi été omise. Au final on est perdu et on ignore dans quoi on s’est lancé. Déçue du tome 1, je croise les doigts pour la suite.
  • Le style graphique
  • L'édition
  • Un univers fantasy 100% inventé
  • Un labyrinthe de mots qu'on ne comprend pas.
  • Pas d'histoire
  • Pas de contexte
  • Pas d'époque
  • Pas de carte
  • Aucune présentation des personnages qui sont pourtant nombreux

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par KssioP

Continuellement l'esprit ouvert, je n'exclue aucun genre si ce n'est peut-être le genre guimauve ou Arlequin. J'aime cependant ce qui est différent, ce qui surprend. Rêveuse dans l'âme et aventurière chevronnée avec une manette en main, ma table de chevet se couvre de mangas, de romans, de cd's et d'une feuille de papier. Et bien souvent aussi d'un biscuit accompagné d'un thé car lire c'est certes bien mais avec confort et gourmandise c'est juste parfait.

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3 commentaires

Avatar de Skeet

Oui, on veut ton avis postmortem27 !

Avatar de KssioP

Tous les mots expliqués dans le tome ? y'avait que 6 termes expliqués et encore je cite:
"les esprits= il existe un nombreux type d'esprits. Ils sont hiérarchisés et utilisés par rapport à leur niveau de conscience. Ceux que capturent les Whisperers sont des esprits de type Egarés, ils acceptent de partager leurs pouvoirs sous certaines conditions"

Il faudrait une définition pour la définition. Tout est imprécis.

Autre exemple:
"Oculus= ou oeil. Objet devenu très populaire sur Ephemera depuis sa commercialisation par l'industriel Gigas Mechanic. Certains modèles peuvent servir d'outils de navigation, de système de communication, de stockage d'objets, de détecteur d'énergie et bien plus encore"

Euh c'est un fourre-tout le machin ? et puis c'est qui Gigas Mechanic encore? Pas de date, pas d'inventeur, que dalle.

Pour l'histoire, encore heureux que le héros a un passif mais ça aurait été sympa de nous le présenter un minimum. Pas son passé, son présent. Car on sait rien.
Faut pas oublier qu'on est pas dans un thriller ici comme le titre du film que vous citez mais dans de la Fantazy proche du shonen. Du coup, comme dans un roman, faut une introduction, dire au lecteur dans quel monde on se trouve, à quel époque (même si inventée), et pourquoi ? Ici on a rien de rien. SI ce n'est des personnages qui se retrouvent ensemble à combattre on sait pas trop quoi avec des pouvoirs qui sortent on sait pas trop d'où ?!

Après, libre à vous d'écrire un deuxième avis. Tous les avis sont bons à prendre. Je dirais même que le but de ce site c'est de partager nos avis.

Avatar de postmortem27

Hum tous les mots cités sont expliqués dans le tome... De même que le contexte concernant le héros, on sait qu'il a un passif qui va être évoqué plus tard c'est comme on vous disait dans le film le sixième sens que le docteur est déjà mort dès le début quel intérêt... une seconde lecture ainsi qu'un second avis serait fortement recommandé !