Critique Jusqu'à ce que nos os pourrissent 1

Jusqu'à ce que nos os pourrissent est un de ces titres qui, au premier abord, nous font penser à une énième pâle exploitation du concept de Souviens-toi... l'été dernier. Un groupe de jeunes commettent un meurtre, se réunissent chaque année pour se souvenir de leur promesse, et, une fois le cadavre disparu, sont sous la menace d'un maître-chanteur voire d'un tueur. C'est exactement le synopsis de ce film, de ce manga, et de nombreuses autres œuvres quel qu'en soit le format. Il faut cependant reconnaître que Yae Utsumi s'en sort remarquablement bien et, même si son œuvre n'est en rien originale, elle n'en reste pas moins admirablement peaufinée.

Il est aussi intéressant et amusant de noter que dans ce groupe de cinq amis, tous ont une caractéristique qui les distingue des autres et les fait connaître, sauf pour l'un d'entre eux. Cela est à l'origine de situations comiques, mais permet paradoxalement dans un même temps de le mettre en avant plus que ses camarades. N'échappant pas à quelques pages redondantes sur la force de l'amitié et de leur promesse, l'ensemble installe un climat d'incertitude mais la crainte est vite dissipée puisque les protagonistes arrivent aisément à garder leur calme. Cela est à la fois une bonne chose pour établir des personnages forts, mais en même temps une mauvais idée puisque nous n'arrivons pas à ressentir un quelconque risque et donc le suspens est loin d'être palpable. Mais, cela est sûrement voulu par l'auteur : nous perdre pour mieux nous surprendre. 

D'ailleurs, si la série s'achève en sept volumes, nous pouvons craindre que l'histoire ne traîne un peu trop, à l'image de ce premier volume qui finalement est plus riche en poitrines féminines qu'en action. C'est ce qui manque à ce manga pour qu'il soit très bon, puisque si nous savions les personnages en danger, nous serions véritablement saisis par l'intrigue. Or ici tout semble pour le moment calme, et il n'est même pas surprenant de les voir découper un cadavre puisque cela ne semble eux-mêmes pas réellement les déranger.

Enfin, pour ce qui est de la forme, si la couverture de l'ouvrage est très intrigante et brille d'un esthétisme peu commun, les planches elles ne sortent pas du lot bien que plutôt agréables pour l'oeil. Le titre quant à lui déçoit un peu. Le terme « pourrissent » n'étant pas très littéraire, ou du moins esthétique, il aurait ainsi été préférable de choisir « jusqu'à ce que nos os deviennent poussière », ou encore « jusqu'à ce que nos os ne soient que poussière », faisant échos à la fois à Victor Hugo, mais aussi aux Saintes Ecritures. Cela peut paraître bien accessoire, mais nombre d'oeuvres gagneraient en intérêt si elles avaient un titre davantage racoleur. 

8
Cette oeuvre reprend un concept déjà fort exploité, mais s'en sort véritablement bien. Il manquera cependant un grain d'action et un réel suspens pour que le lecteur soit sincèrement conquis par ce manga très prometteur.

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par Ashitaka

Lecteur de mangas depuis mon plus jeune âge. Certains ont grandi avec Disney, moi ce fut avec Ghibli !

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